Print Friendly

Notre souverain, le roi Philippe, a tenu son discours traditionnel de la fête nationale. Il est de tradition dans notre démocratie que le discours du roi soit « écrit » par le gouvernement, en l’occurrence par Charles Michel. Et sans aucune gêne, le Premier ministre fait dire au Souverain que… tout va bien, Madame la Marquise. C’est la méthode Coué au cube…

L’enseignement est parfait, il n’y a pas de pauvreté galopante, grâce aux « initiatives de solidarité et d’entraide ». Il parait qu’un vent d’optimisme souffle sur notre économie et bien sûr pas un mot sur les « affaires » qui montrent l’état de pourrissement du système politique francophone, de Publifin au Samusocial. Et puis la « dynamique européenne », où est-elle? Elle n’existe pas, n’existe plus. Les citoyens n’ont plus confiance dans la Commission et les institutions européennes. Bref Bizounous Michel a pris notre Roi en otage de son discours politicien mensonger.

Les Belges ne sont pas dupes, Sire…

Voici le discours du Souverain, avec en gras les réflexions du Peuple sur les passages où Charles Michel se moque du monde. 

Mesdames et Messieurs,

Aujourd’hui, un vent d’optimisme souffle sur notre économie et sur le marché de l’emploi. Une nouvelle dynamique européenne semble prendre forme. Alors comment saisir ce moment ? Comment en faire une opportunité pour l’ensemble de la société ? En continuant à façonner une société inclusive, dans laquelle personne ne se sent abandonné. Apprendre, au sens large, est une des clés pour y parvenir. Apprendre des autres et avec les autres.

« un vent d’optimisme sur l’économie » qui se traîne à des taux de croissance anémiques? De l’optimisme sur le marché de l’emploi?  Une nouvelle « dynamique européenne » à l’heure où la Commission non élue fait face au Brexit et veut bloquer totalement les pays du groupe de Visegrad qui ne seraient plus « démocratiques? Une société « inclusive » alors qu’elle n’a jamais été aussi communautarisée? Ce discours est dû à la plume de Charles Michel: lamentable.

A l’âge du savoir immédiat et omniprésent, apprendre à interpréter les faits et à émettre un jugement de valeur, permet de prendre ses responsabilités en connaissance de cause. ‘C’est vrai’. ‘C’est juste’. ‘C’est bien’. Les jeunes apprennent cela en premier lieu de leurs parents. Et aussi de ces enseignants passionnés, qui éveillent chez leurs élèves le désir de comprendre. Dans un monde qui évolue à un rythme accéléré, ils apprennent de leurs aînés comment prendre du recul. Les aînés peuvent aussi apprendre des plus jeunes.

Cette vision idéalisée de l’enseignement ne tient pas la route. Dans les faits, c’est la catastrophe, les études PISA le prouvent, et le contrat d’avenir de l’enseignement francophone est en panne, alors que la crise politique s’aggrave encore.

Encourageons la rencontre de l’enthousiasme et de la créativité avec la sagesse et l’expérience de vie. Le travail également est un lieu qui permet cette rencontre. De plus en plus d’écoles en Belgique intègrent le travail en entreprise dans leur programme.

Il y a 50 ans que le patronat belge demande que l’on développe le « dual system » à l’allemande, formation à l’école ET en entreprise. 50 ans et on n’est toujours nulle part! Cela vaut en effet un voyage en Suisse, où l’enseignement technique est bien organisé… depuis 50 ans et plus.

Lors d’un récent voyage en Suisse, j’ai pu apprécier les succès engrangés par ce modèle de formation en alternance. Continuons à favoriser les synergies entre le monde de l’enseignement et celui des entreprises. Nous insufflerons un plus grand dynamisme sur le marché du travail. Et nous créerons plus d’égalité des chances. Enfin, aller à la rencontre d’une autre culture est aussi une occasion de s’enrichir mutuellement.

Il y a un mois et demi, je suis allé fêter la rupture du jeûne dans une famille belge musulmane. J’ai été impressionné par la manière dont chacun des membres de cette famille s’implique dans la société. J’ai beaucoup appris sur le sens qu’ils donnent au jeûne et à ce moment de retrouvailles. En sortant de chez eux, tard le soir, j’ai été accueilli par leurs voisins. Ils m’ont offert une bouteille de vin et m’ont dit à quel point ils étaient heureux de vivre dans ce quartier. J’étais fier de voir coexister chez nous, côte à côte, ces deux manières simples et vraies d’exprimer l’hospitalité. Toutes nos rues ne sont pas comme celle-là. Mais cet exemple nous montre qu’il y a dans notre pays, bien plus que nous le croyons parfois, une communion de valeurs au-delà des différences.

Cette vison bizounours de nos « quartiers » est digne de Disneyworld. Rupture du jeûne chez l’un, bouteille de vin chez l’autre. La Belgique, univers idyllique en couleurs pastel, surtout à Molenbeek, mais pas seulement…

Cherchez à apprendre au contact des autres et avec les autres. Vous découvrirez que vous partagez les mêmes interrogations, les mêmes doutes, les mêmes espoirs, les mêmes rêves que vos voisins. Eux aussi sont soucieux du bien-être de leurs enfants, de la qualité de leur travail, du bon accueil de leurs malades ou de leurs aînés. Apprenons également à nos enfants à porter ce regard-là sur le monde.

Le bien-être et le bonheur, que nous recherchons tous, n’ont de valeur que s’ils sont réellement partagés. La Reine et moi constatons tous les jours ce que signifie l’enrichissement mutuel dans les innombrables initiatives de solidarité et d’entraide. Que ce soit dans l’accueil des sans-abris, l’aide aux handicapés, ou plus largement dans toute forme de soutien aux plus vulnérables d’entre nous. De telles initiatives sont de véritables perles pour notre société. Elles nous dévoilent la richesse cachée des plus fragiles.

Le Belge, Sire, constate tous les jours, à lire ce qui se passe notamment au Samusocial de Bruxelles, que la pauvreté explose à Bruxelles, à deux pas du palais, que les initiatives de solidarité comme le Samusocial socialiste sont de véritables perles… de gabegie et de vol éhonté par les politiques. De cela, évidemment, pas un mot. Ceci écrit, les initiatives privées de solidarité et d’entraide sont très louables, nous en convenons, et indispensables.

Mesdames et Messieurs, Je suis persuadé que nous pouvons tous tirer les bénéfices de la nouvelle dynamique qui semble s’amorcer. Nous le ferons en voulant apprendre, tous les jours, de ceux qui nous précèdent, de ceux qui nous suivent, de nos voisins, de ceux que nous croyons parfois si différents. Il suffit de vouloir regarder au-delà de la différence.

Pour le Premier ministre, par la bouche du roi, il suffit de « vouloir regarder au-delà de la différence » pour que tout s’arrange. Cela sent le Yaka, Faukon et autres recommandations, destinées avant tout aux Belges de souche … Le « nous », ce sont bien les Belges de souche qu’on veut culpabiliser de ne pas faire assez d’efforts pour embrasser les allochtones.

La Reine et moi vous souhaitons une belle Fête Nationale.

Merci Sire. Nous vous remercions d’être le symbole de l’unité du pays, mais regrettons que votre discours soit discrètement politisé et aseptisé comme le serait un conte d’Andersen. « Il était une fois, la gentille Belgique… ». Charles Michel est passé par là. Pas un mot sur la crise politique majeure en Francophonie belge. Ni sur les délits constatés dans le chef de dirigeants politiques : Nethys/Publifin, ISPPC, Samusocial … Aucun appel aux politiques pour nettoyer leurs écuries et rendre la démocratie à ceux qui les ont élus.

Le quart-monde belge en explosion, est passé sous silence. Le chômage endémique en Région wallonne et à Bruxelles a disparu par enchantement, etc… La perte de confiance dans la durée des citoyens envers leurs représentants et ministres est énorme.

Ce discours a été écrit par Charles Michel et son gouvernement. Il cache les réalités aux Belges. Nous en sommes désolés. Vive la Belgique malgré tout et longue vie à nos souverains.

P.H.et C.T.

 

Commentaires