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Jean-François Mitsch, le conseiller communal « affilié PS » mais très indépendant de Genappe a de la suite dans les idées. C’est un spécialiste des énergies dites renouvelables qui promeut l’éolien industriel (une erreur), mais sur le reste des dossiers énergétiques, les positions de ce diable d’homme sont très intéressantes.

Jean-François Mitsch, conseiller communal PS d’opposition à Genappe est aussi le patron de la coopérative Enercoop

C’est lui qui a tiré la sonnette d’alarme sur l’intercommunale ORES, comparant justement ses structures avec celles de Publifin et dénonçant la politisation de la direction dirigée par Fernand Grifnée (PS). C’est lui aussi qui dénonce la vente de parts à Engie-Electrabel pour 200 millions, une somme jugée beaucoup trop faible par plusieurs experts.

N’en restant pas là, J.F. Mitsch a voulu innover en matière de démocratie et a organisé une première en Belgique – un conseil d’administration virtuel d’ORES, composé de citoyens, se réunissant en même temps que le vrai conseil, pour vérifier si les citoyens votent comme leurs élus…

Une première en Belgique: « Et si nous votions à la place de nos élus dans l’intercommunale ORES et les intercommunales de financement SEDIFIN – Sofilux – FINIMO – FINEST – IDEFIN – IPFH – IEG ? »

Jean-François Mitsch pose les bonnes questions et s’étonne que certains représentants communaux siégeant dans les « comités de secteur » parviennent à décider en n’ayant reçu quasiment aucune information de la direction d’ORES…

Pour Mitsch et ses partisans, de lourdes questions se posent dans ces intercommunales, qui restent sans réponse. Quelques 200 millions d’euros auraient été payés en trop à Electrabel entre 2015 et 2016 et c’est indirectement la facture du consommateur qui paye cette note salée parce que certains de vos élus n’auraient pas pris connaissance de tous les éléments du dossier avant de voter aux assemblées générales et aux conseils d’administration. L’affaire #Electragate / #ORES, et peut-être PUBLIFIN, a montré un déficit démocratique au niveau de ce qui se passait dans les intercommunales.

Aux assemblées Générales, le rapport d’activité, les comptes, le rapport du réviseur et les décharges aux administrateurs sont généralement approuvés sans exposé au conseil communal et sans débat. L’enquête ouverte par les ministres Lacroix et Dermagne va compléter l’information judiciaire ouverte à Nivelles dans ce dossier.

Les candidats-citoyens-votants s’étaient donné rendez-vous sur le site www.toute-la-lumiere.be

La question était « que voteriez à l’Assemblée ? OUI, NON, ou abstention sur – le rapport d’activité – les comptes – le rapport du réviseur – les décharges aux administrateurs – la modification des statuts »

L’Assemblée générale virtuelle s’est prononcée hier jeudi 22 juin. En quelques jours, 429 citoyens se sont mis à la place des administrateurs des intercommunales et ont voté l’approbation des comptes, la décharge des administrateurs, la décharge du réviseur et la modification des statuts d’Ores Assets.

Premier constat, qui saute aux yeux : la majorité des répondants a plus de 56 ans (51%). Si on additionne avec la tranche d’âge 46-55 ans, 3 votants sur 4 ont plus de 46 ans (75,7%) ! Les moins de 35 ans ne représentent que peu de votants ; un écart générationnel qui marque peut être le manque d’intérêt des jeunes pour la chose publique ou semi-publique.

Parallèlement, c’est, à 71,8%, des hommes qui ont répondu. Le vote « virtuel » est donc, en soi, assez représentatif de la sous-représentation des femmes parmi les dirigeants politiques.

Sur les comptes annuels et la décharge aux administrateurs, les votants sont plus de 90% à voter NON. L’Assemblée générale virtuelle refuse d’accepter, sans autre explication, ce que présentent les administrateurs. Des questions se posent et, contrairement aux élus locaux, les citoyens demandent davantage d’explication avant d’approuver les comptes et de décharger les administrateurs de leur responsabilité.

La répartition des « Abstentions » et des « Oui » est assez similaire : autour de 5% d’abstention et de 2% de Oui. L’avis concernant les réviseurs est légèrement moins tranché: 9,6% approuvent leur décharge. Pour mémoire, J.F. Mitsch a porté plainte à Liège dans l’affaire Publifin, contre les réviseurs des entreprises de la constellation Publifin ; ce sont pour la plupart des créatures du PS…

Ces résultats ne permettent néanmoins pas de dire si le refus porte sur le fond (le contenu des nouveaux statuts), ou sur la forme (deux CA « en miroir » entre Ores Assets, public, et Ores Scrl, privé).

Le sondage a été réalisé entre le 15 et le 22 juin, 429 personnes ont exprimé un vote complet. Ils ne font pas partie d’un panel représentatif, mais ces résultats illustrent l’expression de citoyens wallons sur base d’une mobilisation des réseaux sociaux initiée par la plateforme www.toute-la-lumiere.be.

La répartition géographique semble par contre bien respectée sur le territoire wallon :

Cette approche originale a le mérite de mettre les citoyens (et les élus) devant des conditions de vote « quasi identiques » aux votes de nos élus en conseil communal (c’est-à-dire avec « peu » d’information et souvent « très peu »). Ces résultats donneront une première indication aux élus.

Un exemple original de démocratie participative. Si elle devient plus significative, en évitant d’être un NON politique aux élus quoi qu’il arrive, cette forme originale de sondage, peut devenir intéressante. Ca bouge en politique !

C.T.

Plus d’informations : faire@toutelalumiere.be    www.toute-la-lumiere.be

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