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L’anecdote est sordide. Asia Argento, championne de la dénonciation sur #MeToo, avait été une des premières à accuser le producteur Harvey Weinstein d’agressions sexuelles sur des actrices en recherche de boulot. Jimmy Bennett, un acteur (17 ans, à l’époque des faits) accuse… Asia Argento de l’avoir agressé sexuellement, en 2013, dans une chambre d’hôtel, en Californie.

Les faits semblent prouvés, puisque la donzelle a versé la coquette somme de 380.000 dollars pour solde de tout compte et… pour obtenir le silence du jeune acteur, musicien par ailleurs. Pas de chance : le New York Times a révélé le pot-aux-roses (voir : https://www.nytimes.com/…/asia-argento-assault-jimmy-bennett.ht…).

Loin de nous l’intention de défendre Harvey Weinstein, dont la réputation n’est plus à faire. Mais cette nouvelle « affaire Argento » place les moeurs hollywoodiennes sous un éclairage particulièrement glauque.

Dès ses débuts en Californie, l’industrie cinématographique a bruissé de rumeurs concernant les excès sexuels des producteurs, acteurs, actrices, vedettes et débutant(e)s. Le 20ème siècle a été marqué par des crises de scandalise aigüe.

En septembre 1921, l’acteur star Roscoe « Fatty » Arbuckle (photo ci-contre) est accusé de viol sur une actrice, décédée peu après. L’acteur est livré au lynchage médiatique et ne parviendra que très tardivement dans sa vie à remonter la pente. Les orgies, organisées par certaines personnalités en vue sont légion. Tantôt, on les tolère, tantôt on s’en sert pour déboulonner une vedette.

Harvey Weinstein n’est certainement pas le premier à avoir adopté une conduite inacceptable face aux femmes – ni le dernier, et les accusations contre lui pourraient être portées contre une demi-douzaine de ses chers confrères producteurs. Au plus fort de la vague « anti-Weinstein », on ne comptait plus le nombre de starlettes et même de vedettes qui se souvenaient soudainement d’avoir été le jouet sexuel du producteur.

L’hystérie s’est refroidie et voilà que l’on fait semblant de découvrir qu’une des accusatrices de Weinstein n’était pas un ange. Où est l’hypocrisie ? Et à qui profite le crime dans ce monde du cinéma, où les puissants du jour veulent éliminer le concurrent ?

Un éditorial du New York Times (22 décembre 1922) à propos de l’affaire de Roscoe Arbuckle résume la situation : « Parfois, il est avantageux qu’un seul homme soit sacrifié pour son groupe. Arbuckle a été un bouc émissaire et la seule chose à faire avec un bouc émissaire, si vous devez en avoir un, c’est de le chasser dans le désert et ne jamais le laisser revenir.« . 

Hollywood, fabrique de rêves. Et de cauchemars. 

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