Print Friendly

Le travail de M. Macron, candidat à la présidence de la France, rendu très tard, se caractérise par un verbiage creux qui cache mal l’influence du pédagogisme et de la technocratie.

L’intitulé du volet « Éducation » du candidat Macron est alléchant : « Pour une école qui garantisse la réussite de tous et l’excellence de chacun. » Ça sonne bien et c’est consensuel. Hélas, le contenu, s’il reste clinquant, fait un peu toc et creux.

Primaire : M. Macron veut, lui aussi, donner la priorité aux fondamentaux (lire, écrire, compter). La mesure proposée de diviser les effectifs d’élèves par deux en CP et CE1 dans les zones d’éducation prioritaires peut être intéressante. La proposition de stages de remise à niveau en fin de vacances scolaires est plus un gadget. Son coût n’est pas chiffré et on risque fort d’avoir une offre en décalage avec le besoin. Dans les zones difficiles, les élèves en auraient peut-être besoin mais il n’est pas certain qu’il y ait beaucoup d’enseignants volontaires pour allonger le premier trimestre avec les élèves les plus difficiles. À l’inverse, dans les écoles plus favorisées, il y aura sans doute peu de parents pour écourter les vacances de leurs enfants, qui n’ont pas forcément besoin de remise à niveau, et plus d’enseignants volontaires pour améliorer leur salaire. M. Macron parle, par ailleurs, de « faire évoluer les pratiques pédagogiques » et de « développer les supports numériques ». Il montre par là sa soumission au pédagogisme et à l’illusion numérique. 8/20.

Secondaire : on retrouve pour le secondaire la propension aux phrases générales et creuses. M. Macron propose le renforcement du soutien et le retour des études dirigées. Celles-ci encadrées par des étudiants ou des bénévoles. Pour pallier le manque de volontaires, le candidat propose d’y obliger les étudiants dans le cadre de leurs études.

On comprend qu’en dehors des villes universitaires, il y aura pénurie. On se demande aussi quelle vision M. Macron a du travail étudiant. Pense-t-il que les étudiants en droit, en médecine, dans les écoles d’ingénieurs ou les écoles préparatoires aient beaucoup de temps libre ? Rien d’autre pour tenter de remédier aux insuffisances du collège. À noter une proposition de réforme du baccalauréat avec quatre disciplines en épreuves finales et le reste en contrôle continu. Quelles matières ? Les séries changeront-elles ? On ne le sait pas. N’y aurait-il pas, derrière cette proposition, une simple mesure d’économie ? On peut se poser la question. 5/20.

 

Système éducatif : le maître mot de M. Macron est « autonomie ». Que ce soit pour l’organisation du temps périscolaire à l’école primaire ou le rétablissement des classes européennes ou bilangues au collège, chaque établissement fera comme il voudra – en fait, comme il pourra. Les inégalités entre les territoires et les quartiers risquent fort de s’accroître et on peut craindre la disparition du caractère national de l’éducation. Par ailleurs, M. Macron veut multiplier les évaluations : tous les ans pour les élèves, tous les trois ans pour les établissements. Il convient de rappeler à l’énarque que l’objectif de l’Éducation nationale est d’enseigner, pas de produire des statistiques. Quant à la revalorisation nécessaire du métier d’enseignant, seuls ceux acceptant d’enseigner en zone difficile auront le droit à une prime, qui sera sans doute une motivation insuffisante. 5/20.

Le travail de M. Macron, outre qu’il est rendu très tard, se caractérise par un verbiage creux qui cache mal l’influence du pédagogisme et de la technocratie. Moyenne générale : 6/20.

Source: http://www.bvoltaire.fr/pierrevanommeslaeghe/programme-educatif-bulletin-candidat-macron,317577?

Commentaires