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Faute de pouvoir entrer dans l’Union Européenne, Erdogan s’invite dans les élections communales belges. Un de ses sites sur les réseaux sociaux incite à NE PAS voter pour une candidate qui ne lui plaît pas (voir ici).

Le sujet de la haine déversée par le dictateur turc est la secrétaire d’Etat à… l’égalité des chances dans le gouvernement fédéral, Zuhal Demir.

Elle-même d’origine turque, Mme Demir, membre de la N-VA, prône l’intégration, s’oppose farouchement à l’islam radical et conseille aux femmes de ne pas porter le voile islamique.

Elle s’est aussi opposée à l’ouverture d’une quatrième école islamique, cette fois à Genk (Limbourg). C’est dans cette ville, très « turquisée », qu’elle se présente comme candidate au maïorat.

Lorsqu’il a appris cette nouvelle dérangeante, le sang d’Erdogan n’a fait qu’un tour de Bosphore et il a chargé ses sbires de tout faire pour empêcher l’élection de Zuhal Demir.

On sait qu’aux dernières élections (turques), les Turcs de Belgique ont assuré le succès d’Erdogan, en votant massivement pour lui (75 % – voir ici). Il faut donc s’attendre à ce que la communauté turque suive ses directives.

On attend encore les réactions indignées de Charles Michel (MR) en réponse aux attaques contre une membre de son gouvernement. Mais, nous rêvons : entre Michel et Erdogan, c’est le grand amour, comme le montre la photo ci-dessous, extraite de la page officielle d’Erdogan.

ET SI L’ELECTION D’EMIR KIR ETAIT INVALIDEE ?

Contrairement à Mme Demir, Emir Kir (PS) est un soutien enthousiaste d’Erdogan, négationniste du génocide arménien comme lui. On peut donc s’attendre à ce que le satrape d’Ankara conseille vivement à ses compatriotes, installés à Saint-Josse-ten-Noode, d’apporter leur soutien à Emir Kir, qui a transformé la commune la plus pauvre du royaume en petite enclave ottomane.

Mais cela est-il bien démocratique ? Est-il normal qu’un chef d’Etat étranger s’immisce dans la politique communale belge ? Cela vaudrait la peine de poser la question au Conseil constitutionnel, anciennement cour d’arbitrage, qui est une juridiction compétente pour apprécier si les normes ayant force de loi sont conformes à la Constitution belge (articles 8 à 32 (Titre II Des Belges et de leurs droits), 170, 172 et 191).

En effet, le soutien d’Erdogan relève de l’ingérence d’un Etat dans les affaires d’un autre Etat. Au plan international, ces pratiques sont condamnées – voir notamment les principes du droit  international.

Bien sûr, Emir Kir appartient au PS et dans ce parti, on se croit tout permis. Mais puisque ses membres se présentent comme des champions de la démocratie (et de ses règles et lois), on attend l’avis du président, Elio Di Rupo, sur cette situation aussi interpellante que cocasse. 

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