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C’est un article de la DH qui nous l’apprend : le PS et le MR ont menti aux Bruxellois et ont volontairement sacrifié les petits commerces des boulevards et des rues adjacentes du centre-ville. Un vaste projet immobilier qui livre le centre de Bruxelles aux promoteurs. Et c’est le contribuable qui paie la note : plus de 200 millions d’argent public.

En quelques phrases, l’échevin bruxellois de l’Urbanisme, Geoffroy Commans de Brachène (MR), dévoile tous les mensonges que le PS et le MR nous ont servis pendant des mois.

Cela fait des mois que Le Peuple l’affirme : « Le piétonnier de Bruxelles n’est rien d’autre qu’une opération immobilière. Rien à voir avec les discours sur la qualité de l’air, la réappropriation de l’espace public et autres billevesées« . Cela nous a valu les quolibets, les fausses indignations et les insultes des proches d’Yvan Mayeur (PS), d’Ilse Ampe (MR-OpenVLD) et quelques-uns de leurs obligés.

Et pourtant…

1. L’AMENAGEMENT DU PIETONNIER, 10 FOIS PLUS CHER QU’ANNONCE. On parlait de 2 millions pour les travaux de transformation des boulevards du centre en piétonnier. La facture finale s’élèvera à 20 millions. mais il s’agit encore d’une annonce. On connaît ce genre d’annonces dans le domaine des travaux publics : il faut, en général, la multiplier par 3 pour obtenir le coût réel. En l’occurrence, 60 millions, pris dans la poche du contribuable bruxellois – non seulement de la ville, mais des 19 communes, puisque Beliris, structure régionale dirigée par Didier Reynders (MR), a repris l’organisation des travaux. 60 millions d’euros, exagéré ? Un petit exemple : il a fallu refaire le revêtement d’une partie du piétonnier, car les pavés avaient été posés à l’envers ! Cela se traduit par heures de travail supplémentaires, retards pour la suite des travaux, etc…

2. PS ET MR ONT CHASSE LES PETITS COMMERCES. Dès l’instauration du piétonnier (28 juin 2015), on a vu les enseignes fermer les unes après les autres. Des commerces, présents, pour certains, depuis des décennies, avec une clientèle fidèle, déjà rebutée par les embarras de circulation imposés par le duo Mayeur/Ampe avant l’inauguration du piétonnier. Aujourd’hui, Geoffroy Coomans de Brachène (MR) l’avoue en toute candeur : il fallait libérer le terrain pour que les promoteurs immobiliers puissent agir en toute quiétude. Citation : « Aujourd’hui, nous évaluons à plus de 830 millions d’euros le montant investi par le public et le privé dans des projets immobiliers sur les boulevards du centre » (DH, 22/05/2018). Tant pis pour les commerçants poussés à la faillite. Place aux « gros investisseurs », tel AG Real Estate, toujours très en cheville avec la majorité PS/MR à la ville de Bruxelles…

3. ARGENT PUBLIC : CA S’ENVOLE ! Il n’y a pas que l’aménagement du piétonnier à fouiller la poche du contribuable. Les 20 millions annoncés (voir plus haut) doivent permettre de présenter une image alléchante du centre-ville pour les investisseurs potentiels. Un moment, on a même parlé de l’arrivée des Galeries Lafayette, mais c’était un bobard à la Mayeur… A ces millions s’ajoutent des centaines d’autres, toujours levés grâce à l’argent du citoyen : une somme de 277 millions d’euros que le secteur public apporte aux 510 millions venus du secteur privé. On avoisine les 830 millions d’euros qui, faites confiance aux partis traditionnels, dépasseront au final le milliard. L’anormalité, c’est que le contribuable contribue pour un tiers dans cette opération immobilière fumeuse. Cet argent est réellement investi, effectivement dépensé. Pour le secteur privé, rien n’est moins sûr. Et de toute manière, le terrain a été préparé avec de l’argent public, mais les bénéfices iront au secteur privé, c’est-à-dire, des sociétés étrangères, pour la plupart, qui ne paient pas d’impôts (ou si peu…) en Belgique. Le Bruxellois est floué sur toute la ligne, et au moins trois fois !

4. LA COMPLICITE PS/MR. Cette combine n’a pu voir le jour que grâce à la complicité entre le PS et le MR. Elle apparaît avec une clarté aveuglante. Au départ, il s’agissait d’un marché : le PS abandonnait le projet « Stade National » au MR, mené par Alain Courtois. En échange, le MR offrait le projet NEO au PS. Pour le piétonnier, il s’agissait d’un gentleman’s agreement : le projet offrait de juteuses perspectives (l’immobilier) propres à satisfaire tant le PS que le MR. L’échec du Grand Stade a nourri l’amertume du MR, bien décidé à faire payer ce couac par le PS. Ce n’est pas un hasard si des informations très gênantes à propos de NEO commencent à filtrer dans la presse… qui aurait lieux fait de lire Le Peuple, où toutes les entourloupes (Henri Dineur and Co) ont été passées en revue… Manifestement, le MR tente de reprendre la main dans le projet piétonnier et de s’en attribuer les bons côtés. A moins que cela fasse partie de l’accord secret qui lie PS et MR pour une coalition après les élections communales ?

Mais tout cela se machine à l’insu du citoyen bruxellois et contre ses intérêts. Car il faudra du temps pour redorer l’image de la capitale et donner envie aux gens de venir y habiter. Les investisseurs entendent bien proposer des logements de haut standing… à un jet de pierre, si on ose dire, de quartiers aussi séduisants que l’îlot Chicago, la rue de Laeken, où les femmes et les homos se font régulièrement agresser. Et si Ecolo donne son avis, il exigera la « mixité », c’est-à-dire des appartements de luxe côtoyant des immeubles d’habitations sociales. Et si le PS se retrouve dans l’opposition, après octobre 2018, il rejoindra les exigences d’Ecolo et DéFI !

Ce piétonnier risque de piétiner encore longtemps…

A.D.

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