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Depuis 1993, les signes et les preuves se sont malheureusement accumulés…

Vous n’avez sans doute rien su de la longue conférence qu’a donnée Monseigneur Mauro Longhi au presbytère de la prélature de l’Opus Dei, à l’ermitage de Bienno, le 22 octobre dernier, jour que l’Église a choisi pour rendre hommage au pape défunt. Mgr Longhi a révélé avoir été témoin d’une vision que Jean-Paul II eut en mars 1993, lors de l’un de ces week-ends que le pape aimait passer dans la montagne au val Camonica.

Mgr. Longhi n’est pas n’importe quel prélat. C’est lui qui accueillait le Saint-Père lorsque celui-ci quittait le Vatican pour prendre l’air des Abruzzes. Il l’a accompagné à pied ou à ski pendant dix ans de 1985 à 1995. Jean-Paul II appréciait sa compagnie, comme plus tard Benoît XVI, qui l’appela au dicastère Vatican de la Congrégation du clergé. Ce monsignore n’est pas coupable d’inventions farfelues, même si, samedi, il est en partie revenu sur ses propos.

L’inquiétante vision du pape Jean Paul II ne fut jamais portée à la connaissance du public avant le 22 octobre dernier. Vous pouvez voir cette conférence, en italien, ici. Le passage qui nous intéresse se trouve à la 48e minute.

Mgr Longhi s’étend sur ses rencontres avec Jean-Paul II. Il explique à son auditoire qu’il le croisait la nuit dans ce refuge montagnard devenu la maison où l’Opus Dei accueille ses prêtres et séminaristes. Il voyait le Saint-Père agenouillé dans la petite chapelle pendant des heures sur les bancs de bois devant le tabernacle.

Mais ce jour de mars 1993, alors que le pape et lui marchaient en tête du petit groupe qui les accompagnait, ils se sont assis, adossés à un rocher, et il eut l’une des visions dont il était coutumier. Mgr Longhi explique alors que le cardinal Andrzej Deskur, de Cracovie, lui avait confirmé que Karol Wojtyła, dès sa première messe, le 2 novembre 1946, avait le don de vision : « Il parle avec Dieu incarné, Jésus, il voit son visage et aussi le visage de sa mère. » Puis Mgr. Longhi poursuit son récit devant un auditoire en haleine :

« J’ai le regard posé sur lui, pensant qu’il avait peut-être besoin de quelque chose, mais il se rend compte que je le regarde, que sa main tremble, que c’est le début de la maladie de Parkinson. « Cher Mauro, c’est la vieillesse… », et moi, tout de suite : « Mais non, Sainteté, vous êtes jeune ! » « Ce n’est pas vrai ! Je dis que je suis vieux parce que je suis vieux ! »

 « C’est alors que Wojtyla change de ton et de voix et, me faisant partager l’une de ses visions nocturnes, il me dit : « Rappelle-le à ceux que tu rencontreras dans l’Église du troisième millénaire. Je vois l’Église affligée d’une plaie mortelle. Plus profonde, plus douloureuse que celles de ce millénaire » – se référant à celles du communisme et du totalitarisme nazi. « Elle se nomme l’islamisme. Ils envahiront l’Europe. J’ai vu les hordes venir de l’Occident vers l’Orient », et il me fait une par une la description des pays : du Maroc à la Libye en passant par l’Égypte, et ainsi de suite jusqu’à la partie orientale. Le Saint-Père ajoute : « Ils envahiront l’Europe, l’Europe sera une cave, vieilles reliques, pénombre, toiles d’araignée. Souvenirs familiaux. Vous, Église du troisième millénaire, vous devrez contenir l’invasion. Mais pas avec des armes, les armes ne suffiront pas, avec votre foi vécue intégralement. » »
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Pourquoi Mgr Longhi est-il revenu partiellement sur sa version initiale de la vision papale ? A-t-il été sermonné vertement par ses supérieurs, voire par le Vatican? Toujours est-il que devant l’ampleur que prenaient ses révélations, il l’a légèrement modifiée :

« Je suis surpris par l’écho qu’ont eu mes propos. Je vois que certains les interprètent en termes de “bataille entre chrétiens et musulmans”. Je suis très attristé par cette lecture et je m’excuse si, par manque de clarté, je peux avoir conduit à cette interprétation : dans l’esprit de Jean-Paul II, il n’y avait aucune idée de “bataille”, au contraire il y avait une recherche de relations. […], le Pape se référait à certains groupes de terroristes qui avaient déjà commencé à agir, utilisant le nom de Dieu (comme le pape François nous le rappelle souvent aujourd’hui), et dans ses commentaires, il n’y avait aucune sorte de généralisation. »

​‌Quoi qu’il en soit vraiment de cette semi-retractatio, une chose est sûre : cette vision de l’islamisation de l’Europe était bien prophétique car, depuis 1993, les signes et les preuves se sont malheureusement accumulés.

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