Print Friendly, PDF & Email

On peut voir ce que l’on veut dans les résultats des élections législatives aux Pays-Bas (13 millions d’électeurs). L’éparpillement politique (28 formations) en un grand nombre de petits partis, allant jusqu’aux « plus de 50 ans » et aux animaux rend la tâche de constituer un gouvernement particulièrement difficile.

Pour toute la presse bien-pensante, pour la Commission européenne et Jean-Claude Juncker, pour Angela Merkel, c’est le grand soulagement: « la progression de l’extrême droite est arrêtée ».

Pour Geert Wilders, c’est une victoire avec un gain de 8 sièges, mais il n’est pas, comme il l’espérait, le premier parti aux Pays-Bas, la chute du VVD du Premier ministre n’est pas suffisante…

En effet, Geert Wilders et son PVV n’ont gagné « que » 8 sièges (20 au total – une très belle progression – Ndlr), alors qu’on le prédisait premier parti et de loin au début de la campagne électorale.

Pourquoi? Ce n’est pas très compliqué:

1) le Premier ministre sortant, Mark Rutte, a retourné son pantalon sans honte dans le dernier mois. Il a repris « texto » le programme de Wilders sur l’immigration et se montre désormais très dur sur l’islam. Il se déclare encore pro-européen, mais « uniquement lorsque cela servira les Pays-Bas ». Même les sociaux-chrétiens du CDA (ex-aequo avec Wilders) font enfin preuve d’une plus grande fermeté dans leur programme!

2) Le bras de fer avec la Turquie d’Erdogan a aidé Mark Rutte qui se donne une stature de fermeté face aux islamistes à peu de frais, au dernier moment. Cela lui a sûrement donné 2 ou 3 sièges.

3) Geert Wilders s’est réfugié derrière son Twitter pendant la campagne, refusant de participer aux débats TV (sauf le dernier face à Rutte) alors que c’est la seule période pendant laquelle tous les Hollandais s’intéressent à la politique. Erreur nette.

4) Le rouleau compresseur de la presse bien-pensante n’a pas cessé de tirer sur le « mauvais populisme » de Trump, présenté comme un clown et prévenant les Néerlandais que ce serait le chaos avec Geert Wilders: une belle entreprise de diabolisation comme partout ailleurs en Europe où la Droite dure est présentée comme l’ennemi anti-démocratique. C’est Wilders qui est dangereux, pas l’islamisme…

5) Tous les jeunes qui ne votent en général pas, ont été voter pour répondre à la diabolisation de Geert Wilders et leur vote est allé aux écologistes de GL qui passent de 4 à 16 sièges. La participation au scrutin a été très élevée (81%).

On peut donc considérer que c’est une superbe victoire des idées de la Droite dure sur l’Islam, sur l’immigration, sur la sécurité, sur la fiscalité, sur l’Europe. Le VVD (conservateurs) de Mark Rutte perd lourdement en passant de 40 à 31 sièges, mais reste le premier parti (comment la presse belge peut-elle parler d’une victoire de Rutte?! – Ndlr). Avec le programme de Rutte copié en grande partie sur celui de Geert Wilders, on peut additionner les sièges du VVD et du PVV de Wilders, et on arrive à 50 sièges, le tiers du parlement, qui défendra des idées fermes sur les thèmes de Wilders. Belle victoire pour les idées de Droite!

Après le Brexit au Royaume-Uni et la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine, les thèmes identitaires et la fierté nationale reprennent le dessus aux Pays-Bas.

Pour Mark Rutte (à l’avant plan, devant Geert Wilders au cours du dernier débat de la campagne), la tâche s’annonce très difficile: former un gouvernement à 4.

Pour le formateur futur, Mark Rutte, le boulot va être très difficile. Pour la première fois aux Pays Bas, il faudra une coalition de 4 partis pour parvenir à former un gouvernement. Dommage que la tentative de gouverner ensemble avec le PVV de Wilders ait échoué dans le passé et que ce soit devenu impossible. Les deux hommes, Rutte et Wilders, ne peuvent plus se sentir. En tout cas, malgré les commentaires émus des journaux francophones belges, cela n’augure en rien du scrutin français de mai…

Pour rappel, aux Pays-Bas, les islamistes tuent et l’Etat Islamique a mis à prix la tête de Wilders. Le PVV a dû renoncer à un Congrès, les coûts de sécurité pour se protéger des islamistes étant trop élevés. C’est ça l’Europe du « Vivrensemble » aujourd’hui…

L.R.

Commentaires