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Ces derniers jours, vous avez beaucoup entendu parler du Pacte mondial sur les migrations, que notre gouvernement signera le 10-11 décembre prochain, avec la bénédiction du MR et malgré les inquiétudes de la N-VA.

Vous êtes nombreux à nous demander ce que contient exactement ce Pacte d’une quarantaine de pages. C’est dur à dire, tant ce texte, digne d’un discours de Macron, semble se contredire à chaque ligne. Par exemple, en affirmant le primat de la souveraineté des États et « en même temps » l’importance du multilatéralisme. Ou en présentant l’immigration comme une sinécure et « en même temps » un enjeu sécuritaire pour les populations d’accueil.

Beaucoup des engagements politiques énumérés dans ce texte sont déjà mis en œuvre par la Belgique, comme le rappelle très justement le gouvernement. Mais c’est précisément là que réside le problème. Les Belges sont hospitaliers, mais après trente ans d’immigration massive, ils aimeraient durcir leur législation. Or, la signature du Pacte pourrait cimenter pour de bon cette législation dans le droit international.

Pour vous, Le Peuple a décrypté le jargon technocratique onusien. Voici nos impressions et notre analyse non-exhaustive des 23 objectifs du Pacte.

Objectif 1 : Collecter et utiliser des données précises et ventilées qui serviront à l’élaboration de politiques fondées sur la connaissance des faits.

Excellente idée. Si les Belges recevaient une information factuelle sur l’immigration, ils sauraient que les immigrants sont dans leur écrasante majorité des hommes, jeunes, de confession musulmane, inemployables, qui migrent pour des raisons avant tout économiques. Rien à voir avec l’image d’Épinal de la famille éplorée fuyant la guerre.

Objectif 2 : Lutter contre les facteurs négatifs et les problèmes structurels qui poussent des personnes à quitter leur pays d’origine

En gros : les contribuables européens devront passer à la caisse pour financer des projets inefficaces ou carrément nocifs à l’étranger, au nom du « développement durable ». Ce qu’ils font déjà, mais apparemment, ce n’est jamais assez.

Objectif 3 : Fournir dans les meilleurs délais des informations exactes à toutes les étapes de la migration.

Plus précisément, les États signataires devront mettre sur pied un site web informatif, à destination des migrants et des candidats à l’immigration. Les signataires s’engagent également à installer des points d’information le long des routes migratoires, pour aider les migrants à s’orienter grâce à des renseignements dispensés dans leur langue d’origine.

Objectif 4 : Munir tous les migrants d’une preuve d’identité légale et de papiers adéquats.

En gros, régulariser les 100 000 d’illégaux présents sur le territoire belge, au lieu de les expulser en bonne et due forme.

Objectif 5 : Faire en sorte que les filières de migration régulière soient accessibles et plus souples.

On nous répète que le Pacte permettra de lutter contre l’immigration illégale, sans jamais nous expliquer comment. Voilà comment : en baissant le niveau d’exigence des pays d’accueil, de sorte qu’y immigrer devienne aussi facile qu’obtenir un visa de tourisme. Lutter contre l’immigration illégale en la rendant légale, il suffisait d’y penser !

Objectif 6 : Favoriser des pratiques de recrutement justes et éthiques et assurer les conditions d’un travail décent.

Commençons déjà par soutenir les travailleurs belges avant de les livrer à la concurrence des étrangers. Grâce à la conjoncture favorable et à l’absence de socialistes au fédéral et au régional, les chiffres s’améliorent, mais encore 10% de la population active wallonne est sans emploi.

Objectif 7 : S’attaquer aux facteurs de vulnérabilité liés aux migrations et les réduire.

Où, au nom du droit des enfants, le texte propose pour la énième fois d’élargir le regroupement familial.

Objectif 8 : Sauver des vies et mettre en place une action internationale coordonnée pour retrouver les migrants disparus.

Le droit international traite déjà de ces questions. Et personne n’envisage sérieusement de laisser les migrants couler au fond de la Méditerranée. La vraie question, c’est de savoir si oui ou non nous pouvons les ramener chez eux après les avoir sauvés.

Objectif 9 : Renforcer l’action transnationale face au trafic de migrants.

Interpol et Frontex sont déjà supposés s’en charger, merci bien.

Objectif 10 : Prévenir, combattre et éliminer la traite de personnes dans le cadre des migrations internationales.

Idem.

Objectif 11 : Gérer les frontières de manière intégrée, sûre et coordonnée.

Les Européens ne demandent que ça ! Mais le Maroc, qui héberge en décembre la Conférence sur l’adoption du Pacte, refuse d’accueillir sur son sol des « hots spots » (des plateformes de débarquement pour trier les migrants), même en échange d’argent. L’Albanie et la Tunisie opposent un refus similaire.

Objectif 12 : Veiller à l’invariabilité et à la prévisibilité des procédures migratoires pour assurer des contrôles, des évaluations et une orientation appropriée.

Les contribuables belges aimeraient que leurs différents gouvernements s’engagent aussi, sur papier, à garantir la prévisibilité et l’invariabilité des procédures administratives auxquelles ils font face quotidiennement.

Objectif 13 : Ne recourir au placement en rétention administrative des migrants qu’en dernier ressort et chercher des solutions de rechange.

C’est déjà le cas en Belgique, et c’est précisément un des points de notre législation que la N-VA et le PP aimeraient changer, afin de pouvoir procéder plus facilement à l’expulsion des migrants en séjour irrégulier.

Objectif 14 : Renforcer la protection, l’assistance et la coopération consulaires tout au long du cycle migratoire.

Du blabla sur le rôles des consulats dans la gestions des flux migratoires.

Notons l’emploi de l’expression « cycle migratoire ». Ainsi, il existerait un « cycle migratoire », comme il existe un « cycle menstruel » ou un « cycle lunaire ». Si l’immigration est cyclique, naturelle et fatale comme la rotation de la Lune autour de la Terre, à quoi bon lutter ? En substance, cette expression nous intime d’accepter l’immigration, car on ne peut de toute façon rien y faire, aussi sûrement qu’on ne peut pas arrêter la trajectoire de la Lune.

Objectif 15 : Assurer l’accès des migrants aux services de base

C’est déjà le cas en Belgique : cela s’appelle les « droits minimaux », dont bénéficient les illégaux (aide médicale d’urgence, droit à l’éducation, à un salaire etc.)

Objectif 16 : Donner aux migrants et aux sociétés des moyens en faveur de la pleine intégration et de la cohésion sociale.

Comprenez : les migrants doivent s’intégrer à la société d’accueil, mais la société d’accueil doit aussi s’intégrer aux migrants. Quitte à se désintégrer dans le multiculturalisme.

Objectif 17 : Éliminer toutes les formes de discrimination et encourager un débat public fondé sur l’analyse des faits afin de faire évoluer la manière dont les migrations sont perçues.

La partie la plus liberticide du Pacte, où sont énumérées des mesures visant à renforcer les restrictions aux libertés d’expression et d’association. Le tout au nom de la lutte contre la haine et les discriminations. En y ajoutant une bonne couche de propagande sensibilisation à la diversité, financée avec votre argent.

Objectif 18 : Investir dans le perfectionnement des compétences et faciliter la reconnaissance mutuelle des aptitudes, qualifications et compétences.

Votre diplôme, votre qualification professionnelle chèrement acquise, pourrait valoir autant qu’une certification douteuse obtenue dans on-ne-sait-quel-pays. Émettre un doute serait alors passible d’une poursuite pour discrimination (voire objectif 17).

Objectif 19 : Créer les conditions permettant aux migrants et aux diasporas de contribuer pleinement au développement durable dans tous les pays.

Autrement dit : inclure et consulter les migrants et les membres des diasporas à chaque étape de la mise en œuvre de l’onéreux programme de l’ONU pour le développement durable.

Objectif 20 : Rendre les envois de fonds plus rapides, plus sûrs et moins coûteux et favoriser l’inclusion financière des migrants.

Chaque année, ce sont des centaines de millions d’euros d’allocations belges envoyés à l’étranger. En échange, nous recevons des migrants supplémentaires, et ça recommence de plus bel. C’est ça, le vrai « cycle migratoire » (voire objectif 14).

Objectif 21 : Coopérer en vue de faciliter le retour et la réadmission des migrants en toute sécurité et dignité, ainsi que leur réintégration durable

Après nous avoir imposé une régularisation massive des illégaux et la dé-criminalisation du séjour irrégulier. Crédibilité zéro.

Objectif 22 : Mettre en place des mécanismes de portabilité des droits de sécurité sociale et des avantages acquis

En gros : ouvrir l’intégralité de nos services sociaux et publics à des migrants qui n’ont jamais cotisé. Ce sont les Belges qui régalent.

Objectif 23 : Renforcer la coopération internationale et les partenariats mondiaux pour des migrations sûres, ordonnées et régulières

Multiplier les partenariats à gauche et à droite, pour que des fonctionnaires internationaux puissent faire le tour du monde en business class plusieurs fois par an. L’ONU vous enverra ses notes de frais.

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