Print Friendly, PDF & Email

11,82 % moins chères en Allemagne, 11,42 % moins chères aux Pays-Bas ; 8,34 % moins chères en France : pourquoi le Belge doit-il acquitter un prix plus élevé dans les grandes surfaces que ses voisins frontaliers ?

Plusieurs explications sont avancées. L’une d’entre elles vise la fiscalité à la belge. En dépit des grands discours des partis traditionnels, taxes et accises restent à un niveau trop élevé. Ces mesures sont des impôts déguisés qui pénalisent le consommateur belge et entament lourdement son pouvoir d’achat.

Au coeur d’une économie mondialisée, la Belgique représente un très petit marché. Sa chance : une population industrieuse, qui gagne sa vie; Mais cet avantage est grevé par le fait que le Belge est celui qui paie le plus d’impôts, en comparaison avec les pays qui l’entourent.

Petit marché, pouvoir d’achat handicapé par les ponctions fiscales : autant de raisons de regarder notre pays avec une certaine méfiance.

Car, outre son étroitesse territoriale, la Belgique a laissé filer tous les centres de décision à l’étranger, et notamment en ce qui concerne la distribution. Les plus anciens de nos lecteurs se souviendront avec nostalgie de grandes enseignes : le Bon Marché, les Galeries Anspach, le magasin de la Bourse, Sarma, Nopri, A l’Innovation, mais aussi GB… Rien que des noms bien de chez nous, créés par des entrepreneurs belges.

Aujourd’hui, Sarma, Noprix, le Bon Marché, la Bourse, les Galeries Anspach ont disparu ; l’Innovation est canadienne après avoir été vendue aux Allemands, GB est devenu Carrefour, Delhaize est sous contrôle hollandais. Seul Colruyt conserve un ancrage belge.

Pour une entreprise comme Carrefour, originaire de France, la Belgique est un marché moins lucratif que certains départements d’outre-Quiévrain. Quand on vise un marché de 67 millions d’âmes (la France), avec une seule langue (!), c’est autre chose que 11 millions de Belges. Même raisonnement pour l’Espagne ou l’Italie. Et comme les décisionnaires sont français, ils n’ont qu’une sensibilité modérée pour la Belgique.

Un petit marché demande, toutes proportions gardées, autant d’investissements que celuid’une aire nettement plus vaste. Pour ne donner qu’un exemple : un dépôt frigorifique affiche le même prix d’achat et d’entretien en France ou en Belgique – mais les profits qu’il espère générer sont plus avantageux chez la première que chez la seconde.

Donc, l’amortissement sera plus lent en Belgique. Mais comme l’économie mondiale actuelle est basée sur un return rapide, il se peut que le décideur français soit amené à hausser les prix en Belgique.

Il n’en reste pas moins que notre pays se distingue par une fiscalité folle et décourageante.

On le voit avec les quelque 25 centres de distribution qui évitent scrupuleusement la Belgique pour s’installer à ses frontières, des Pays-Bas à la France !

Nous n’évoquerons pas l’agitation syndicale, véritable repoussoir pour les investisseurs. Qui ne doivent guère apprécier le discours du PTB, se réjouissant de l’installation de Zalando aux Pays-Bas et… de la perte de 1.500 emplois…

Le programme du Parti Populaire fera disparaître la disparité des prix dans les grandes surfaces, par rapport à l’étranger. Il y a moyen de payer un produit le même prix en Belgique qu’à Lille, Sluis ou Cologne. Le PP donne les voies à suivre pour y arriver. C’est du concret, du solide, du faisable. Et la bière restera toujours moins chère en Belgique qu’en France !

A.D.

Commentaires