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Nous aurons l’occasion de revenir sur cette imposture que constitue l’exposition « L’islam, c’est aussi notre histoire », visible à Bruxelles jusqu’au 21 janvier. Véritable entreprise de décervelage et arme en vue d’imposer l’islam à l’Europe, cette production de la firme Tempora multiplie les contre-vérités, les amalgames et de fieffés mensonges.

Mais cette forfaiture s’accompagne de messages subliminaux plus que suspect. Ainsi est mis à l’honneur un livre, Le Soleil d’Allah brille sur l’Occident, paru en 1960 dans sa version originale allemande.

Jusque là, rien dérangeant. Sauf que l’auteur est une certaine Sigrid Hunke (1913-1999). Un personnage pas très innocent. En effet, elle se présentait comme une historienne des religions, mais s’inscrivait parfaitement dans la sphère nazie. Dès les années 1930, elle militait à l’Union des Etudiants nationaux-socialistes. Et elle s’inscrivit au parti nazi en 1937.

Son mentor était un certain Ludwig Ferdinand Clauss, auteur de titres pour le moins explicites : « L’Âme nordique » (1923), « Race et Caractère » (1936), « Les Sémites et le Désert en eux » (1937). Elle étudia aussi l’histoire des religions auprès de Martin Heidegger, le philosophe qui fut un peu trop sympathisant du régime d’Adolf Hitler.

Tout ce beau monde déploya de gigantesques efforts pour faire oublier son passé nazi. Sigrid Hunke rédigea son Soleil d’Allah brille sur l’Occident quinze ans après la disparition du Reich. Mais les relents de discrimination raciale remontent à la surface. L’admiration de Hunke pour l’islam est héritée du nazisme, qui trouva en les pays musulmans des alliés de choix et des antisémites de bon conseil.

On se souviendra que le mufti de Jérusalem, apparenté à la famille de Tariq Ramadan, était un ami d’Hitler et de Göring ; il vécut à Berlin à partir de 1941, reçut le titre d’Aryen d’honneur (1941) et, en compagnie de Himmler, il visita le camp d’Auschwitz. En 1943, ildissuada Himmler d’échanger 20.000 prisonniers allemands contre 5.000 enfants juifs destinés à être déplacés en Palestine. Il revint à la charge pour empêcher des enfants juifs bulgares, roumains et hongrois d’être envoyés dans la même région. Il conseilla à Hitler et Himmler de liquider les Juifs plutôt que de leur laisser la vie sauve et les expatrier vers le Moyen Orient.

Après la guerre, d’anciens nazis rabiques s’employèrent à chanter les louanges des « aryens d’honneur », et Sigrid Hunke fut de ceux-là.

Voilà donc le personnage, profondément antisémite, mis en vedette par l’exposition L’islam, c’est aussi notre histoire. Le ton est donné…

Cette exposition est généreusement subsidiée par l’Union Européenne, le gouvernement fédéral belge, la Région bruxelloise, la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Région flamande, la Loterie Nationale, Le Soir, la RTBF, la SNCB, la télévision régionale bruxelloise BX1, De Standaard, Moustique et d’autres. Savent-ils qu’ils font la promotion d’un auteur nazi ?

De même, on aimerait connaître l’opinion des politiciens belges qui siègent au conseil des directeurs du musée, où se présente cette exposition, Mia De Vits, Mark Eyskens, Annemie Neyts, Henri Simons et Antoinette Spaak.

Si ces personnalités ont eu connaissance de la présence d’un livre d’inspiration nazie, bien mis en évidence, il faudra en conclure que cette exposition est aussi un instrument de la banalisation du nazisme et de la Shoah.

Qui sont les vrais nostalgiques du nazisme ?

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