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C’est un pavé dans la Mare Nostrum que lance la Fondation GEFIRA, un think-tank pan-européen établi à Nijmegen aux Pays-Bas analysant les développements géo-politiques et financiers mondiaux. Pendant deux mois, cette fondation a suivi heure par heure le trafic maritime des bâtiments affrétés par des ONG entre l’Italie, Malte et la Lybie. Leur constat est sans appel : durant cette courte période, au moins 39.000 « réfugiés » d’origine africaine ont ainsi été acheminés en toute illégalité en Italie!

Des Nigérians "sauvés" le 4 octobre dernier. Un sauvetage "organisé" par une ONG avec les passeurs
Des Nigérians « sauvés » le 4 octobre dernier. Un sauvetage « organisé » par une ONG avec les passeurs. L’Europe s’avère totalement incapable d’appliquer la politique qu’attendent les citoyens!

GEFIRA a utilisé les données du site de contrôle du trafic maritime http://www.marinetraffic.com lequel donne en temps réel par bâtiment sa position GPS, sa vitesse, son port de départ, son port de destination. 15 bâtiments appartenant ou loués par ces ONG et la plupart naviguant sous pavillon de complaisance, ont ainsi été suivis : Aquarius (SOS Méditerranée), DIgnity I (Médecins sans Frontières), Iuventa (Save the Children), Golfo Azzurro (Golfo Azzurro Foundation), Vos Hestia (Save the Children), Sea Eye (ASBL Sea Eye), Bourbon Argos (Médecins sans Frontières), Phoenix et Topaz Responder (Migrant Offshore Aid Station). Les ONG Jugend Rettet, Stichting Bootvluchting, Proactiva Open Arms, Sea-Watch.org et Life Boat sont également pointées du doigt. Le Speedy, un bâteau rapide appartenant à l’ONG allemande Sea-Eye-eV et provenant du vaisseau-mère éponyme a par ailleurs été saisi par les garde-côtes libyens le 10 septembre 2016 après avoir tenté de fuir alors qu’il se trouvait dans les eaux territoriales libyennes.

Le scénario est bien rodé. Certaines opérations illégales de « sauvetage » sont coordonnées entre les bâtiments de ces ONG, les garde-côtes italiens et les passeurs par le Maritime Rescue Coordination Centre (MRC) basé à Rome.
Phase 1 : Les passeurs libyens prennent contact avec les garde-côtes italiens pour réclamer une assistance maritime alors que les candidats à l’immigration sont encore sur le sol libyen.
Phase 2 : Le MRC de Rome, dès lors que la demande d’assistance est lancée hors des eaux territoriales italiennes, passe la mission de sauvetage au(x) bâtiment(s) proche(s) du « rescue spot », souvent un bateau d’une ONG en maraude le long des côtes libyennes. C’est le MRC qui impose le port de débarquement, toujours en Italie (jamais dans un port tunisien plus proche).
Phase 3 : Les passeurs acheminent – après paiement de leur ticket de passage (1000 à 1.500 euros) – les « réfugiés » au point de rendez-vous où ils sont pris en charge providentiellement par la flotte des ONG citées.
Phase 4 : Leur cargaison humaine débarquée en Italie, les ONG pointées du doigt par GEFIRA reprennent leur noria.

On assiste, dans ce cas d’espèce, à un détournement de la législation maritime internationale qui donne obligation à tout navire de se dérouter pour secourir des naufragés. Les ONG accusées par GEFIRA participent activement à une opération d’envergure de trafic d’êtres humains en coordination avec les trafiquants et sous couvert des autorités italiennes et de l’Europe. En effet, le Parlement européen a voté une résolution garantissant l’immunité des capitaines de navires et des ONG impliqués dans les opérations de sauvetage en Méditerranée : « private ship masters and non-governmental organisations who assist in sea rescues in the Mediterranean Sea should not risk punishment for providing such assistance.”

L'ONG Proactiva Open Arms récupère des cadavres en Méditerranée...
L’ONG « Proactiva Open Arms » récupère des cadavres en Méditerranée…

Peu importe que les eaux territoriales libyennes soient violées, que des candidats à l’immigration décèdent alors qu’ils se trouvent sous la responsabilité des « sauveteurs » et que la noria prenne systématiquement la route de l’Italie (le trajet vers l’Italie représente 274 miles nautiques alors que le port tunisien de Zarsis qui pourrait recueillir les migrants ne se trouve qu’à 60 miles nautiques de la zone de « sauvetage »)!

Peu importe également que l’armada des ONG douteuses opère en toute illégalité dans les eaux territoriales libyennes. En octobre, quatre bateaux gonflables italiens dont le Mergez attendaient cachés dans le complexe pétrolier de Mellitah. Le Golfo Azurro patrouillant au large du complexe libyen reçut l’ordre du MRC de Rome de naviguer vers un rescue point situé dans les eaux territoriales libyennes.

Le Golfo Azzuro s'apprête à débarquer en Italie une nouvelle fournée de pseudo-réfugiés d'Afrique noire en Sicile. Ce sont avant tout des migrants économiques non qualifiés et inemployables en Europe. Nos dirigeants sont fous.
Le Golfo Azzuro s’apprête à débarquer en Italie une nouvelle fournée de pseudo-réfugiés d’Afrique noire en Sicile. Ce sont avant tout des migrants économiques non qualifiés et inemployables en Europe. Nos dirigeants sont fous.

Le même ordre fut donné à l’Astral, le Phoenix et le Iuventa. 10 heures après, le Golfo Azurro arrivait au point de sauvetage à 8 miles nautiques de la côte, rejoint par le Mergez venu en reconnaissance. 40 minutes après le contact, les embarcations chargées de migrants illégaux accostèrent les quatre bâtiments des ONG qui embarquèrent les 113 « naufragés ». Durant le transbordement, 17 personnes périrent sans qu’aucune enquête ne soit diligentée. Immunité oblige !

Interrogée par Le Peuple sur les accusations lancées par GEFIRA, la branche belge de Médecins sans Frontières (MSF) se défend de toute collusion avec les réseaux de passeurs en Libye. « En 2016, MSF , nous avons effectivement mené des opérations de recherche et de sauvetage à bord de l’Aquarius (avec MSF Méditerranée), du Bourbon Argos et de Dignity 1. Une équipe médicale de MSF a travaillé en 2015 sur le Phoenix en collaboration avec l’organisation MOAS, mais pas en 2016 ».

L’incursion du Phoenix dans les eaux territoriales libyennes rapportée par GEFIRA n’est donc pas imputable à MSF qui réitère : « Nous ne pouvons pas nous prononcer pour les autres acteurs, mais les bateaux avec lesquels nous travaillons opèrent dans les eaux internationales et non dans les eaux territoriales libyennes. Toutes nos opérations sont effectuées dans le respect du droit maritime, de la convention Solas et des lois européennes et italiennes. Elles sont coordonnées par le Maritime Rescue Coordination Centre (MRCC) basé à Rome. Une intervention dans les eaux territoriales libyennes ne peut se justifier, conformément au droit maritime, qu’en cas de force majeure si un appel de détresse est réceptionné ».

Et d’ajouter : « Il n’y a pas de contacts et encore moins de coordination avec les passeurs. Nous n’avons pas de rescue points. Les zones de départ des embarcations sur la côte libyenne sont connues. Nous positionnons donc nos bateaux dans les eaux internationales en fonction de ces zones et des courants maritimes pour augmenter la probabilité d’être au bon endroit quand nécessaire pour lancer une opération de sauvetage. Notre mandat est clair : sauver des vies.

L’échec de l’UE et de son agence frontalière à réduire le nombre de morts en Méditerranée a forcé MSF et d’autres organisations humanitaires à intervenir d’une manière sans précédent (MSF n’avait jamais fait de sauvetage en mer auparavant) pour éviter dans la mesure du possible davantage de drames. L’action humanitaire n’est pas la cause de cette crise mais une réponse à cette crise. Si les ONG se retiraient, le bilan en vies humaines ne ferait que s’alourdir. Si les réseaux criminels des passeurs et leur « business model » existent, c’est en partie parce que l’UE ne propose pas d’alternative légale et sûre aux personnes qui veulent demander l’asile en Europe comme elles en ont le droit. Régler ce problème permettrait de réduire le bilan humain et de mettre fin aux agissements des passeurs. »

Frontex assure la garde aux frontière de l'Europe, parait-il. En fait ils facilitent surtout l'arrivée de migrants. Ici il y a quelques mois près de Lesbos
Frontex assure la garde aux frontière de l’Europe, parait-il. En fait ils facilitent surtout l’arrivée de migrants. Ici il y a quelques mois près de Lesbos

MSF serait-elle l’exception qui confirme la règle ? Dans un article du Financial Times daté du 16 décembre 2016, le quotidien britannique rapporte que FRONTEX (l’agence européenne en charge de la sécurisation des frontières de l’Union) a dénoncé en novembre la collusion entre passeurs et ONG, mettant en avant que « les migrants donnent des indications claires avant leur départ sur la direction précise à suivre afin de pouvoir atteindre les bateaux des ONG ». Ajoutant qu’il avait été fait état « d’un premier cas rapporté de réseau criminel de passeurs embarquant directement des migrants sur un vaisseau d’ONG ».

Levée de bouclier des ONG opérant en Méditerranée, réfutant toute collusion avec les passeurs et reportant la responsabilité du chaos sur l’Union européenne. FRONTEX révèle que très souvent, les « rescapés » ne veulent pas coopérer du tout avec les autorités italiennes ou avec FRONTEX, sur instruction de leurs sauveteurs.

Alors que le Secrétaire d’état à la migration, Théo Francken, est accusé par la gauche de porter atteinte à l’état de droit en tentant d’annuler une décision de justice l’obligeant à attribuer un visa à une famille syrienne (famille aisée pro-Assad présumée vivre à Beyrouth alors qu’elle a déclaré être en danger à Alep) en portant l’affaire devant le Conseil d’Etat et la Cour européenne de Justice, cette même gauche participe, par certaines ONG douteuses interposées, à un trafic d’êtres humains aux côtés de passeurs sans scrupules et en violation du droit maritime international.

Consciemment ou inconsciemment, ces ONG opérant illégalement en Méditerranée forment le dernier maillon d’une chaîne criminelle qui a terme jettera dans la clandestinité des dizaines de milliers d’illégaux qui se retrouveront dans nos villes, hors des radars, et soumis à la loi de la rue pour survivre (prostitution, marchands de sommeil, trafics en tous genres, vols, …).

P.H.

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