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La compagnie de chemins de fer nationale des Pays-Bas va, pour la première fois, indemniser les proches de Juifs déportés vers les camps de concentration nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour Christophe Busch, directeur de la caserne Dossin à Malines, la SNCB devrait s’inspirer de cet exemple, et verser à son tour un dédommagement aux proches des victimes de l’Holocauste. La société belge des chemins de fer a en effet participé à la déportation d’environ 25.000 personnes vers Auschwitz.

Aux Pays-Bas, la décision d’indemniser les proches des victimes est survenue après des discussions entre le dirigeant de la société nationale Nederlandse Spoorwegen (NS), Roger van Boxtel, et l’ancien physiothérapeute de l’équipe de football Ajax, Salo Muller, qui a perdu ses deux parents pendant la guerre.

M. Muller milite depuis 2017 pour une indemnisation de la part de la NS, qui a transporté ses parents en train depuis Amsterdam vers le camp de transit de Westerbork, dans le nord-est des Pays-Bas. Depuis cet endroit, ils ont ensuite été envoyés vers le camp d’extermination d’Auschwitz, en Pologne.

Comme nombre d’autres entreprises néerlandaises, la NS a poursuivi ses activités au service des occupants nazis après l’invasion du pays par l’Allemagne en mai 1940, gagnant l’équivalent de millions d’euros en transportant des familles juives vers Westerbork, où environ 107.000 personnes ont été acheminées.

En Belgique aussi

La NS n’est pas la seule société de chemins de fer à avoir travaillé pour les autorités nazies. En Belgique aussi, plus de 25.000 personnes ont été déportées en train vers Auschwitz. « Plus de 28 convois sont partis de la caserne Dossin de Malines », souligne Christophe Busch, directeur de la caserne Dossin, devenue aujourd’hui un musée, mémorial, et centre de recherche sur la Shoah.

« Les déportations ont été effectuées à l’aide du personnel et du matériel des chemins de fer belge », ajoute Christophe Busch. « C’est en fait l’histoire d’une Belgique docile. Les enquêtes ont démontré qu’il y avait certainement la possibilité de refuser les déportations, mais ce n’est pas arrivé. Les ordres des Allemands ont tout simplement été exécutés », souligne-t-il.
Un signal fort

Il y a quelques années, la SNCB avait présenté ses excuses pour le rôle qu’elle a joué dans les déportations sur la Seconde Guerre mondiale. « Mais à part ça, il n’y a rien eu d’autre », remarque Christophe Busch.

A ses yeux, la société belge des chemins de fer sortirait grandie si elle assumait davantage sa responsabilité. « Une indemnisation serait un signal important, révéler au grand jour tous les détails de l’histoire serait un signal encore plus fort », conclut-il.

GAIA 

Source : https://www.dreuz.info/2018/11/29/les-proches-des-juifs-deportes-bientot-indemnises-par-la-sncb/

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