Print Friendly, PDF & Email

Joëlle Milquet (photo de tête) et Philippe Maystadt, deux ex-présidents du CdH, signent une carte blanche commune dans Le Soir, désavouant « leur » président du CdH, Benoît Lutgen, qui a retiré la prise du gouvernement wallon en essayant de faire de même, sans succès pour l’instant, des gouvernements de la Communauté Française et de la Région de Bruxelles-Capitale.

Philippe Maystadt, ancien ministre et Vice-Premier, ancien président malgré lui du CdH a toujours été un OVNI de la politique. Il n’en a jamais vraiment fait, de la politique.

Ce désaveu est révélateur. Dans le chef de Maystadt, c’est une réflexion « au-dessus de la mêlée », d’une naïveté inébranlable. Comment peut-on appeler à une alternative politique (de gauche) quand on a été ministre et vice-premier ministre pendant plus de 10 ans ? Pour Milquet, l’autre ex-présidente du parti, c’est tout autre chose. C’est la préparation au grand retour…

  1. Milquet se la joue solo comme d’habitude pour Madame « Moi Je » et tente de se repositionner sur l’échiquier politique francophone en « femme sage » avant de revenir en « sage-femme » à la tête d’un CdH renaissant, mode Macron. Elle a été, du temps de ses présidences, l’architecte du scotchage du CdH au PS, fermant les yeux sur les dérives (délits) du partenaire et maître socialiste, tout en permettant aux humanistes de se servir en postes bien rétribués.
  2. Milquet n’a vraiment pas de leçon de gouvernance à donner! Elle est toujours inculpée dans l’affaire du personnel de son cabinet utilisé pour sa propagande électorale aux dernières élections (ce qui lui a valu la mise à l’écart). Elle a étouffé l’affaire du Collège Saint-Michel où son fils était impliqué dans une affaire à caractère sexuel.

La belle-mère de Lutgen se rebiffe et l’on assiste à un remake de la tragédie de Racine: Britannicus, à l’intérieur du parti humaniste.

Agrippine (Joëlle Milquet), mère de Néron (Benoit Lutgen), s’aperçoit que ce prince qu’elle n’avait élevé au trône que pour régner sous son nom, est décidé à secouer le joug et à gouverner par lui-même.

Cette mère ambitieuse et assoifée de pouvoir a résolu de marier Junie (le CdH) à Britannicus (Di Rupo), fils de l’empereur Claude, son premier mari, et frère adoptif de Néron, dans le but de se concilier l’affection de ce jeune prince et de s’en servir au besoin contre Néron.

Narcisse, gouverneur de Britannicus et en même temps confident et favori de Néron, précipite son jeune élève à sa porte ; tandis qu’il l’engage, d’une part, à unir ses intérêts à ceux d’Agrippine, il le trahit, d’une autre, en dénonçant à Néron les projets ambitieux de la reine-mère. L’empereur déjoue ces projets en faisant enlever violemment Junie (Lutgen devient président du CdH).

Mais à peine l’a-t-il aperçue à la clarté des flambeaux qu’il en devient épris à son tour ; il mande Britannicus dans son palais et lui ordonne de renoncer à son amour (Lutgen retire la prise). Sur le refus du jeune prince, il le fait arrêter et dès ce moment projette sa mort. Agrippine elle-même est retenue captive dans le palais ; cependant elle parvient à obtenir une entrevue avec son fils.

Dans un entretien remarquable, elle lui rappelle tous les bienfaits qu’elle lui prodigués et l’accuse d’ingratitude. Néron cherche à se justifier en reprochant à sa mère le complot qu’elle trame avec Britannicus. Agrippine parvient néanmoins à désarmer la colère de l’empereur et lui fait même promettre de se réconcilier avec son frère ; mais à peine a-t-elle disparu que Néron, donnant un libre cours à ses ressentiments, déclare à Burrhus, son gouverneur, qu’il est résolu, sous l’apparence de la réconciliation, à assassiner Britannicus.

Benoît Lutgen est lui aussi très atteint par la macronite aiguë. Il se voit déjà « en marche! ». Mais Milquet est peut-être encore plus atteinte. Et dans le genre dominatrix, on ne fait pas mieux qu’elle. Attention Benoît!

Lutgen va-t-il se laisser remonter les bretelles ? Vous le saurez en suivant le prochain épisode de ce feuilleton historique de qualité…

Pour revenir au 21e siècle, Milquet et Maystadt sont atteints de Macronite aigüe. Chez Maystadt, c’est normal. Il n’a jamais vraiment été un politique. C’est un naïf égaré parmi les loups. Maystadt déclare sans rire : « réagissant en particulier à la crise du côté francophone, j’appelle à l’émergence d’une « alternative politique… A gauche on n’a pas vu monter les frustrations dans la population. On a besoin d’une alternative politique. Je rêve d’une force sociale-démocrate qui regrouperait la partie moderne et non corrompue du PS, la partie progressiste du CDH et de Défi et la partie raisonnable d’Ecolo ».

A gauche(s) toutes ! On va assister à l’implosion du parti humaniste et à une nouvelle guerre des chefs : d’un côté les réalistes proches de l’entreprise et d’une approche libérale de l’économie, et de l’autre, les idéologues soutenus par les zozos du MOC et par la « démocratie chrétienne » (s’il en reste une…) qui veulent jouer dans le bac à sable des Ecolos, en permettant aux quelques rares gentils du PS de jouer avec eux.

P.H. et C.T.

Commentaires