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Le mouvement des « gilets jaunes » dépasse la question du prix du diesel. S’il y révolte contre les impôts, c’est parce qu’il n’y a plus de justice. Une vague de fond que les gouvernants s’efforcent d’étouffer. Tous les moyens sont bons : les gaz lacrymogènes, la désinformation, les tentatives de diviser la population, de l’intimider et de lui faire peur.

Pendant la visite de Macron en Belgique, il a été question de la mobilisation des « gilets jaunes ». Les deux « grands amis » ont évalué la manière de tuer le mouvement dans l’oeuf. Au reste, le débat à L’UCL (Louvain-la-Neuve) a bien indiqué combien l’état d’esprit de certains est entré en une phase pré-révolutionnaire. C’est bien cette vague-là que les gouvernements français et belge veulent casser.

Présenter les « gilets jaunes » comme des casseurs. 

La stratégie est grossière, mais elle peut fonctionner. Au départ, les gouvernants affichent leur mépris. Les manifestants sont présentés comme des têtes brûlées, des illuminés, très isolés et pas du tout représentatifs de l’ensemble de la population.

Cela ne suffit pas. La colère monte. Le pouvoir envoie les casseurs infiltrer les rassemblements de « gilets jaunes ». L’extrême gauche collabore avec enthousiasme à ce petit complot. Les preuves existent.

Toutefois et afin de brouiller les pistes, les gouvernants mettent en cause « l’ultra-droite« . Malgré le soutien des médias subsidiés et des télés complices, Le sommet est atteint par la RTBF qui diffuse l’idée que le mouvement des « gilets jaunes » est né en Belgique, suite à une « fascination pour ce qui se passe en France » !

Mensonge : le gouvernement se présente comme le défenseur de la liberté.

Les médias se chargent de bien médiatiser les débordements de quelques groupes de « gilets jaunes ». Le vocabulaire guerrier est appelé à la rescousse : on parle de « batailles », d' »opérations de commandos », etc.

Tant Macron que Charles Michel en profitent pour se présenter comme les grands défenseurs de « nos » libertés. En réalité, ils combattent notre liberté d’exprimer notre mécontentement.

Macron et Michel devraient s’instruire et méditer les paroles qui suivent :

Un gouvernement qui serait fondé sur le principe de la bienveillance envers le peuple, tel que celui du père envers ses enfants, c’est-à-dire un gouvernement paternel, où par conséquent les sujets, tels des enfants mineurs incapables de décider de ce qui leur est vraiment utile ou nuisible, sont obligés de se comporter de manière uniquement passive, afin d’attendre uniquement du jugement du chef de l’État la façon dont ils doivent être heureux, et uniquement de sa bonté qu’il le veuille également – un tel gouvernement, dis-je, est le plus grand despotisme que l’on puisse concevoir.
— Kant, Théorie et pratique.

Avant que RTL ne trouve ces propos « outranciers » et décide de « suspendre » cet autre Emmanuel, rappelons qu’Emmanuel Kant vécut de 1724 à 1804.

L’écrasement par les impôts, le mépris des élites, le mécontentement que les gouvernants ne veulent pas entendre : ce n’est pas neuf (voir notre article à ce sujet) !

Un scénario à la Mai 68 ?

Les « gilets jaunes » devraient commencer par se méfier d’eux-mêmes. Comme le soulignait Emmanuelle Praet, ce mouvement va coûter des millions. Bloquer les raffineries, provoquer la pénurie de carburants ; empêcher les achats dans de petits commerces – ce sont ces conséquences-là qui ont dressé la population contre les initiateurs de Mai 68… qu’elle avait soutenus à ses débuts.

Le gouvernement aura envoyé des autopompes, lancé des grenades assourdissantes, tabassé des manifestants paisibles (et tué quelque-uns d’entre eux). Et tout « rentrera dans l’ordre. C’est-à-dire, ça :

D.K.

 

 

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