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Paul Magnette a un parcours sans faute d’apparatchik socialiste: Sciences politiques à l’ULB, ce fils de bourgeois carolo avait été parachuté par Elio, qui ne devait pas être insensible aux charmes du playboy, comme karcher socialiste à l’Hôtel de ville de Charleroi, à la sortie de fonction de Jean-Claude Van Cauwenberghe, au moment de l’affaire De Spiegeleer. Aujourd’hui ce roi des cumulards, se voit contesté, hué dans sa propre maison communale… par les camarades de la FGTB… Le voilà rattrapé par la réalité!

5485423de4f0693fec4784e1f732dcfb-1337947971A Charleroi, dans le nettoyage du PS, Magnette s’était bien acquitté de sa tâche. Il avait écrasé les seconds couteaux du PS au Conseil communal et évité le scandale, laissant le cdH gérer l’interlude, le temps que le bon peuple oublie les faiblesses et la corruption du PS. Pour le récompenser, Elio avait imposé son nervi comme bourgmestre.

Entretemps, le professionnel de la politique qu’est Magnette, le séducteur à la barbe de 3 jours, s’est taillé un costume de « dur » en prenant des postures contre la Commission européenne, dont la politique est jugée « ultra-libérale », en applaudissant debout les outrances irresponsables de la FGTB, ou en critiquant toutes les propositions du MR, l’ennemi juré, surtout depuis qu’il participe à un gouvernement d' »ultra-droite ». Seul but de ce cirque: marquer son territoire face aux gauchistes du PTB…

P. Magnette est tellement sûr de lui qu’il n’a pas hésité à prendre la présidence de la Région wallonne, tout en gardant son poste de bourgmestre de la première ville de Wallonie: Charleroi. Je suis le roi des cumulards et je prends tout malgré les déclarations sur l' »éthique politique » de mon parti. Joli!

Mais le donneur de leçons est maintenant au pied du mur. Finie la période de grâce; on l’avait déjà vu se faire huer par les locataires de la société de logements sociaux « La Sambrienne » à l’Hôtel de ville, voici quelques mois. Cette fois, c’est plus grave. Le lundi 20 octobre, les 3 syndicats du personnel communal de Charleroi manifestent violemment en occupant la salle du Conseil communal, pour s’opposer au 300 licenciements annoncés parmi les fonctionnaires de la ville.

Magnette a tenté d’expliquer aux manifestants sous les huées, que « les économies sont indispensables ».

Il a aussi été annoncé à cette occasion que la ville entendait traiter les problèmes de mobilité et d’absentéisme au sein du personnel. De l’absentéisme chez les fonctionnaires? Tiens donc! Voilà donc un homme de gauche qui pratique une politique de droite….

Le PTB-Go et Ecolo ont profité de ce conseil agité pour attaquer le bourgmestre Magnette sur sa politique; une politique qui aurait pu être approuvée sans problème par la NVA…

A Namur aussi, l’état de grâce est fini pour le Ministre-Président de la Région wallonne. Il y a bien sûr l’opposition active du Parti Populaire (PP), du PTB et d’Ecolo, mais Magnette a de la chance que les meilleurs orateurs du MR soient passés au fédéral, furieux d’avoir été relégués dans l’opposition par le même Magnette, lors de la formation des exécutifs régionaux.

L’Exécutif wallon n’avait à annoncer que « du sang et des larmes » aux wallons, puisque tous les gouvernements successifs à dominante socialiste n’ont jamais fait l’effort que les flamands viennent d’imposer à travers la 6e réforme de l’Etat: désormais, les transferts nets de la Flandre vers la Wallonie, c’est fini! Du coup, voilà le gouvernement wallon qui – comme par magie – parvient à faire 245 millions d’EUR d’économies, reporte 340 millions d’investissements et « limite » son déficit à 450 millions d’EUR.

En quelques mots, ce sera l’immobilisme pour 3 ans partout en Région wallonne. Ajoutons que la requalification du déficit wallon par l’Europe (de 190 millions à 1,1 milliartds d’EUR !) est une très bonne chose: les débudgétisations, les manipulations comptables des budgets wallons successifs, faisant passer des dépenses pour des investissements, doivent cesser.

Luc Rivet

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