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Le journal « La Libre », très marqué Ecolo en matière énergétique, a publié le 3 février un article « Opinion » d’un certain Tanguy Detroz. L’article, particulièrement stupide et mensonger, comparait le coût de l’éolien et du nucléaire, en oubliant l’intermittence de l’éolien. Il concluait que l’éolien n’était « que » 2 fois plus cher, en oubliant tout le pan de la compensation par centrales thermiques des absences de vent. Comme d’habitude, une véritable entreprise de désinformation. Avec La Libre, il n’y a pas de quoi s’étonner… 

Ci-dessous, le Professeur Claude Brasseur, mathématicien et chercheur, remet les pendules à l’heure…

Claude Brasseur

Les uns disent que l’éolien est LA solution pour l’avenir et qu’il vaut infiniment mieux que le nucléaire, qui serait beaucoup trop cher. Les autres constatent les nuisances éoliennes telles que le bruit, les infrasons, les effets stroboscopiques, la destruction de la nature et de l’environnement… le prix tragique du kWh fourni! Examinons ces deux sources d’énergie en nous limitant au prix.

Comparons l’éolien au nucléaire… même si, à vrai dire, cette comparaison n’a pas de sens puisque le kWh nucléaire est fourni selon nos besoins et que les bouffées de vent apparaissent selon les hasards de la météo et surtout quand on n’en a pas besoin. Et ceux qui prétendent créer une connexion entre pays proches feraient bien de voir les graphiques montrant que le temps est souvent fort semblable partout en Europe. En permanence, entre les bouffées de vent, on doit pouvoir disposer de centrales thermiques pour avoir quand même de l’électricité !

Centrale nucléaire de Tihange

Faisons comme si on ne comparait pas des chèvres avec des choux et comparons le coût du nucléaire au coût de l’éolien.

On estime généralement le coût de l’énergie produite par une centrale nucléaire à 20 €/MWh à la sortie de l’alternateur. Ce montant prend-il bien en compte l’ensemble des éléments ? Pour en juger, nous ne parlerons pas du prototype de 3e génération en construction à Flamanville qui évoque juste la sénilité d’Areva (1). Nous parlerons des centrales de 2e génération qui sont le fleuron de la Belgique et de la France avec de l’ordre de 1.000 MW et une durée de fonctionnement annuel de 8.000 heures, censées rester opérationnelles durant 40 ans. Aux USA ces mêmes centrales sont estimées devoir servir 80 ans et on arrive à une production totale de 640.000.000 MWh. Elles ont coûté environ 3 milliards d’euros. Le prix de production du MWh est de 6 euros.

Il faut être complet, tenir compte des 200 agents en activité permanente pour une centrale nucléaire et aussi des 500 travailleurs concernés par les grands entretiens et qui circulent entre les 58 centrales françaises. Cela donne environ 250 personnes en activité permanente par centrale et un coût de 12.500.000 euros par an à intégrer dans le coût du kWh, soit 1 milliard d’euros sur 80 ans. Nous arrivons à 4 milliards d’euros. Prévoyons le démantèlement de la centrale, même s’il n’y a jamais aucune urgence car elles peuvent dormir pour l’éternité une fois vidées de leur coeur. Evaluons cette opération à 3 milliards, le prix du neuf, et nous voici à 7 milliards arrondis à 8 pour les pièces de rechange et le combustible.

Finalement, EDF – ou ENGIE avec nos réacteurs belges – produit 640.000.000 de MWh sur 80 ans pour 8 milliards, soit 12,5€/MWh ou 1,25 cent le kWh. Bien sûr, si, pour satisfaire à une idéologie, comme le veut notre premier Ministre Charles Michel, la centrale est détruite à mi-vie, au bout de 40 ans donc, on arrive plutôt à 2 cent. CQFD

Pour cent bonnes et mauvaises raisons, ce kWh est payé 14 cent par le citoyen en France et le plus souvent 25 cent en Belgique.

Rappelons que les déchets nucléaires les plus gênants à gérer sont le carburant idéal des surgénérateurs en construction un peu partout dans le monde. Il y seront « brûlés ». La France et la Belgique pourront acheter les surgénérateurs à la Chine, la Russie, l’Inde, le Canada puisque nos pays perdent chaque jour un peu plus leurs compétences, compétences que la France offre « gratuitement » aux pays concurrents…

« Les éoliennes structurent le paysage »… En effet!

Face au nucléaire, examinons les éoliennes. Elles sont quasi toutes importées. Leur prix tourne autour de 1 million d’euros par MW avant installation et augmente progressivement du fait de leur gigantisme croissant qui impose des matériaux de plus en plus chers, de plus en plus rares. Ceci pour ne pas augmenter excessivement leur poids qui devrait augmenter comme le cube de leur diamètre alors que leur puissance augmente seulement au carré. Leur production réelle est équivalente à 1.500 heures par an (mesures présentées en permanence au public à Houyet en Belgique) même si la puissance varie sans cesse. On tient compte d’une vie de 15 ans. Notons qu’une éolienne pourrait durer 20 ans mais, comme des primes disparaissent après 15 ans, elle est remplacée par une nouvelle qui permettra d’engranger de nouvelles primes. Le gigantisme croissant oblige de les remplacer totalement, socle compris… et on laisse l’ancien socle à l’abandon. On peut estimer les frais d’installation à 500.000 euros et les frais annuels à 50.000 euros. Cela donne un MWh à 75 euros. Ce prix est en parfait accord avec le prix – ajusté chaque année – garanti par l’État français, qui est de 85 euros/MWh.

Le système permet aux promoteurs d’éoliennes – qui investissent de l’ordre de 1 % du prix de l’ éolienne – de récolter jusqu’à 1.000 % de bénéfice net annuel (2)

En conclusion, on voit que le prix de production brut du kWh nucléaire estimé entre 1,25 et 2 centimes est non seulement réel mais peu comparable aux prix de l’éolien. L’éolien coûte 7,5 centimes ou plus (en Belgique, il dépasse souvent 10 cent) et ce prix est payé pour une production imprévisible, le plus souvent à contretemps, quand on n’en a pas besoin… Et plus il y a d’éoliennes et plus réelle devient cette situation absurde. Cerise sur le gâteau, nous n’avons pas du tout pris en compte les énormes frais liés aux centrales thermiques qui accompagnent à 100 % les éoliennes pour compenser leur production fantaisiste !

C. Brasseur

(1) Lorsque les « Ecolos », le ministre Nollet en tête, ont appris que le premier ministre anglais, David Cameron, avait accepté de payer 100 euros le MWh – au lieu de 20 ! – pour la production de futures (!) centrales nucléaires AREVA, leur joie fut grande et, aujourd’hui encore, des personnes font des calculs sur base de cette valeur insensée.

(2) Calculs faits sur base de chiffres fournis par différentes entreprises et il faut préciser que les 1.000 % annuels sont exceptionnels. On est le plus souvent proche de 500%. Les banques et les actionnaires qui ont financé l’éolienne industrielle sont heureux avec 6 ou 8 % à la place de 0,1 % accordé au citoyen lambda par les banques..

 

 

 

           

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