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Les accises (impôts indirects qui grèvent votre budget familial) sur la bière rapportent de plus en plus. Pour les finances de l’Etat, la bière est un véritable trésor : un or blond, un or ambré, un or brun. Mais il n’y a pas que les manigances de l’Etat, qui joue un jeu particulièrement hypocrite : d’une main, il dépense un argent fou dans des campagnes contre la consommation de l’alcool ; de l’autre, il encaisse des sommes colossales sous forme d’impôts qui ne veulent pas dire leur nom.

Le Belge va moins au café (parce que l’insécurité règne et que la police traque les automobiles). Le verre de pils est de plus en plus cher. Le Belge boit moins de bière qu’avant (il hésite à se rendre au café). Le verre de pils est de plus en plus cher. Quoique fasse l’amateur du breuvage venu de la nuit des temps, il doit toujours débourser plus pour étancher sa soif !

Les chiffres ne voient pas double. Entre 2010 et 2017, le prix de la bière a augmenté de 23 %. En 2016, les Belges ont bu 7,7 millions d’hectolitres de bière, ce qui représente 23 milliards de verres de 33 centilitres, soit 2.100 verres par an (ou5,7 verres par jour) pour chacun des 11 millions de Belges. On a de la résistance chez les valeureux Gaulois !

Et pourtant, les statistiques sont moroses. Ces chiffres de 2016, publiés par l’association des brasseurs belges, sont en recul de 3,3 % par rapport à 2015 et de 8,9 au regard des chiffres de 2010. Ce chiffre global influence le débit de bière au bistrot : l’horeca signale que la consommation de bière dans les cafés et restaurants est tombée de 16,8 %, en comparaison avec 2010.

La bière a-t-elle perdu son succès en Europe ? Pas le moins du monde, puisque les exportations de notre valeureux breuvage belge s’exporte de mieux en mieux : + 62 % depuis 2010. Et la production de bière belge a augmentée de 15 %, grâce notamment aux nombreux nouveaux brasseurs (souvent artisanaux) : ils étaient 132, en 2010 ; ils sont 234, en 2017.

Que se passe-t-il en Belgique ? Le prix de la chope a augmenté de 23 % en 7 ans, alors qu’en France, l’augmentation sur la même période s’est modérée à 15 % ; aux Pays-Bas, 13,1 % ; en Allemagne, 7,9 %.

En cause, nous le signalions plus haut, la taxe sur la production de la bière qui a subi deux augmentations en 4 ans ! En clair, les accises sur le litre de bière s’élèvent à 24,1 cents. De quoi avaler sa bière de travers ! En d’autres termes, quand vous commandez un verre de bière pression, vous payez en moyenne 3,5 euros. Mais, en même temps, vous faites cadeau au fisc de 87 cents.

Oserions-nous vous dévoiler ce qu’une Orval, qui peut se vendre entre 3,5 et 7 euros, abandonne 38,1 cents aux impôts. Plus l’Etat veut vous persuader de « consommer avec modération », plus il s’emplit les poches.

Mais il y a un autre facteur, décisif, dans l’augmentation des prix. Nos grandes brasseries (Stella, Jupiler, Alken-Maes, Duvel Moortgat) sont passées sous contrôle étranger. Les décisions sur le prix de vente en Belgique se prennent désormais à Rio de Janeiro, Amsterdam ou Munich.

Pour les décideurs de ces sociétés multinationales, la Belgique représente un petit marché. Il convient de le rentabiliser au maximum. On vend moins de bière d’Anvers à Mouscron et d’Arlon à Ostende ? On augmente le prix !

C’est la rançon du laisser-aller gouvernemental à l’égard des entreprises. L’assommoir fiscal les fait fuir. Ou les dégoûte d’investir pour s’agrandir. La solution : fusion avec des groupes étrangers ou pire, rachat par des multinationales.

Tous les centres de décision dans le domaine de la bière (et dans d’autres) ont filé à l’étranger. Tant que les patrons étaient belges, ils avaient une sensibilité propre à notre pays. On ne peut pas en attendre autant de la part d’un Allemand ou d’un Japonais.

Le Parti Populaire lutte pour la baisse de fiscalité des particuliers, mais aussi des entreprises. Le ballon d’air doit permettre de conserver les nouvelles entreprises sur notre sol ; il s’agit aussi de leur permettre de grandir et de s’assurer une place de choix dans le concert du commerce mondial. Le contraire de ce que font les partis traditionnels, en dépit de leurs voyages coûteux à l’étranger qui ne rapporte que des piquettes.

D’ici là, santé !

F.M.

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