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En évitant soigneusement un journalisme de réflexion, les médias encouragent le « fake » et participent de la montée des théories du complot.

Jeudi 9 février, 10 h, une « explosion » aurait été entendue à la centrale de Flamanville. On dénombrerait cinq morts, le pire serait à craindre. Tchernobyl n’a été qu’un prélude à l’apocalypse qui s’apprêterait à emporter la France dans un souffle atomique. L’histoire fait froid dans le dos. Ce n’est, en fait, qu’un conte noir qui fait fi de la réalité. Réseaux sociaux et médias en mal de scoops plongent tête baissée dans la fiction. L’information peut attendre…

La France est l’un des rares pays à être indépendant sur le plan énergétique. Un atout dont les bobos-écolos et amateurs de films catastrophe veulent se débarrasser à coups de fermetures de centrales. Il faut tout démanteler car la menace pèse, oppressante. Un discours catastrophique alimenté par des incidents dont la description vaudrait un Oscar du meilleur scénario catastrophe.

Ainsi, le 9 février dernier, un bruit sourd est entendu au sein de la centrale de Flamanville.

Un départ de feu est rapidement maîtrisé dans une zone non nucléarisée. Le réacteur numéro 1 est arrêté dans un souci de prévention totale après l’échauffement d’un ventilateur loin des réacteurs. Le préfet de la Manche déclare rapidement que « cinq personnes ont été légèrement incommodées par les dégagements de fumée ».

Une déclaration rassurante mais largement devancée par des réseaux sociaux devenus les jouets des activistes antinucléaires et de journalistes en mal de sensations fortes. Twitter est devenu le dépotoir des annonces les plus alarmantes : « On vous avait bien prévenus que le nucléaire est mortel ! » La preuve : les cinq personnes incommodées sont déclarées décédées dans les minutes qui suivent l’incident. Des photos d’incendies spectaculaires ayant eu lieu à l’étranger sont postées et la rengaine antinucléaire se fait entendre avec plus de force.

 

But de l’opération : faire peur et défendre une politique antinucléaire dont les conséquences dramatiques sur l’environnement se font déjà sentir en Allemagne. Le nucléaire est devenu le royaume de la « fake news », des avis et des réactions à l’emporte-pièce que les journalistes mettent bien longtemps à contredire. Au lieu de chercher à savoir ce qui se déroulait au sein d’une centrale dont les performances sont « globalement satisfaisantes », selon la très sérieuse Autorité de sûreté nucléaire, certains journalistes téléphonaient aux habitants des alentours pour leur annoncer une fin du monde programmée.

Et, comme chaque fois, les démentis les plus étayés des autorités compétentes arrivent trop tard pour qu’aucun doute ne s’insinue dans des esprits toujours plus prompts à craindre le nucléaire. La machine médiatique s’est encore emballée pour forger une réalité vendeuse.

En évitant soigneusement un journalisme de réflexion, les médias encouragent le fake et participent de la montée des théories du complot. Flamanville, ou comment une caste décrédibilisée justifie encore son existence. Il fallait y penser ! L’hystérie a encore de beaux jours devant elle.

Source: http://www.bvoltaire.fr/yoanngaubert/nucleaire-medias-reseaux-sociaux-hysteriques,315357?

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