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Coupures d’électricité en novembre ? C’est malheureusement de plus en plus probable. Ils nous accusaient de populisme, mais nous avions raison. « Ils », ce sont les politiciens (ir)responsables de l’énergie, les chantres des éoliennes, les représentants de commerce en panneaux solaires, les fêlés de la biomasse et les allumés des énergies renouvelables. 

Votre facture d’électricité : 100 euros de plus que l’année dernière ? Triste réalité pour certains. Le paradoxe, c’est qu’à ce prix, vous risquez d’avoir moins d’électricité cet hiver.

Normalement, les réacteurs des centrales nucléaires (4 à Doel, 3 à Tihange) produisent 5.920,8 mégawatts (MW). Dès cet automne et pendant l’hiver, la production ne dépassera pas 1.000 à 2.000 MW. Et pour cause : un seul réacteur sera en service pendant l’hiver ! C’est dire que le risque de black-out ne représente plus un scénario catastrophe, mais une probabilité très sérieuse. Et parce que nous devrons acheter notre électricité à l’étranger – au prix fort -, votre facture va exploser.

Les responsables ? Dans ce domaine, on assiste à un véritable jeu de ping-pong entre le gouvernement, Engie (ex-Electrabel), Ecolo, la majorité contre l’opposition et… la fatalité.

Une chose est certaine : la responsabilité des partis traditionnels est énorme. Essayons un petit décryptage de la question.

1. MERCI, PS, MR, ECOLO ! Autant l’écologie est une prise de conscience importante, autant l’écologie politique se révèle être une catastrophe. Un de ses dogmes condamne l’énergie nucléaire, accusée de tous les maux et de tous les dangers dans un avenir que nous ne verrons pas. Par pur opportunisme politique, les partis traditionnels (PS, MR, CDH, DéFI) ont voulu surfer sur la vague écolo.

Nous en supportons aujourd’hui les conséquences : nous risquons de connaître des coupures d’électricité, comme une république du Tiers-Monde. L’aveuglement des gouvernements belges a fait ignorer tous les rapports équilibrés à l’égard du nucléaire. Consultez à ce propos le site du forum nucléaire.

Tout a débuté en 1999 avec le gouvernement Verhofstadt I (dit « arc-en-ciel »). C’est en cette fin de siècle qu’a été décidée la sortie du nucléaire. Dans cet exécutif se retrouvaient des gens comme Laurette Onkelinx (PS), André Flahaut (PS), Rudy Demotte (PS), Charles Picqué (PS), mais aussi des MR (Louis Michel, Didier Reynders) et des Ecolo tels qu’Isabelle Durant et Olivier Deleuze. Ce dernier occupait la fonction de secrétaire d’Etat à l’Energie et au Développement durable.

Nous sommes donc victimes de la démagogie de ces personnages, qui préfèrent oublier leur responsabilité. Ils sont très mal placés pour vilipender l’actuelle ministre de l’Energie, Marie-Christine Marghem (MR), même si cette dernière n’a guère brillé par sa connaissance des dossiers.
2. TUNNELS, PONTS, CENTRALES NUCLEAIRES : MÊMES INCOMPETENCES. Vieilles de plus de 40 ans, nos centrales n’ont pas fait l’objet de financements suffisants pour leur entretien. Certes l’entretien des centrales incombait au producteur d’énergie, mais il existe une Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN), qui inspecte et constate le respect des règles par les producteurs d’énergie et fait rapport au gouvernement.
Les membres du personnel de l’AFCN le confirment : les rapports échouaient dans le classement vertical. Sauf lorsqu’il était trop tard. « Les politiques se disent qu’en raison de l’abandon du nucléaire, il ne faut pas se soucier de l’évolution des centrales« , nous confiait un employé de l’AFSN sous le couvert de l’anonymat.
Les conséquences sont flagrantes : béton fissuré, pans entiers sur le point de s’écrouler, etc. Le constat est vite fait :
– Tihange1 sera à l’arrêt pour révision du 20 octobre au 29 novembre 2018
– Tihange 2 : à l’arrêt jusqu’au 1er juin 2019
– Tihange 3 :à l’arrêt jusqu’au 2 mars 2019
– Doel 1 : à l’arrêt jusqu’au 10 février 2019
– Doel 2 : à l’arrêt jusqu’au 31 décembre 2018
– Doel 3 : en service
– Doel 4 : à l’arrêt jusqu’au 15 décembre 2018
Seul Doel 3 sera en fonctionnement pendant l’automne 2018 et l’hiver 2018-2019. Encore faut-il préciser qu’Engie ne confirme pas les dates exactes de la remise en service des autres réacteurs.
3. CONTRÔLES DEPUIS L’ETRANGER. Comment se fait-il que notre électricité dépend d’une multinationale française, Engie ?
Il faut remonter à 1988, lorsque Carlo De Benedetti veut s’emparer de la Société Générale de Belgique (SGB), qui est en quelque sorte l’épine dorsale de pans entiers de l’économie nationale, dont les sociétés productrices d’électricité. Nous vous épargnerons les méandres de cette affaire  (voir ici) pour en arriver au fait que le 22 juin 1998, la compagnie française Suez prend le contrôle de 54 % du capital de la SGB.
A partir de 1990 (création d’Electrabel), tous les mouvements de fusion, de prises de contrôle tourneront autour de la main-mise sur le marché de l’énergie. En juin 1998, Suez et la Lyonnaise des Eaux détiennent 99,4 % de la SGB.
En novembre 2005, Suez est absorbé par GDF (Gaz De France) – l’électricité belge devient française. Et, en 2015, GDF-Suez devient Engie.
Cette prise de contrôle n’a été rendue possible qu’avec l’apathie des gouvernements belges qui n’avaient rien à refuser au monde de la haute finance. Or, Electrabel contrôlait 94 % de la production et de la distribution dans notre pays.
4. L’OPPOSITION AU NUCLEAIRE, UNE AFFAIRE TRES LUCRATIVE… SAUF POUR LE CONSOMMATEUR. Dans les faits, Ecolo a été le voyageur de commerce du lobby des « énergies alternatives », devenu un business colossal (voir ici). Pour faire accepter les panneaux solaires, Jean-Marc Nollet (Ecolo) a inventé les « certificats verts »… que le consommateur wallon paiera jusqu’en 2038 (voir ici). C’est ce que l’on a appelé la « bulle du photovoltaïque » qui aura explosé au visage de ses victimes.
On sait aujourd’hui que les éoliennes sont polluantes, déciment les populations d’oiseaux, au point de les faire disparaître (voir à ce sujet : éoliennes et biodiversité). On sait aussi qu’elles saccagent les sols. Le béton des socles qui les ancrent en terre connaît les mêmes dégradations que tous les bétons de construction. Quant au bruit des turbines pour les riverains, il est réel, même si les gouvernements ne s’en préoccupent guère, aveuglés encore une fois par leurs dogmes « écologistes ».
Pour le citoyen, la conséquence de tous les errements se sent dans le porte-monnaie. Après l’invention de la TVA (10 avril 1954), Ecolo a contribué à lancer une fiscalité « verte » qui étrangle un peu plus le contribuable wallon.
Ces nouvelles taxes n’ont en rien amélioré le service au public. Ce sont des millions qui n’ont pas servi à entretenir les centrales nucléaires, mais ont été investis dans des sources d’énergie alternative, qui ne pourraient en aucun cas se substituer au nucléaire. De plus en plus de voix s’élèvent contre la « transition énergétique » – ce qui a toujours été la position du PARTI POPULAIRE.
Et voilà pourquoi, en résumé, vous risquez de passer un hiver à la chandelle, tout en payant votre électricité plus chère que jamais, car nous sommes obligés de l’acheter (au prix fort) à l’étranger – malgré les dénégations de la ministre Marghem (MR).

 

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