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Pétard mouillé, tempête dans un verre de Cava, numéro de matador : la crise catalane reste largement incompréhensible pour qui n’est pas né à Barcelone et ne possède aucun parent ou ancêtre du côté de Tarragone. En tout cas, le soufflé est retombé à la vitesse v’. En revanche, ceux qui ont compris tout le bénéfice politicien qu’il pouvait retirer de cette bouffée indépendantiste, ce sont les partis d’opposition (PS, SP.A, Groen/Ecolo, PTB et son caniche, DéFI, Vlaams Belang), les anti-N-VA bien-pensants, tel Vincent Engel, le châtelain de Lasne qui veut se faire passer pour Cendrillon et réclamait déjà le limogeage de Theo Francken.

Les velléités indépendantistes de la Catalogne n’ont pas été inventées par Carles Puigdemont : elles datent de plusieurs siècles. La fête nationale de la Catalogne (11 septembre) rappelle… une défaite des armées catalanes contre les troupes franco-espagnoles (1714) résultant dans la mise en place d’une royauté absolue et centralisée depuis Madrid.

Le lieu n’est pas de retracer ici l’histoire de cette région qui s’industrialisa au 19ème siècle et gagna une prospérité sur laquelle elle vit encore aujourd’hui. La volonté d’indépendancee (ou, à tout le moins, d’autodétermination) s’est manifestée à maintes reprises depuis le 15ème siècle.

Plus près de nous, l’époque franquiste se montra particulièrement cruelle envers les indépendantistes, ce qui explique les nombreuses allusions (souvent excessives) à Franco dans les slogans brandis dans les manifestations.

Une histoire très mal connue hors de la Catalogne

Puis vint un référendum illégal, dont les résultats quasi staliniens (90 % de « oui » à l’indépendance) restent sujets à caution. Dès le début, l’Union Européenne de Jean-Claude Juncker-Soros s’opposa aux aspirations nationalistes de quelque 40 % des Catalans, non pas en raison de l’Histoire hispano-catalane, mais parce qu’une Catalogne indépendante ne répondait pas aux dogmes de l’Union Européenne, telle que nous la subissons.

L’Europe de Juncker-Soros se fiche des peuples comme de sa première malversation : elle ne voit dans l’affaire catalane qu’une menace pour la fiction d’une Europe heureuse dans une optique mondialiste et antidémocratique.

Quant à l’onde de choc en Belgique… Si certains groupes se sont prononcés pour un soutien inconditionnel à l’aventure Puigdemont, ils ont démontré par là leur totale méconnaissance de l’histoire et des réalités de la Catalogne. Les réalités sont nombreuses et dérangeantes : la « Généralité de Catalogne » est restée longtemps sous la coupe de la famille Pujol, dont la rumeur prétend qu’elle aurait détourné jusqu’à 500 millions d’euros à son profit. Il semble aussi que l’administration catalane a été truffée d’autonomistes rabiques, chargés de convertir les administrés aux rêves indépendantistes de politiciens parvenus, tel Carles Puigdemont.

Une autre réalité est que ce dernier n’a pas été élu très démocratiquement : obscur activiste ayant fait sa carrière dans le journalisme, il est devenu Président de la Généralité, suite à des marchandages de bas étage.

La position ridicule de Charles Michel

Cela n’excuse pas l’alignement sans réserve de Charles Michel sur les thèses de l’Europe, nettement moins défendables que celle du premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, basées sur une stricte observance de la Constitution.

De tout cela, il ressort que ces jeux politiciens, au niveau de l’Europe, se font au mépris du peuple catalan, indépendantistes et fidèles à l’Espagnol confondus, et des peuples européens. En effet, dans l’affaire catalane, Juncker-Soros ne voit qu’une arme pour mieux combattre la Hongrie, la Pologne, la Tchéquie, la Slovaquie et l’Autriche, qui ont le courage de combattre l’empire à caractère soviétique dont rêvent les eurocrates.

En Belgique, tous les partis traditionnels se fichent du sort de Puigdemont. L’opposition (et certains membres de la majorité, tant au fédéral que dans les régions wallonne et bruxelloise) en a profité pour attaquer Charles Michel et, au travers de lui, Bart De Wever, président de la N-VA.

Sur les réseaux sociaux, on a vu fleurir les pétitions « Débarrassez-nous de Theo Francken », qui s’était déclaré prêt à accueillir le « réfugié » Puigdemont en Belgique – ce que l’intéressé n’avait jamais demandé. Là encore, Francken avait instrumentalisé le leader catalan afin de mettre à mal les arguments des pro-immigration et pro-réfugiés-sans-réserve.

Les Catalans, ignorés par les partis traditionnels

On a entendu la nouvelle star du PS, Ahmed Laaouej, déclarer qu’il était inadmissible d’accueillir Puigdemont, alors que les « réfugiés » syriens et africains étaient refoulés ou renvoyés « chez eux » (en réalité, vers le premier pays européen où ils se sont inscrits). Beau morceau de populisme et de démagogie !

Si les Catalans ne risquent pas leurs vies en retournant chez eux, ils ont des raisons de se méfier : l’armée et la police espagnoles ne sont pas connues pour leur délicatesse et leur observance stricte des règles démocratiques – souvenons-nous des combats, des tortures et des meurtres au pays basque…

Les déclarations intempestives de Laaouej montrent bien que le PS et les autres n’éprouvent aucune empathie pour le peuple catalan, première victime de ces jeux politiciens, peu faits pour redonner aux citoyens européens la confiance en des partis traditionnels.

A.D.

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