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« Les hausses des prix des factures de l’électricité devront être facturées à Engie-Electrabel« . Cette déclaration de Charles Michel (MR), aussi cocasse que pittoresque, a été reprise en choeur par la presse subsidiée (voir ici), qui en est restée muette d’émoi, au point d’avaler ces carabistouilles sans rechigner.

Evidemment, c’est une blague de Premier ministre à une dizaine de jours d’un rendez-vous électoral. Dans ces circonstances, pareil à son papa, notre Premier ministre donne volontiers dans la galéjade.

Il croit que les affaires, c’est pareil aux impôts et taxes : d’une main, on diminue les

impôts, de l’autre, on augmente les taxes. Il se fait qu’Engie ne paie pas un seul cent d’impôt en Belgique. Et Charles Michel semble extrêmement satisfait de ce petit arrangement avec le patron d’Engie, Gérard Mestrallet (notre photo).

Charles Michel croit-il qu’en compensation de ce cadeau colossal, il va contraindre Engie-Electrabel à honorer les factures de « la hausse des prix de l’électricité » ?

1. PAS DE DATE, PAS DE MONTANTS, PAS DE DELAIS – C’EST BIEN UN MENSONGE. Le simple citoyen s’en rend compte : sa facture d’électricité a pratiquement doublé en moins de 10 ans. Et l’augmentation s’accélère : au premier semestre 2018, une grimpette de 3,65 %, soit une trentaine d’euros – mais on nous promet une hausse de 200 à 700 euros par semaine (voir ici) !

On ne voit pas comment le chevalier Michel affronterait l’hydre Engie, qui peut se réfugier derrière l’argument massue : le prix de l’énergie vire à la hausse dans le monde entier. Et Engie ne fait que répercuter cette augmentation dans le montant des factures… selon l’accord passé avec le gouvernement belge.

Pas de date pour la « facturation de la hausse des factures » à Engie. Quels critères seront-ils invoqués pour déclencher cette facturation imaginaire ? Pas de réponse. Quelles sanctions contre Engie au cas où celle-ci refuserait d’honorer les factures ? Pas de réponse. A partir de quel montant la facturation à Engie serait-elle établie ? Pas de réponse.

Chez Engie, on en rit encore.

2. QUI VA PAYER LE DEMANTELEMENT DES CENTRALES NUCLEAIRES ? Engie-Electrabel, ce sont aussi les centrales nucléaires de Tihange et Doel. Le démantèlement des réacteurs, exigé par le gouvernement belge, et la gestion des déchets nucléaires, réclamée par ce même gouvernement, sont tellement mal négociés par la ministre de l’Energie, Marie§Christine Marghem (MR) qu’il ne fait guère de doute que cette facture-là sera présentée au contribuable… mais après les élections de 2018 (voir à ce sujet l’excellente analyse dans L‘Echo du 9 octobre 2018).

Dans ces négociations, Engie-Electrabel s’est montrée intraitable et, lorsqu’elle n’a pu imposer ses vues par la grande porte, elle l’a fait en passant par l’arrière-cour.

Conclusion : c’est le citoyen à qui sera présentée la facture. Mais après les élections de mai 2019.

3. C’EST BIEN LA FAUTE DES PARTIS TRADITIONNELS. Ne nous reprochez pas d’incriminer sans cesse les partis traditionnels ! Ils sont bien responsables de la gabegie et de vos factures ruineuses.

Depuis des décennies, les partis traditionnels (PS, MR, CDH, Ecolo, DéFI) ont abandonné le gouvernail de nos entreprises d’intérêt public à des investisseurs étrangers (voir notre article contenant toutes les références nécessaires).

Notre approvisionnement en électricité et en gaz dépend entièrement de l’étranger. Quand Charles Michel se vante, à la Chambre, d’avoir « reçu l’assurance (d’Angela Merkel) de la coopération de l’Allemagne dans le cadre des importations

d’électricité« , il fait allusion à un accord commercial – c’est-à-dire que la Belgique devra acheter son électricité et qu’elle coûtera plus cher que si elle était produite en Belgique, dans des centrales nucléaires en bon état.

Charles Michel (MR) compte-t-il facturer à l’Allemagne la hausse du montant de nos factures d’électricité ?

Il faut se rendre à l’évidence : nous sommes devenus une république bananière, colonisée par l’étranger. Nous ne sommes plus maîtres de notre notre destin. Toute la politique des partis traditionnels nous a menés à ce néant. Une politique bien concertée, puisque l’on retrouve dans toutes les reculades (Société Générale en 1988, Sabena, scandale Fortis, aciéries, etc) la figure du représentant de l’establishment, Etienne Davignon (notre photo).

En réalité, Charles Michel est allé mendier de l’électricité allemande afin de passer le cap de l’hiver 2018-2019, question de ne pas trop hypothéquer ses chances d’être réélu en mai 2019. Il faut le rappeler : dans son programme, le PARTI POPULAIRE propose des mesures concrètes et applicables à terme  pour garantir l’approvisionnement en électricité et en gaz, à un prix pensé dans la seule perspective de l’intérêt du citoyen.

F.M.

 

 

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