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Le Peuple a souvent comparé les aides ou allocations accordées aux migrants (demandeurs d’asile ou non), soit 2.225 euros par mois, au montant famélique des pensions, dont la moyenne arrive à peine à 1.176,27 euros (voir : https://www.onprvp.fgov.be/FR/profes/news/Pages/default.aspx). Le Peuple avait faux. Selon le ministère de la Justice, le coût moyen d’un demandeur d’asile est de 4.226,7 euros par mois !

Nos chiffres (2.225 euros par mois) se basaient cependant sur un rapport de la Cour des Comptes (https://www.courdescomptes.be/Docs/2017_41_DemandeursdAsile.pdf), daté d’octobre 2017. Cela donne un montant de 27.068 euros par an, alors qu’un pensionné peut compter sur une moyenne de 14.400 euros annuels (y compris, le cas échéant, un pécule de vacances… qui permet de prendre le train en aller simple…).

1.LA COMPARAISON DEMANDEURS D’ASILE/PENSIONNES EST VALABLE. Lorsque nos chiffres et comparaisons furent publiés (et repris, sans citer la source), les Belles Consciences furent en émoi. Et inventèrent une argumentation destinée à démonter nos arguments.

Pures inventions, en effet, car une fois encore, il s’agissait de tordre le cou aux chiffres et leur faire dire le contraire de ce qu’ils démontraient. Et cela, malgré le sérieux des rapports de la Cour des Comptes !

Il en fut ainsi de la part de Mieke Candaele (porte-parole et Fedasil et… ancienne journaliste à TV Brussel, devenu Bruzz – bonjour, l’indépendance journalistique…). (voir : https://www.fedasil.be/fr/propos-de-fedasil/budget). Selon elle, 2.255 euros, « c’est  le coût le plus cher, pas la norme« . Pas de précisions sur le nombre de « coûts les plus chers » et, au passage, signalons que nos chiffres ne sont pas contestés par Fedasil.

Autre critique : la comparaison demandeurs d’asile/pensionnés « ne tient pas », puisque selon Candaele, « il y a beaucoup de pensionnés que de demandeurs d’asile » (repris dans Knack, knack.be) – encore heureux !

Pour une comparaison,  en voilà une qui vaut son pesant de naïveté. Meme un expert y va de son laïus : Johan Wets affirme que le part compare des pommes et des poires. « Le montant de la pension aboutit dans portefeuille du pensionné, le montant des coûts d’accueil n’atterrit pas dans celui du demandeur d’asile » (Johan Wets, de la KUL, cité dans https://www.Le Vif/L’Express – levif.be/actualite/belgique/factchecker-non-un-demandeur-d-asile-ne-coute-pas-2255-euros-par-mois/article-normal-881457.html?utm_campaign=Newsletter-RNBDAGLV&utm_medium=Email&utm_source=Newsletter-23%2F08%2F2018).

Et une opinion dans le site DaarDaar (consacré à la traduction de journaux flamands) estime le coût des demandeurs d’asile à « une goutte d’eau dans l’océan des paradis fiscaux » (voir : daardaar.be/rubriques/opinions/cout-de-laccueil-des-demandeurs-dasile-une-goutte-deau-dans-locean-des-paradis-fiscaux/). Un chef d’oeuvre de comparaison entre des pommes et des poires.

2. LA PENSION EST UN DROIT, PAS UNE ALLOCATION. La seule comparaison que journalistes et experts ne citent pas : la pension est un droit ; l’allocation ne l’est pas. Une pension s’obtient après avoir travaillé toute une vie et se calcule d’après le nombre d’année de  cotisation.

Une allocation pour demandeur d’asile est une charité présentée par l’Etat belge à des personnes qui n’ont jamais cotisé et ne cotiseront jamais, puisqu’il ne leur est jamais demandé de rembourser les faveurs accordées. La même Mieke Candaele le reconnaît sans s’en rendre compte :  » (…) l’accueil de ces demandeurs d’asile est évidemment relativement limité dans le temps. (…) la durée de séjour moyenne est de 9 à 12 mois » cité par Knack).

En attendant, 2.255 euros se seront volatilisés sans espoir de retour. Et comme par hasard, le coût de l’asile est le plus élevé en Région bruxelloise, socialiste faut-il le rappeler.On y travaille « en partenariat avec un privé », Synergie 14, qui facture 74,16 euros par jour et par demandeur d’asile (chiffres de 2015). Contribuables, à vos poches !

3. LE VRAI CHIFFRE : 140,89 euros par jour. Mais reconnaisson-le : nos chiffres n’étaient pas les bons. Nous avions fait confiance à la Cour des Comptes ; nous aurions dû nous adresser aux acteurs de terrain.

Et à un acteur, qui connaît la vérité des chiffres : le ministère de la Justice. S’il est une comparaison qui tient la route, c’est bien celle entre un détenu et un demandeur d’asile, nécessitant tout autant le coût d’hébergement, de surveillance et d’administration. Et là, le porte-parole du ministère, Olivier Michiels, est formel : « En 2017, globalement 140,89 euros par jour« .

Si nos calculs sont exacts, à raison d’une moyenne de 30 jours par mois, on arrive au total de 4.226,7 euros par mois, soit 50.720,4 à l’année. Certes, le demandeur d’asile ne perçoit pas la totalité de cette somme, mais elle représente nettement plus que la gestion du dossier d’un pensionné.

Ces chiffres extravagants indiquent clairement qu’un changement de politique se révèle indispensable et urgent. Cela implique la politique de migration zéro, de coupes dans les dépenses pour cette migration, dont de l’aveu même des responsables belges, elle est temporaire et n’apporte rien à la Belgique. Cela implique aussi un redéploiement des dépenses et une politique des pensions plus justes et selon la philosophie « nos citoyens d’abord ». Et, par la même occasion, une réflexion sur la politique des prisons : pourquoi ne pas exiger des prisonniers qu’ils paient leur emprisonnement plutôt que de le mettre à charge des citoyens honnêtes ? 

D.K.

Le tableau comparatif des pensions en Europe a été établi selon les informations disponibles sur le site d’Eurostat (ec.europe.eu/eurostat/statistics-explained/index.php/Social_protection_statistics/fr).

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