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On les voit fleurir un peu partout dans nos villes. Leurs exploitants sont Pakistanais, Turcs, Marocains. Ce sont des « épiceries » où l’on trouve des produits à des prix défiant toute concurrence. Les affaires marchent… sauf pour les finances de la Belgique, qui ne récoltent pas le moindre euro. En attendant, les petits commerces belges disparaissent. Et les partis traditionnels au pouvoir ne font rien pour enrayer cette injustice. 

Il ne s’agit évidemment pas de stigmatiser l’une ou l’autre communauté par des généralisations abusives. Mais les abus existent et ils sont le fait de certains membres de ces communautés.

Nous étions présents dans la région de Denain (Nord de la France), ce dernier week-end (23 juin 2018). Le cadre : un hypermarché Auchan. Des promotions à ne plus savoir où donner de la tête. L’une d’entre elle concerne des bouteilles d’eau minérale. Surprise : plus une seule bouteille disponible en magasin pour une promotion qui a débuté le jour précédent !

Sur le parking, de nombreuses camionnettes aux plaques minéralogiques belges. Nouvelle surprise : elles débordent de palettes d’eau minérale. Les conducteurs sont manifestement issus de la diversité. Troisième surprise : l’un d’entre eux exploite une boutique « prix cassés » à Molenbeek (région de Bruxelles).

1. LES EMEUTES « NUTELLA »

Un événement nous revient en mémoire. Le 24 janvier 2018, une grande surface Intermarché, à Forbach, avait lancé une promotion sur les pots de Nutella (950 grammes), vendus 1,41 euros au lieu du prix habituel : 4,50 euros, soit une remise de 70 %.

 

Des images avaient circulé en boucle, décrivant de véritables émeutes autour de la pâte à tartiner ! Moins visible était le fait que certains clients s’emparaient de véritables cargaisons de pots de Nutella. Coïncidence ? Dans les jours qui suivirent, de petits commerces pakistanais proposaient, en Belgique, des pots de Nutella (950 grammes) à 2,50 euros.

2. UN TRAFIC BIEN ORGANISE

Nous pourrions multiplier les exemples. Les médias se font l’écho d’habitudes de consommateurs se rendant en France (mais aussi en Allemagne et au Grand-Duché de Luxembourg), où certains produits de première nécessité sont nettement moins chers qu’en Belgique.

Ainsi, on retrouve à Molenbeek (l’exemple que nous avons instigué) des paquets de Kellogg’s ne comportant que des mentions en français, alors que les produits de cette marque, vendus en Belgique, affichent des informations dans les deux langues nationales. Ils sont vendus moins chers que dans le Carrefour Market voisin.

Lorsque le stock de produits importés frauduleusement est épuisé, le client ne le retrouvera plus. Mais en remplacement, il trouvera un stock d’essuies de vaisselle à prix cassé ! Origine ? La France, bien entendu.

3. COMMENT FONCTIONNE LE RACKET

Une famille pakistanaise repère un rez-de-chaussée commercial. Elle ouvre une « épicerie », qui ressemble plutôt à un petit bazar, où le client trouve de tout. Cette famille se rend en France, à la recherche de promotions dans les supermarchés. Elle achète un ou plusieurs produits en grandes quantités. Elle prend le risque de se faire contrôler par des patrouilles volantes des douanes – mais cela arrive très rarement.

Tout cela se passe sans la moindre facture – ou alors, un simple ticket de caisse. La famille pakistanaise ne paie aucun impôt, aucune TVA, aucunes accises. Du bénéfice net, qui échappe totalement au fisc belge !

La bonne affaire dure entre 6 mois et un an. Les premiers contrôles fiscaux ont lieu à ce moment-là, et… la famille pakistanaise disparaît dans la nature. Le commerce est repris par un autre exploitant issu de la diversité et le petit jeu recommence pour l’année qui vient.

4. LA BELGIQUE, ROULEE DANS LA FARINE !

Résumons : le fisc belge n’a vu la couleur du moindre euro. La TVA n’a vu la couleur du moindre euro. L’Etat belge n’aura vu la couleur du moindre euro, alors que les taxes et impôts belges sont parmi les plus élevés au monde…

Car le vrai scandale est le suivant : un épicier belge (cela vaut aussi pour les allochtones qui respectent les lois) se retrouve sous la loupe des inspections des finances, de la TVA, de l’Afsca (traçabilité des produits mis en vente) et des administrations qui exigent des livres de compte en ordre. Chaque produit proposé à la vente doit afficher son origine, faire l’objet de factures, etc. Les contrôles sont fréquents, les amendes pleuvent, comme les redressements fiscaux…

Autant dire que ce petit commerçant-là est perdant avant d’avoir levé le volet de son magasin.

On nous dira : tout cela est le résultat de l’inquisition fiscale dont souffrent les indépendants. C’est vrai. Mais cela peut-il se faire au détriment des commerçants qui respectent les lois ? 

Car le racket décrit ci-dessus dynamite l’image idyllique des « migrants nécessaires à la relance de l’économie belge ». Ils n’y participent pas et, à long terme, l’étrangle.

D.K.

 

 

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