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Thierry Afschrift, avocat fiscaliste à Bruxelles et professeur dans plusieurs universités, publie aux Belles Lettres un opuscule dont le titre, « La tyrannie de la redistribution », est explicite par lui-même. Il y dénonce la caste politique qui s’est approprié le pouvoir par un clientélisme absolutiste. La redistribution fiscale est la limite de la démocratie : je m’assure le vote de Paul en prenant à Jacques et en donnant à Paul.

Le système renforce sans cesse le pouvoir politique lui-même, indépendamment de ses titulaires. Cela touche tous les partis de pouvoir de la droite à la gauche et le système s’immunise contre toute remise en cause en multipliant ses bénéficiaires et en les contrôlant chaque jour un peu plus pour prévenir toute tentative de libération. Nous savons tous que le cash est en train de disparaître au profit des paiements électroniques qui sont traçables. Ajoutez-y la géo-localisation et vous êtes devenu transparent. Nos sociétés dites démocratiques, dérivent vers la tyrannie douce annoncée par Alexis de Tocqueville.

C’est la solidarité forcée et son bras armé est l’impôt. Comme en Belgique par exemple, l’impôt dépasse ce qui est raisonnable. En vous prenant bien plus que la moitié de la richesse que vous avez générée, elle tend à la spoliation. Thierry Afschrift évoque une forme de « pillage légal ».

Vous devez vous acquitter de votre impôt sur la personne physique à des taux usuriers proches de 50%, mais le rendement de vos économies, mises de côté sur ce que le fisc ne vous a pas pris, est encore taxé, chaque année, surtout si vous avez réalisé des plus-values. Dans votre consommation courante, vous payez la TVA, au taux usurier de 21% pour la plupart des biens. Mais en plus vous payez le « contenu » fiscal de l’objet que vous achetez: ce que l’entreprise qui l’a produit a dû payer comme impôt des sociétés à l’état.

Thierry Afschrift, une pensée originale, la petite flamme de la liberté de pensée…

Dans son livre  Thierry Afschrift fustige « cet Etat fort…omniprésent dans la vie de chacun… qui veut guider notre vie à tous ». C’est très facile de dépenser l’argent des autres, demandez à Stéphane Moreau chez Publifin-Nethys, et il vous le confirmera.

L’Etat-providence est une dictature, ni plus ni moins. La machine étatique tourne toute seule et fonctionne à son propre profit.

La tyrannie de la redistribution, c’est le processus par lequel tous les individus deviennent les esclaves de l’état, les uns parce qu’imposables à merci, les autres parce qu’assistés à sa merci. En fait, il n’y a pas de « redistribution » pour la bonne raison qu’il n’y a pas de « distribution » initiale, ce qui supposerait l’existence d’un Tout, alors que la propriété ne peut qu’être individuelle et ne peut se constituer fondamentalement que par l’entrepreneuriat: la production ou le commerce.

Pour redistribuer, l’État s’approprie ce qui ne lui appartient pas. Pour se justifier, force lui est donc de prétendre que tout est à tout le monde, que sa tâche est de répartir ce tout, qu’il le fait de manière plus juste (en réalité plus égalitariste) et plus efficace que les échanges libres ne le feraient.

Nos démocraties libérales n’ont plus de libérales que le nom. Pour redistribuer, l’État doit tout réglementer, tout contrôler et ignorer le droit à la vie privée. Conséquences : disparition du secret bancaire et, grâce aux nouvelles technologies, contrôles accrus des individus, réduction de la liberté d’expression au « politiquement correct », inquisitions de toutes sortes, mise au pilori des récalcitrants etc.

Pour l’auteur, le seul moyen d’échapper à la tyrannie de l’État-providence, c’est de remettre en cause ce système fondé sur la méfiance envers l’homme ? Car la vraie solidarité est l’expression d’un des meilleurs usages de la liberté, qui consiste à donner volontairement non seulement l’argent, mais bien d’autres choses, par amour, gratitude ou générosité. Retrouver une solidarité active nécessite d’abord de retrouver le sens de la confiance en l’homme.

Thierry Afschrift, La tyrannie de la redistribution, Les Belles Lettres, 96 pages

C.T.

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