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Le président du Parti populaire et homme de droite, Mischaël Modrikamen, est bien seul à reconnaître en Margaret Thatcher une source d’inspiration. Très marqué par le décès de l’ancien Premier ministre britannique, il en appelle aux recettes mises en oeuvre par la dame de fer pour relancer la Wallonie et Bruxelles.

Mischael Modrikamen

Le Peuple – Mischaël Modrikamen, est-ce exagéré de penser que la Wallonie et Bruxelles se trouvent dans un état similaire à celui de la Grande-Bretagne des années septante ? 

L’Angleterre de l’époque présente, en effet, bien des similitudes avec la situation actuelle de la Wallonie et de Bruxelles. L’Etat y était hypertrophié, avec pas moins de 60 % du PIB qui lui était dévolu. Nous n’en sommes actuellement pas loin en Wallonie. De plus, le chômage était important et l’assistanat constituait l’horizon indépassable pour une partie de la population qui votait donc à gauche. Un des livres de chevet de Margaret Thatcher était le brillant ouvrage de Hayek, “The Road to Serfdom”, ou “La route de la servitude” en français. A l’époque, l’Angleterre était menacée par le totalitarisme communiste, alors que nous le sommes aujourd’hui par le fascisme islamiste.

A l’époque, le débat politique semblait également sclérosé !

La politique a l’époque ne laissait plus place aux convictions, mais aux petits arrangements, très semblables au compromis à la belge qui pousse les uns et les autres à abandonner leur ADN. Chez les Tories, plus personne n’était réellement à droite lorsque Margaret Thatcher en a pris les rennes.

Quels leçons peut-on tirer du pouvoir exercé par Margaret Thatcher pour les appliquer ici ? 

Thatcher a mis fin au consensus mou qui mine le débat politique. Elle devait se battre contre ce qu’elle appelait elle-même les “wet”, les mous. Elle a directement entamé la réduction des dépenses publiques qui serait aussi un début de solution à nos problèmes. Elle n’a pas hésité à réduire le rôle des syndicats, alors qu’il faudrait faire de même chez nous où ils sont tout-puissants. Les « standen » pillent littéralement l’Etat, comme on l’a encore vu récemment avec l’ACW et le MOC.

Sa lutte contre le communisme peut-elle nous inspirer à l’heure où de nouvelles menaces minent nos pays ?

On oublie un peu vite qu’elle a lutté brillamment contre le totalitarisme, avec l’aide entre autres et surtout de Ronald Reagan et de Jean-Paul II. Petite anecdote, c’est en entendant Thatcher à la télévision russe plaider pour les libertés, que Boris Eltsine a compris que le communisme était terminé. Notre mission à nous est de lutter contre l’islamisme avec la même détermination.

La responsabilité individuelle dont elle était garante ne s’amenuise-t-elle pas ?

Point capital, elle a toujours placé la liberté et la responsabilité individuelles au centre de son discours, en cela profondément influencée par le rabbin Immanuel Jakobovits qui lui a toujours enseigné que les hommes doivent se prendre en main pour s’élever. Nous devons toujours le rappeler.

Sa vision de l’Europe était-elle égoïste, comme on l’entend souvent ?

Elle défendait l’Europe des peuples et des nations, à mille lieues de l’Europe technocratique, anti-démocratique et broyeuse des identités.

Quels courants politiques peuvent aujourd’hui se revendiquer du thatchérisme ?

Nous avons plus que besoin de cette approche, mais elle se retrouve très peu dans les partis politiques actuels. Le Parti conservateur britannique détient encore quelques parcelles de l’héritage, mais c’est davantage l’UKIP de Nigel Farrage qui assume la continuité. En Espagne, le Partido Popular incarne assez bien le thatchérisme et on y trouve des traces au sein de l’UDC en Suisse. Chez nous, je ne vois guère que le Parti populaire.

Propos recueillis par GREGOIRE BRUEL

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