Print Friendly, PDF & Email

Être parlementaire européen, ça évite les fins de mois qui commencent le 15. Plus on creuse, et plus l’Union Européenne apparaît comme un musée du gaspillage et du chipotage. Notre dernière découverte en apporte la preuve.

Un député européen gagne 8.484 euros par mois. Et ils sont 751 ! Cela les hisse dans la zone des privilégiés – qui gagne 8.484 euros par mois dans le monde du travail, tellement réglementé par… l’Union Européenne, entre autres ?

Mais un eurocrate ne peut se satisfaire de ce salaire de misère. Cela ne se sait pas, mais chaque mois, s’ajoutent aux 8.484 euros une indemnité de 4.342 euros. Si nous comptons bien, cela fait des rentrées mensuelles atteignant les 12.826 euros. Pas mal, pour un boulot somme toute pépère pour la plupart de ces « élus du peuple », dont « assiduité » n’est pas le premier mot qui vient à l’esprit quand on considère leur présence au Parlement.

Raison de cette indemnité de 4.342 euros par parlementaire, soit un total de 3.260.842 euros ? Cela devrait aider les bénéficiaires à louer un bureau et acquitter leur facture télécom. Tiens, personne ne nous avait précisé que ces messieurs-dames ne paient ni leur téléphone, ni leurs connexions Internet, ni leur abonnement à la télévision…

Admettons qu’un parlementaire aie des factures de Belgacom, longues comme un jour sans pain. Quid de la location d’un bureau ? Surprise ! Le Parlement a établi qu’un député sur 3 (soit 33 % des élus !) ne dispose pas d’un bureau personnel.

Le plus cocasse, si l’on ose dire, c’est que l’Europe a « oublié » de vérifier quel usage ces bons parlementaires font de leurs 4.342 euros. Aucune procédure de contrôle des dépenses n’existe ! L’indemnité apparaît dès lors comme un deuxième salaire déguisé. Rappelons que cette « indemnité » ne concerne pas les frais de bouches et les déplacements, remboursés par ailleurs.

Certains eurosceptiques s’étaient indignés et s’étaient ouverts de leur irritation au président du Parlement, Martin Schulz. En bon socialiste, ce dernier avait promis de régler la question. Un an après les belles promesses et un président du parlement plus tard (Schulz a été remplacé par Antonio Tajani, en janvier 2017), aucune solution en vue. Rien !

Pourtant, 4.342 euros mensuels, soit 52.104 euros par an, ce n’est pas rien. Ce n’est pas non plus un rien. Un peu plus que trois fois rien, qui est déjà quelque chose. Mais puisque c’est le contribuable qui paie, pourquoi se presser, pourquoi se stresser, alors qu’on peut continuer à presser le citron ?

Commentaires