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« On peut se demander pourquoi, concernant l’énergie nucléaire pacifique, des erreurs grossières circulent constamment« . Telle est la question posée par un collectif d’ingénieurs dont la compétence ne peut être remise en cause. Leurs conclusions rejoignent, avec la force de la science, une position que le PARTI POPULAIRE a été le seul à défendre depuis des années : le nucléaire est une énergie propre (contrairement aux centrales utilisant des énergies fossiles), basée sur le long terme et respectueuse des coûts demandés aux consommateurs, qu’il s’agisse d’individus ou d’entreprises.

Nous vous livrons ici le texte que les signataires (leurs noms figurent au bas de l’article) tiennent à porter à notre connaissance. Nous le publions in extenso (les passages en caractères gras sont de notre fait).

Le texte du collectif d’ingénieurs

On lit souvent dans certains journaux, et on entend parler à la radio de « fissures » des cuves de nos réacteurs. Alors qu’à l’issue de tests réalisés avec grand soin, le rapport de l’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire a été formel : il n’y a pas de fissures. Les micro-défauts présents au sein de l’acier des cuves dès le forgeage n’ont pas bougé en 30 ans. Ces inclusions ne peuvent pas se transformer en déchirures de surface.

On entend aussi dire couramment à propos de Fukushima que ce fut une « catastrophe nucléaire ». Certes lorsque le tsunami avait dévasté les canalisations de refroidissement de la centrale, on a craint que cela conduise à une catastrophe nucléaire. Mais celle-ci a été ÉVITÉE. La décision d’évacuer la population avoisinante était justifiée, mais les dégagements de radioactivité de la centrale endommagée n’ont jamais été très importants; on aurait pu rapatrier la population après un an et non 3 ans. Par contre la catastrophe bien réelle, due au raz-de-marée, avait directement tué près de 20 000 personnes en quelques jours.

Comment est-il possible de laisser circuler de telles erreurs ? Respectons donc la vérité, ne la déformons pas !

Or beaucoup de gens croient ces mensonges répétés. Notamment ceux qui croient les messages de certains porte-parole de Greenpeace. Cette organisation avait été créée pour lutter contre les armements nucléaires, à bon droit. Certains de ses membres ont confondu, et continuent à confondre les effets de l’énergie nucléaire pacifique avec ceux du nucléaire militaire.

Réfutons ces erreurs

Dans les pays où la discussion a été plus soutenue et plus raisonnée, des dirigeants de Greenpeace ont reconnu publiquement l’erreur. Ainsi en Grande-Bretagne dès 2010, ils ont écrit dans les journaux s’être trompés sur l’énergie nucléaire pacifique. D’autant plus que celle-ci est bien gérée (y compris le traitement des sous-produits et des déchets), et qu’elle ne produit pas de CO2 ni d’autre gaz à effet de serre.

La Grande-Bretagne a décidé la construction de nouveaux réacteurs ; 10 sont programmés, 2 sont en cours de construction. Le gouvernement a mis au point un accord original et courageux avec les constructeurs selon lequel, un prix de vente probable de l’électricité étant estimé pour les années à venir, si le prix est supérieur à cette valeur, les producteurs rembourseront l’Etat du surplus, et s’il se révèle inférieur, c’est le contraire : l’Etat complétera. Notons que le même système s’appliquera aussi aux énergies dites alternatives. Le désastreux système de subventions appelées ‘certificats verts’ est abrogé.

En Finlande, pays qui prépare la mise en service d’un grand réacteur EPR et lance les appels d’offres pour construire un autre réacteur, l’opinion publique est tout à fait favorable au nucléaire, notamment du fait que le site de dépôt en profondeur des déchets radioactifs a été approuvé et est en cours de construction. Dès lors, là aussi un dirigeant finlandais de Greenpeace s’en est récemment félicité.

La situation est comparable dans le pays voisin, la Suède. Le gouvernement suédois, actuellement rouge-vert, a supprimé il y a 3 ans une taxe sur l’électricité d’origine nucléaire, et il a indiqué depuis que la poursuite de la construction de réacteurs était indispensable.

Il faut souligner que la Suède est avec la France le pays européen qui produit le moins de CO2 grâce à un parc électrique basé sur l’addition nucléaire + hydraulique (pour près de 50-50 %). Il faut souligner aussi que la Suède avait adopté après Tchernobyl une loi prévoyant l’arrêt du nucléaire ; en 2005 cette loi a été abrogée !

La France a les mêmes excellentes références, elle qui table sur 75% de nucléaire et 15% d’hydraulique pour son électricité. On sait comment son ministre de l’Ecologie Hulot a repoussé aux calendes grecques la réduction d’un tiers de la production nucléaire qui avait été négligemment votée par le gouvernement précédent. Depuis le président Macron a déclaré arrêter dès que possible les dernières centrales au charbon.

Donc au classement européen des pays produisant le moins de CO2 par électricité on trouve, loin au premier plan, la Suède et la France. En troisième place vient la Finlande. Et la Belgique ? Elle est quatrième, elle qui produit 60% de son électricité par le nucléaire.

Grossières déviations

Parmi les plus gros producteurs de CO2 en Europe par tête d’habitant, on trouve le Danemark (qui utilise beaucoup de charbon et d’éoliennes) et l’Allemagne. Celle-ci est en chiffres absolus le pire producteur ; depuis 2011 lorsqu’elle s’est empressée d’arrêter une moitié de ses réacteurs et de brûler davantage de charbon et de lignite, l’Allemagne a beau construire éoliennes et panneaux photovoltaïques, elle ne parvient pas à réduire sa production de CO2. Remplacer le nucléaire par le charbon et continuer à parler de lutte contre le changement climatique, comme hypocrisie il est difficile de faire plus fort ![2]

Et internationalement ?

Le parti-pris négatif vis-à-vis du nucléaire qui existe en Europe contraste avec le climat international. Plusieurs pays construisent massivement de nouvelles centrales : la Russie, l’Inde et surtout la Chine. Celle-ci qui possède 20 réacteurs en activité est en train d’en construire 30. Elle vient de mettre en service l’AP-1000, un réacteur de conception américaine dit de 3e génération, d’une sécurité accrue. Elle a aussi démarré le premier de ses deux EPR, de 3e génération aussi et de conception française, avant que ne démarrent les autres EPR construits en Finlande et en France. On notera au passage qu’en Grande-Bretagne, les 2 réacteurs EPR en construction voient la coopération d’EDF-UK et d’une société chinoise …

Conclusions

Il est temps de rétablir la vérité sur le nucléaire :

La Belgique veut-elle que son électricité soit produite en toute sûreté et de manière respectueuse de l’environnement ? Qu’elle s’inspire des bons exemples, pas des mauvais !

Que tous les partis se préparent à tenir un vrai débat sur ces questions après les élections !

Pilate S., Glibert R., Hendrickx P., Marlot J., et Van Goethem G.

(Collectif d’Ingénieurs bien informés, une trentaine d’ingénieurs de tous secteurs)

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