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Jean-Charles Luperto, bourgmestre de Sambreville, sort du placard. Pris d’un besoin pressant, il s’est exposé au parlement wallon à propos des pensions d’employés communaux. « Une bombe d’un milliard pour les communes ! », s’est-il exclamé, après avoir déshabillé les budgets de 2018.

Afin de remplir le fonds de pension solidarisé, en déficit perpétuel, le gouvernement fédéral a décidé d’augmenter la cotisation que chaque commune verse à ce fonds. Ce dernier sert à assurer les pensions des fonctionnaires communaux, qui ne sont pas couvertes entièrement par la cotisation de base imposée aux communes par la loi.

Ce réajustement a un coût : il était de 2,1 milliards, il passera à 3,1 milliards. Selon Luperto, poussé dans le dos par le syndicat socialiste CGSP (Centrale Générale des Services Publics), et sans doute par Elio Di Rupo, c’est le milliard de trop.

En clair, cela signifierait une augmentation allant jusqu’à 158 % pour une ville comme Wavre. Il faudra bien trouver cet argent quelque part. Où, à votre avis ? Bingo ! Dans la poche du contribuable – même si cela peut passe par un emprunt qui endettera encore plus les communes…

Le but du gouvernement fédéral ? Créer un second pilier dans le système de pension des fonctionnaires communaux. Et là, ça fait très mal aux Wallons. Car, sous les gouvernements Demotte, puis Magnette, la Wallonie a pris un très sérieux retard. Alors que 500 communes flamandes ont déjà adopté ce second pilier, seules 40 communes wallonnes l’ont fait.

Comme il n’a pas envie de mouiller ses petits amis socialistes, Luperto essaie de jouer la carte « La Flandre nous ruine ». Mais non ! Seule les communes sans second pilier seront touchées par l’augmentation de la cotisation.

Pour les partis traditionnels, il s’agit de cacher le plus longtemps possible la catastrophe financière qui attend les communes. Mot d’ordre : tenir jusqu’en octobre 2018, date des élections communales.

Ne reprochons donc pas aux Flamands d’avoir fait preuve de prévoyance.

Et on n’excusera pas les gouvernements wallons d’avoir joué à la cigale, tandis que les fourmis flamandes engrangeaient. Il n’y a pas de secrets pour cette situation inégale entre le Nord et le Sud du pays.

En appelant à un assainissement et à un contrôle permanent des finances publiques, le Parti Populaire ne fait que relayer l’inquiétude des citoyens, désireux d’apprendre ce que l’on fait avec l’argent de leurs impôts.

Et Jean-Charles Luperto ferait bien de s’apercevoir que l’argent, ça ne pousse pas sur les parkings d’autoroutes…

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