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famille

Familiphobie : le néologisme fait son irruption dans le débat public. Avec la reprise des manifestations en France, pratiquement un an après les rassemblements d’opposition au mariage gay, une question se pose : existe-t-il, à l’heure actuelle, une haine de la famille ?

Huit mois après la promulgation du mariage pour conjoints du même sexe, les opposants ne désarment pas : ils étaient entre 80.000, selon la police, et 500.000, selon les organisateurs à battre le pavé parisien. Cette France, populaire pour les uns, ultraconservatrice pour les autres, estime n’avoir plus que la rue pour se faire entendre.

Ces adorateurs de la famille traditionnelle, composée d’un père, d’une mère et d’enfants si possible bien élevés, n’aiment pas les formes familiales de la modernité. Pour eux, le mariage homosexuel est au mieux un oxymoron, au pire une menace pour la civilisation. Nous n’irons pas jusque là dans notre analyse. Chaque amour a le droit d’être célébré et formalisé dans une union reconnue officiellement. Les partisans du mariage entre gays et lesbiennes, issus des rangs progressistes, sont pourtant souvent les plus farouches opposants de la famille traditionnelle. La situation n’est paradoxale qu’en apparence. Plus que l’égalité pour tous, c’est la destruction des répères traditionnels qui anime le landernau bien-pensant.

Après le mariage, certains redoutent d’autres “avancées” : procréation médicalement assistée ou gestation pour autrui. Pierre Bergé, fondateur du magazine Têtu, cofondateur du Sidaction et ancien compagnon d’Yves Saint Laurent déclarait récemment : “Nous ne pouvons pas faire de distinction dans les droits, que ce soit la PMA, la GPA ou l’adoption. Moi, je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? C’est faire un distinguo qui est choquant. »

Les lubies progressistes déconstruisent toujours un peu plus nos valeurs. Au centre de celles-ci, la famille n’a plus aujourd’hui la cote. Et avec le déclin du noyau familial, une baisse de la natalité entraîne des conséquences démographiques catastrophiques pour l’avenir de l’Occident et de ses valeurs.

La familiphobie est symptomatique d’un mouvement plus vaste. Les manifestants de Paris ont ainsi tenu à rappeler leur opposition à l’instauration de la « théorie du genre », lubie progressiste selon laquelle « on ne naît pas garçon ou fille, on le devient ».

GREGORY BRUEL

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