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Pourquoi les politiciens respectent-ils si rarement leurs promesses électorales ? En partie parce que les journalistes ne veulent bien les leur rappeler que quand ça leur convient.

Au matin du 6 décembre, RTL Info nous a livré un nouvel exemple d’objectivité journalistique et de pluralisme, en se joignant au concert médiatique anti-Trump. Sur sa page Facebook, le média de propagande d’information a partagé un article au titre univoque « Trump reconnaît Jérusalem comme capitale d’Israël : il n’a écouté que lui-même et fait déjà face aux conséquences de son acte », accompagné d’un commentaire, tout aussi tranché : « Pourquoi a-t-il fait ça alors que même le Pentagone et la CIA étaient contre ? Dans un but purement électoraliste ».

L’accusation est lancée. Contre l’avis de tous, le vilain Trump-qui-n’en-fait-encore-qu’à-sa-tête embrase le Moyen-Orient pour plaire à une obscure coalition de juifs conservateurs et de chrétiens évangélistes (des religieux, et de droite en plus, vous rendez-vous compte ?). A vrai dire, celui qui voudrait entendre un autre son de cloche dans les médias francophones belges serait bien en peine d’en trouver un : il aura droit, tout au plus, à l’interview de l’ambassadrice d’Israël en Belgique, Simona Frankel, qui rappelle platement sur les ondes de la RTBF que le Président américain n’a fait que reconnaître un état de fait. Like it or not, mais Jerusalem rassemble tous les centres de décision d’Israël. C’est la définition même d’une capitale. Et la décision de déménager l’ambassade américaine à Jérusalem date de… 1995, c’est-à-dire sous la présidence démocrate de Bill Clinton, dont toute la presse subsidiée vantait naguère les énormes qualités de son épouse Hillary !

Mais revenons à nos moutons belgo-belges. Comme l’accusation récurrente de « populisme », l’accusation d’« électoralisme » traduit l’esprit du temps. Ou plutôt l’esprit de la caste politico-médiatique qui le domine. De la même manière que le mot « populisme » contient le mot « peuple », le mot « électoralisme » contient le mot « électeur ». Vous qui pensiez bêtement que la démocratie, c’était le gouvernement du peuple par et pour le peuple (demos en grec ancien), vous savez maintenant que la démocratie doit en réalité se passer du peuple, sinon c’est du populisme, et le populisme c’est méchant parce que tout le monde le dit, un point c’est tout.

C’est le même ressort qui est à l’œuvre dans l’accusation d’« électoralisme ». Qu’est-ce que l’électoralisme ? Préférer respecter une promesse électorale plutôt qu’écouter les avis autorisés de la presse, des experts et de la « communauté internationale ». Après avoir effacé le peuple (dans les manuels d’Histoire, dans les discours politiques, dans les flux migratoires), la caste médiatico-politique aimerait dorénavant se débarrasser de l’électeur. Malheureusement pour RTL Info & co., la première démocratie du monde en a décidé autrement.

N.T.

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