Print Friendly, PDF & Email

Nos élites métropolitaines proposent une taxe sur la viande. Par chance (pour elles), ce sont encore les ploucs de la périphérie qui paieront.

Hier, la chaîne radio La Première animait un débat sur la taxation de la consommation de viande. Juliette Boulet, porte-parole de Greenpeace Belgique, défendait cette idée au nom de la lutte contre le réchauffement climatique. Marie-Laurence Semaille, conseillère de la Fédération Wallonie-Bruxelles à l’agriculture, s’y opposait, en soulignant les efforts de la filière agricole wallonne en matière de respect de l’environnement.

Le débat continue d’enflammer les réseaux sociaux, mais laisse un arrière-goût de déjà-vu. Pour criminaliser notre mode de vie, les activistes, les politiciens et les médias complices suivent toujours le même mode opératoire : d’abord, ils inventent un problème, ensuite, ils inventent la taxe supposée résoudre ce problème. Le travailleur belge – le plus imposé de l’OCDE, peut tout de même soupirer d’aise : l’air n’est pas taxé. Pas encore.

Pour criminaliser notre mode de vie, les activistes, les politiciens et les médias complices suivent toujours le même mode opératoire : d’abord, ils inventent un problème, ensuite, ils inventent la taxe supposée résoudre ce problème.Cliquez pour Tweeter

Pour sauver le climat, vraiment ?

Le problème de cette taxe, outre les conséquences désastreuses sur les emplois agricoles, c’est que son efficacité reste à prouver. Déjà pour le climat : selon les chiffres de l’Organisation des Nations Unies, la production de viande serait responsable de 14.5% des émissions de gaz à effet de serre. Oui, mais la contribution de la filière wallonne tourne, d’après Madame Semaille, aux alentours des 6% des émissions des CO2. Et l’agriculture wallonne ne pèse rien à l’échelle de la planète.

Gare aux effets de substitution

Les promoteurs de la taxe sur la viande (rouge, en particulier) invoquent aussi des bénéfices supposés pour la santé (baisse du cholestérol, des problèmes cardiovasculaires etc). Mais là aussi, la prudence est de mise : il se pourrait très bien que les citoyens – notamment les moins « éduqués » – remplace leur viande non pas par des légumes, mais par des pizzas, des lasagnes industrielles et d’autres produits similaires. Les gens préfèrent une vie courte et plaisante à une vie longue et mortellement ennuyeuse.

Faire payer les ploucs

Pourquoi proposer une taxe aussi impopulaire et imprudente alors ? Oubliez les prétextes environnementaux et sanitaires : les vraies raisons sont sociales et culturelles. Les défenseurs de cette taxe, à l’image de Juliette Boulet et des journalistes de la RTBF qui l’accueillent, vivent dans les centres-villes, se déplacent à vélo ou en transport en commun, et mangent peu ou prou végétarien. C’est leur mode de vie. Ils ne paieront pas ces taxes, comme ils ne paient déjà pas les taxes automobiles : les ploucs des périphéries et de la province s’en chargeront à leur place.

Commentaires