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L’affaire est entendue : il faut liquider Stéphane Moreau. Ce sont ses anciens camarades du PS qui le disent. Ils se joignent au chœur de tous les partis traditionnels impliqués (MR, CDH et Ecolo) dans les scandales liégeois, de Publifin à Nethys, en passant par Ogeo. Mais écarter Moreau, c’est le bon prétexte pour ne pas aller au fond des choses et garder en place le système mlafieux, mis au point par des gens comme André Cools (PS).

A la demande du nouveau gouvernement wallon, la société BSB Management a étudié de près le petit monde des intercommunales wallonnes. Et ce qu’elle a découvert n’est pas triste !

5.738 mandats !

La Wallonie compte pas moins de 1.000 structures locales, dont 78 intercommunales, leurs filiales et sous-filiales. Ainsi, de Publifin dépendent 56 filiales et sous-filiales.

Additionnées, ces structures locales donnent lieu à 5.738 mandats, dont 3.875 rémunérés !

Certains de ces mandats sont tenus par une seule personne. Et à l’heure où le monde politique rechigne à lâcher le système des mandats multiples, on est en droit de se poser la question : combien de temps faut-il pour exercer un mandat ? Lorsqu’un quidam dispose de 5 mandats (ce qui n’est pas rare), comment fait-il pour consacrer à chacun d’entre eux le temps voulu ? A croire que nos brillants politiciens ont inventé les journées de 45 heures!

Le Parti Populaire estime que chaque mandat devrait être évalué selon le temps qu’il réclame de ses bénéficiaires – ce qui est un critère tout aussi important, voire plus, que ceux de la rémunération et du nombre de mandats.

Autre question que se pose le PP : faut-il que les conseils d’administration des intercommunales comptent jusqu’à 30 membres ?

Dans un effort de « bonne gouvernance », il est question de plafonner les conseils d’administration à 20 membres. Restera à expliquer pourquoi ce chiffre de 20 administrateurs dépasse largement ce qui se passe dans le secteur privé. Ainsi, le conseil d’administration de la banque ING compte 15 administrateurs, dont 5 exécutifs !

Autre bizarrerie : les politiciens répugnent à révéler combien ils gagnent, en additionnant leur salaire d’élu local, régional ou fédéral, additionné aux substantielles rémunérations de leurs mandats. Le fisc déteint toutes les données : pourquoi ne les révèle-t-il pas ? S’il s’agit d’un simple citoyen, ces messieurs des impôts n’hésitent pas à faire des déclarations, officielles ou non, aux amis de la presse subsidiée…

Non, non, rien n’a changé depuis les séismes Publifin, Nethys ou Samusocial. Un manteau de mensonges est jeté sur la réalité des choses.

Ainsi, on apprend que le nouveau président du conseil d’administration de Nethys, Pierre Meyers, voit son nom apparaître dans les Panama Papers. Sa société Cockerill Maintenance Ingeneering (CMI) aurait créé une société offshore (c’est-à-dire, échappant au fisc), CMI Overseas Limited.

Et Stéphane Moreau (toujours lui et toujours au conseil d’administration de Nethys) risque d’être renvoyé en correctionnelle pour une sombre affaire concernant OGEO Fund, fonds de pension liégeois, lié à Publifin.

En 2011, l’homme d’affaire fut invité par la banque UBS à Abu Dhabi. Tous frais payés, sauf le billet d’avion. Afin de faire acquitter le prix des billets par Ogeo Fund, Moreau aurait demandé à UBS de transformer le voyage d’agrément en voyage d’étude, via un certainb Marc Beyens. La justice se prononcera, mais il est bien évident qu’une condamnation de Moreau permettrait à tous les autres profiteurs de se racheter une vertu. Et cela permettra à ces mêmes profiteurs de ne pas rembourser les sommes indues qu’ils ont touchées pendant des années.

Tant pis pour la vérité sur Publifin et l’usage abusif de l’argent du contribuable…

F. Molnar

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