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Il s’agit bien d’une fausse affaire. En tout cas, dans ses développements. Pas question de nier l’assassinat de Jamal Khashoggi, mais l’exploitation sensationnaliste par les médias bien-pensants éveille de sérieux soupçons de manipulation de l’opinion publique. Voici pourquoi. 

Présenté tantôt comme un journaliste (faux : il écrivait des papiers d’opinions, entre autres, dans le Washington Post, tout acquis au parti démocrate américain), tantôt comme un espion, Jamal Khashoggi était surtout un islamiste de la pire espèce.

La photo ci-dessous le présente en compagnie de militants à la solde d’Oussam ben Laden. C’est lui qui porte le lance-roquettes.

L’Arabie saoudite est un pays rétrograde dont, nous Occidentaux, comprenons mal les réalités et les rouages. La famille ben Laden est très proche de la famille royale, représentée aujourd’hui par le prince héritier Mohammed ben Salmane. Néanmoins, la même famille ben Laden a financé un des pires ennemis du pouvoir royal : Oussama ben Laden ! Ce qui n’empêche pas la famille ben Laden de rafler à peu près tous les contrats immobiliers à Ryad, La Mecque et autres lieux du royaume…

La famille Khashoggi entretient, elle aussi, des liens privilégiés avec les al Saoud, la dynastie en place.

Adnan Kashoggi (1936-2007), le plus médiatisé de la famille avant Jamal, était un des pires trafiquants d’armes dans le monde. Il accumula une formule en vendant des instruments de mort, et on peut évaluer ses victimes à près d’un million de personnes. Les activités d’Adnan, ainsi que sa vie de débauché très peu halal (photo ci-dessous), n’ont jamais révulsé la famille al Saoud, qui multiplia les bienfaits à l’égard de la famille Khashoggi.

Il en est allé de Jamal Khashoggi comme d’Oussama ben Laden : se voyant refuser des faveurs royales, Oussama et Jamal passèrent dans l’opposition aux al Saoud. Dans le cas de Jamal, son opposition médiatisée au prince Mohammed ben Salmane date du jour où ce dernier fit emprisonner les détenteurs des plus grosses fortunes du pays, ne leur rendant la liberté qu’après avoir capté leur argent.

Autre aspect de la fausse affaire Khashoggi : l’origine turque de la famille (le nom ancestral des Khashoggi est Kaşıkçı) qui fait de ses membres de « faux saoudiens », selon les Arabes établis de longue date autour de La Mecque (les el Saoud dirigent le pays depuis 1744).

Ce n’est donc pas anodin si Jamal Khashoggi a été occis sur le sol de la Turquie. Ce qui a ravivé le vieil antagonisme Turcs-Saoudiens. Il suffit d’éplucher le langage fleuri anti-saoudien du dictateur turc Erdogan pour apprécier combien les vieilles blessures, issues de rancunes millénaires, n’ont jamais été cautérisées. Par ailleurs, dans l’état actuel des relations Turquie-Etats-Unis, le satrape d’Ankara croit pouvoir jouer une carte de rassemblement islamiste autour de sa personne et mettre à mal la présence américaine, déjà réduite, dans la région.

Un lobby anti Mohammed ben Salmane tourne à vitesse accélérée pour dresser l’opinion mondiale contre les réformes du prince. Jamal Khashoggi en était un des organisateurs les plus actifs (retrouvez les détails dans l’article joint ici). Il n’est pas impossible que des pots-de-vin ont été échangé afin de convertir certaines « grandes consciences » aux manigances du lobby mené par Jamal Khashoggi.

Contrairement aux arguments développés par la presse « de qualité », il n’est pas interdit de penser que ce dernier se soit opposé au prince Mohammed al Salmane au nom d’un islam rigoriste (dont Jamal a été un des « combattants »), écorné par le nouvel homme fort d’Arabie saoudite.

Dès son investiture (janvier 2017), Donald Trump a apporté son soutien à Mohammed ben Salmane. Lors de sa visite en Arabie saoudite (20-21 mai 2017), le Président américain n’avait pas hésité à dire au vieux roi Salmane, prédécesseur de Mohammed ben Salmane que « si les Etats-Unis (abandonnaient) les Saoudiens, le régime (s’effondrerait) en quelques semaines » (voir l’article du Point).

L’Arabie saoudite reste un gros client des Etats-Unis, notamment dans l’achat d’armes (380 milliards de dollars – voir ici) : pas question d’abandonner cette manne… Mais cette réalité rend d’autant plus ridicule les rodomontades d’Angela Merkel, invitant les pays européens à ne plus vendre d’armes aux Saoudiens ! (voir l’information ici).

De même, les fanfaronnades politiquement correctes des associations subsidiées – Amnesty International, Ligue des droits humains, entre autres (leurs déclarations, ici) – ne trompent personne : si la Wallonie arrêtait de vendre des armes, Liège pourrait dire adieu à un pan important de son économie (la FN).

Il ressort que « l’affaire Jamal Khashoggi » cache de petits et gros secrets relevant de l’équilibre des forces au Moyen Orient. Raison de plus pour ne pas présenter Jamal Khashoggi comme un champion de la cause occidentale : il nous combattait et peut-être bien que son assassinat, aussi horrible et impardonnable soit-il, mette à jour les doubles jeux qui empoisonnent la paix mondiale. 

A.D.

 

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