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Naguère, les syndicalistes attendaient leur (confortable) pension avant de se lancer en politique – nous pensons, entre autres, à Claude Rolin, ancien secrétaire général de la CSC (2006-2014) qui coule des jours heureux et inaudibles au parlement européen. Pour mai 2019, la FGTB veut faire plus fort : présenter une liste aux élections !

Déçus qu’ils sont, les Marc Goblet, Jean-Marc Tamellini, Thierry Bodson et autres syndicalistes de gauche : ils auraient tellement aimé un front soviétique, rassemblant le PS, le PTB et Ecolo (voir ici l’article de L’Echo). Et voilà que le PS trahit leurs ambitions : il s’allie ici, avec le MR (Molenbeek et Liège), là, avec Ecolo et même le « traître » CDH (Charleroi)…

Puisque c’est comme ça, la FGTB présentera sa liste bien à elle (avec quelques complicités, quand même – voir l’article de Sudpresse, ci-dessous.

Cette fougue rouge a dû faire rugir les camarades Di Rupo, Magnette et Onkelinx-Uyttendaele, persuadés que cette manoeuvre ferait plonger le nombre de leurs électeurs. C’est bien pourquoi, Robert Vertenueil a rappelé ses troupes à l’ordre (voir l’interview sur le site de la RTBF), en réduisant les tonitruantes déclarations de Jean-François Tamellini à des « pistes de réflexion ». Le fait qu’il ait choisi la radio-télé officielle du PS et d’Ecolo pour lâcher (quelque peu) ses camarades montre bien qu’une liste FGTB aux élections du 29 mai déclenche une panique sans nom au PS.

966.683.077 EUROS DE REVENUS PAR AN ! C’est que l’arrivée de la FGTB (et, éventuellement d’autres syndicats, chrétien et libéral) doit être pris au sérieux.

Les organisations de défense des camarades disposent d’un trésor de guerre énorme (voir ici l’article paru dans L’Echo). L’article pris en référence néglige quelques chiffres stupéfiants.

En effet, si les trois syndicats (FGTB, CSC, CGSLB) alignent un total de 3,49 millions d’affiliés, cela représente, à raison d’une moyenne de 15 euros de cotisation mensuelle, des revenus de 52.362.000 euros PAR MOIS.

Par an, le compte est facile : 628.349.000 euros. Et cela ne représente, aux dires mêmes des syndicats (voir article précité) que 60 à 70 % des revenus, le reste se répartissant entre diverses subventions, dont l’argent du contribuable non-syndiqué.

Le total des revenus annuels des syndicats s’élève donc à 966.683.077 euros. Et dire que les syndicats ont licencié du personnel (voir ici), « un peu gênés », disaient-ils par de mauvaises opérations financières…

QUE DEVIENT L’ARGENT DES SYNDICATS ? On n’en sait rien. Ce n’est qu’à l’occasion de scandales financiers que l’on apprend la présence de millions de la CSC dans les paradis fiscaux. Nous parlons du scandale Arco, lié à la faillite de Dexia (voir ici) et aux suites : les pertes ont été essuyées par le contribuable belge (voir ici) !

De toute manière, il reste suffisamment d’argent pour soutenir une campagne électorale, tant aux plans fédéral que régional et européen.

Ci-dessous, l’article de Sudpresse :

Elections 2019: la gauche syndicale déçue envisage le dépôt d’une liste aux prochaines élections

Jean-François Tamellini et Marc Goblet

Jean-François Tamellini et Marc Goblet – Photo News

Ces électeurs déçus avaient cru à l’émergence de nombreuses coalitions progressistes après le scrutin du 14 octobre. Ils craignent que la stratégie adoptée après le 14 octobre ne conduise à l’avènement d’un second gouvernement «MR-NVA-FEB» après les élections législatives de mai 2019.

Le secrétaire fédéral de la FGTB Jean-François Tamellini évoque dès lors dans un post Facebook une «réflexion qui commence à prendre forme depuis quelques semaines», celle de «pouvoir déposer une liste pour les prochaines élections qui offre une alternative à toutes celles et ceux qui ne savent plus pour qui voter». L’objectif affiché est de pousser les partis de gauche, PS, PTB et Ecolo, à s’entendre entre eux sur la base d’un programme commun.

Jean-François Tamellini indique que le projet résiste à la critique à laquelle il a été soumis. Il parle de «responsabilité syndicale» face à la montée des fascismes et au risque de voir la voix des travailleurs confisquée par l’extrême droite

Le secrétaire fédéral du syndicat socialiste espère pouvoir compter sur une liste suffisamment populaire que pour coaliser autour d’un programme qui place «l’humain et la planète au centre de l’équation». Il évoque d’ores et déjà des balises telles que l’égalité homme-femme, le droit à la dignité (des pensions au-dessus de 1.500 euros…), la réduction du temps de travail, une fiscalité plus juste, une transition énergétique «socialement juste» et des politiques migratoires «justes et humaines». Au niveau européen, «ne pas poser des conditions qui nous excluent d’office de toute négociation avec ceux qui ne partagent pas nos objectifs, mais poser les jalons pour ne plus être otage du système, le temps de fédérer celles et ceux qui nous permettront de redonner le pouvoir au peuple».

Des contacts sont pris dans les prochains jours pour commencer le boulot de chiffrage. Ils sont envisagés avec une série de personnalités ainsi qu’avec des plateformes telles que TamTam, Acteurs des temps présents, D19-20, le réseau wallon de lutte contre la pauvreté.

COMMENTAIRES DU PEUPLE : seuls les naïfs croyaient aux farouches dénégations des syndicalistes FGTB, lorsque certains les accusaient de faire le jeu du PS. Ils n’ont jamais cessé de rouler pour les socialistes et, à présent qu’ils perdent leurs relais au parti, les syndicats jettent le masque et se positionnent aux élections, dans l’espoir d’imposer une société soviétique en Belgique. 

D.K.

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