Print Friendly

Cela s’appelle le Festival des Libertés, et cela se déroule du 19 au 28 octobre, au Théâtre National, à l’initiative de ce dernier et de Bruxelles Laïque. Festival des libertés, sauf d’une seule : la liberté de ne pas être d’accord avec le politiquement correct.

Le programme est… tout un programme. De la dénonciation de « l’oppression » israélienne contre cette « pauvre Palestine » (qui donne des noms de terroristes aux &écoles financées, entre autres, par la Belgique) à l’apologie du « printemps arabe » (qui déboucha par la prise de pouvoir des islamistes en Tunisie), en passant par la victimisation des musulmans et la culpabilisation des Blancs, face à tout ce qui ne va pas dans le monde, vous avez le choix. Mais si vous désirez avoir des nouvelles des chrétiens au Moyen-Orient ou des Blancs en Afrique du Sud, vous pouvez rester chez vous.

Du reste, peu de théâtre au programme, ce qui devrait nous étonner dans un théâtre, mais de quoi s’étonne-t-on encore de nos jours ? Là où ça coince, c’est dans le contenu des débats, docus, concerts et expériences (?) annoncés.

L’une de ces « expériences », au titre éloquent « Responsabilité et réparation postcoloniales », a retenu notre attention.

Le texte explicatif, en jargon bien-pensant, vaut le détour : « La montée des populismes d’extrême-droite en réaction à la présence de citoyens postcoloniaux et de leurs descendants est devenue une problématique majeure. Le discours xénophobe qui dénonce l’illégitimité de la présence ‘non-blanche’ s’autorise d’un déni d’histoire et de mémoire quant à sa contribution historique au développement du continent européen. La première partie du workshop discutera cette question de l’intérieur afin de penser une Europe plus responsable face à son passé. La seconde partie examinera les effets de l’impérialisme européen et les possibilités pour penser sa réparation ou son dépassement en vue de sociétés plus inclusives. »

La liste des participants à cette « expérience » ne réunit que des noms, connus pour leur critique rabique de l’époque coloniale : l’avocat de la famille de Patrice Lumumba, Nathaniel Coleman, présenté comme philosophe et activiste décolonial (voilà une profession dont nous ignorions l’existence !) et l’inévitable Louis-Georges Tin, président du conseil représentatif des associations noires de France, dont un des hauts faits d’arme est dévoir le retrait de Tintin au Congo des librairies et bibliothèques publiques…

« Réparation » ? S’agit-il d’un dédommagement en monnaie sonnante et trébuchante, comme ce fut le cas de toutes les demandes de réparation, suite aux « fautes des affreux colonialistes » ?

Mais « réparation » pour quoi ? Voici un texte de 1956, paru sous le titre Le Congo terre d’avenir est-il menacé ? (Office de Publicité, Bruxelles, éditeur). Vous ne risquez pas d’en entendre parler, ni au Festival des Libertés, pas plus que dans les discours officiels des partis traditionnels :

« En jetant un coup d’œil rétrospectif sur le passé, en comparant le Noir de l’Etat Indépendant et celui de l’année 1956, le Congo d’hier à celui d’aujourd’hui, on peut reconnaître en toute conscience que la Belgique n’a pas failli à sa mission, et qu’en dehors de quelques erreurs – erreurs inhérentes à toute œuvre humaine – beaucoup de belles et grandes choses ont été réalisées et continuent à se réaliser.

(…) « La délivrance de cette traite odieuse que pratiquaient des sanguinaires arabes et leurs alliés – ces malandrins dépourvus de tout sentiment humain qui ravageaient le pays – à qui la devons-nous ? »

(…) « Au moment où nos populations souffraient de ces atrocités ; au moment où nos populations étaient décimées par la maladie du sommeil (…), d’autres nations – pourtant plus puissantes que la Belgique – demeuraient indifférentes à notre sort et nous laissaient périr. »

(…) « C’est grâce à la Belgique que nous sommes ce que nous sommes ; c’est grâce à elle que notre pays, sorti hier d’un rien, est appelé à se hisser d’ici quelques décades au rang des peuples civilisés. »

L’auteur de ces lignes ? Patrice Lumumba – avant qu’il ne tombe sous l’influence de l’Union soviétique et du lobby anticolonialiste… qui a mené plusieurs pays d’Afrique, ex-colonies, au chaos, à la ruine et aux guerres sanglantes.

Pendant « l’expérience » présentée au Théâtre National, la citation ci-avant ne risque pas d’être reprise. Elle rend pourtant hommage aux Belges et aux coloniaux belges qui ont donné leur énergie, et certains leur vie, parce qu’ils croyaient en un Congo amené dans le 20ème siècle.

On ne peut que se révolter contre l’entreprise de démolition que représente ce « Festival des Libertés » (bâillonnées) et rappeler que le Théâtre National, qui ne dispose même plus d’une troupe théâtrale à demeure, reçoit 6.450.84O euros d’argent public par an.

Pour démolir la fierté d’être Belge, c’est un peu cher…

Commentaires