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Le feuilleton estival du SAMUSOCIAL (image de promotion du Samusocial de Paris en tête) continue avec ses grandes et petites révélations. Intéressons-nous au cas d’Isabelle Küntziger, administratrice de l’institution depuis le 24 mai 2013.

Madame Küntziger, administratrice du Samusocial

Madame Küntziger est licenciée en droit de l’ULB avec une spécialisation en droit international (1987-1994). Elle rejoint ensuite le cabinet du Ministre-président de la Région wallonne (Collignon – PS) de janvier 1995 à mai 1996 au titre de conseillère juridique. Engagée par après à la Croix-Rouge de Belgique comme chef du service de droit international humanitaire et au comité international de la Croix-Rouge Internationale, elle quitte ces fonctions pour devenir directrice du service juridique de FEDASIL, puis directrice des services généraux jusqu’en juin 2007, tout en exerçant la fonction d’assistante en droit international public à l’ULB. Isabelle Küntziger fut retenue par le SELOR (classée première sur onze candidats) pour être nommée ensuite directrice générale de FEDASIL. Le SELOR mit en exergue le dynamisme de la candidate et ses compétences managériales.

Jusque là, rien à redire. Pour une fois, the right woman in the right place. Sauf que la nouvelle directrice de FEDASIL, nommée en 2008 pour y exercer un mandat de six ans, démissionnera en avril 2010 après un congé de maladie de six (!) mois. Ses compétences managériales vantées par le SELOR ne lui auront été que de peu d’utilité. Philippe Courard (PS), son ministre de tutelle actera sa démission n’y voyant que des raisons personnelles sans rapport avec FEDASIL et non une réaction de défiance vis-à-vis du PS. A noter que le gouvernement fédéral et particulièrement les libéraux avait refusé une dotation supplémentaire de 45 millions pour gérer la crise de l’accueil. L’oiseau rare s’est brûlé les ailes à la crise de l’asile (à cette époque, les demandeurs d’asile étaient logés à l’hôtel en raison du manque de places dans les centres d’accueil) et face à la démotivation de ses collaborateurs.

L’ex-directrice « requinquée » se verra offrir une place conseillère à la Chambre des Représentants d’octobre 2010 à décembre 2011, avant d’être nommée directrice de la toute nouvelle école d’administration publique Wallonie-Bruxelles (EAP) créée sous l’impulsion de Jean-Marc Nollet (Ecolo). Ouf ! Sauvée… Elle intégrera le conseil d’administration du SAMUSOCIAL en 2013.

C’est ici que les choses deviennent intéressantes. Une des missions de l’EAP est d' »améliorer la gouvernance publique : il s’agira de renforcer la formation pour améliorer les services rendus aux citoyens« . C’est du moins ce que l’on découvre sur le site de l’institution.

Avec des questions bien légitimes : Pourquoi une fonctionnaire hautement compétente en droit public et administratrice du SAMUSOCIAL à ses moments perdus n’a-t-elle pas tiré la sonnette d’alarme en 2013, 2014, 2015, 2016 ou 2017 ? La bonne gouvernance est-elle une notion théorique ? La directrice de l’EAP, juriste confirmée,  a-t-elle été aveuglée et abusée par le couple d’assistants sociaux Mayeur-Peraïta au point de ne pas se rendre compte des multiples abus et délits qui ne pouvaient être ignorés du conseil d’administration ? Ou alors, le SELOR s’est-il trompé sur toute la ligne à deux reprises en proposant Madame Küntziger pour remplir les fonctions de directrice de FEDASIL et de l’EAP ? De quoi relancer le débat sur les nominations politiques dans l’administration.

Nous ne pouvons que conseiller à Madame Küntziger de suivre les cours d’éthique et de gouvernance dispensés par l’institution qu’elle préside et de méditer la citation de Carlos Ruiz Zafon, auteur espagnol  : « L’homme, en bon simien, est un animal social, et ce qui prime en lui c’est le copinage, le népotisme, le piston et le commérage comme mesure intrinsèque du comportement éthique ».

C.T.

https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_vous-n-avez-pas-tout-compris-a-l-affaire-du-samusocial-on-fait-le-point?id=9662749

 

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