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Alors, Grexit ou pas? C’est reparti pour un tour! Après l’anonce du Premier ministre grec, Tsipras, dans la nuit de vendredi à samedi, d’un référendum dimanche prochain le 5 juillet, après un nouveau sursis donné par la Banque Centrale Européenne dimanche, nous sommes arrivés à la veille de la date fatidique du mardi 30 juin: la Grèce doit rembourser 1,6 milliard d’Euros au FMI. Elle en est incapable: les caisses sont vides. La Grèce doit, dès lors, obtenir un énième prêt de l’Europe pour ce faire. C’est le dernier bras de fer avant la sortie de la Grèce de la zone EURO?
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Tsipras et son ministre des Finances, Varoufakis, spécialiste des jeux de hasard, lancent donc un référendum en Grèce pour appuyer leur négociation, en conseillant déjà au peuple grec de dire non à l’accord « presque » conclu par eux-mêmes avec l’Europe. Tsipras refuse de prendre ses responsabilités, refuse de payer les 1,6 milliard dû demain, gifle ses partenaires de négociation et détruit toute possibilité d’accord!

Le vote lors du référendum sera très serré. Impossible de prévoir le résultat! On ne connait même pas encore la question qui sera posée aux grecs. Tsipras va sans doute leur demander s’ils veulent le beurre et l’argent du beurre: oui, ils veulent rester dans la zone EURO et non, ils ne veulent pas rembourser leur dette et/ou assainir les comptes de l’état grec. Le pauvre citoyen grec ne peut plus retirer que 60 EUR par jour au Bancontact et les banques sont fermées pour une semaine.

Les responsables pour la Belgique de l'entrée de la Grèce dans l'EUR: Louis Michel (Affaires étrangères), Didier Reynders (Finances) et Guy Verhofstadt (Premier ministre) le 1 janvier 2001. Totalement disqualifiés pour gérer l'état!
Les responsables pour la Belgique de l’entrée de la Grèce dans l’EUR: Louis Michel (Affaires étrangères), Didier Reynders (Finances) et Guy Verhofstadt (Premier ministre) le 1 janvier 2001. Totalement disqualifiés pour gérer l’état!

Ce qui est frappant en Europe et particulièrement en Belgique, c’est que ce sont les mêmes responsables politiques qui ont fait entrer la Grèce dans la zone EUR en 2001 qui occupent les plateaux de TV et les colonnes des journaux ce week-end, pour « expliquer la situation ». Ce sont les Louis Michel (MR), Philippe Maystadt (CDH) ou l’ancien chef de Cabinet de D. Reyners, l’économiste Bruno Colmant (MR), qui nous expliquent ce qu’il faut faire, après nous avoir mis dans le pétrin actuel! C’est particulièrement indécent et on devrait resservir à ces incompétents leurs déclarations de l’époque et leur « bienvenue à la Grèce, berceau de notre civilisation » dans la zone EURO. Pourtant, les politiques avaient été prévenus par OLAF, le gendarme financier de la Commission européenne, qui avait tiré la sonnette d’alarme en signalant que la Grèce mentait sur ses comptes.

Les “19­ – 1” ministres des Finances de la zone euro constatent donc que Tsipras a “rompu les négociations de manière unilatérale”. Ils annulent le programme de renflouement. Tsipras va, lui, tonner au Parlement grec que “dans ce pays où est née la démocratie, nous ne demanderons pas l’autorisation à M. Dijsselbloem (président de l’Eurogroupe, NdlR) et à M. Schaüble (ministre allemand des Finances)pour tenir le référendum dimanche prochain. 178 députés grecs sur 300 ont voté leur accord au référendum.

Jean­-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, décide alors de publier les dernières propositions faites au gouvernement grec “dans un souci de transparence et pour que les citoyens grecs soient informés” (sous-entendu, pas par ce démagogue de Tsipras). La démagogie irresponsable de Tsipras et de la gauche radicale (Syriza) est écoeurante.

Les Grecs sont les premiers responsables de ce qui leur arrive. La Grèce a falsifié ses comptes pour entrer dans l’euro, jusqu’à ce que la réalité les rattrape. La fraude fiscale est massive: plus de 25% des Grecs ne paient pas un sou d’impôt sur le revenu.
Les riches sont partis depuis longtemps.

La Grèce a une armée de fonctionnaires inutiles et nommés par la politique pour ne rien faire. L’armée est hypertrophiée, l’église orthodoxe ne paie pas d’impôts, pas plus que les habitants des îles grecques.

Le poids du secteur public dans l’économie est écrasant. Il y a environ un million de 
fonctionnaires pour 4.000.000 de personnes actives.

Il y a des départs massifs à la retraite anticipée à 50 ans pour les femmes et 55 ans pour les hommes, depuis 1978, sous gouvernement socialiste.

La Grèce a la plus forte population fictive au monde, de personnes déclarant un âge entre 100 et 110 ans.
 Les décès ne sont souvent pas enregistrés et les pensions continuent à être perçues. Il y a encore des pensions payées à des personnes mortes en 1953!

La Grèce a quatre fois plus d’enseignants que la Finlande, le pays le mieux situé dans le dernier rapport
 PISA, alors que la Grèce est le pays européen dont les résultats sont les plus faibles dans presque tous les tests éducatifs.

Mais la responsabilité de nos hommes politiques est également écrasante: la Grèce n’aurait jamais dû entrer dans l’EURO. Pour la Belgique, c’est G. Verhofstadt qui a dit oui à la Grèce avec Didier Reynders et Louis Michel en 2000. C’est Philippe Maystadt qui était aux Finances dans le gouvernement précédent, impliqué dans la « préparation » de l’entrée de la Grèce dans le l’EURO le 1 janvier 2001…  Et dire maintenant, comme le fait P. Maystadt, que le FMI n’aurait pas dû être aussi ferme dans la négociation des derniers jours est la preuve d’un manque total de courage. Que doit faire Mme Lagarde qui négocie pour le FMI? Expliquer au Brésil et aux autres pays endettés (qui sont également aidés par le FMI) que « c’est différent parce que c’est l’Europe? » Un peu de sérieux, M. Maystadt! Vous feriez mieux de vous taire, quand on constate vos antécédents de Ministre des Finances…

La Grèce pourrait sortir de l’EURO et retrouver une belle compétitivité avec une drachme largement dévaluée, mais pour vendre quoi? Des fruits et de la fêta? La structure de l’économie grecque est très faible. Il y a le tourisme bien sûr. Et déjà Tsipras a annoncé que la Grèce allait augmenter la TVA sur les hôtels et les restaurants (c’est de toute façon le touriste européen qui paiera…). Mais tout n’est pas joué. La Grèce pourrait finalement avaler la pilule amère d’un nettoyage du b… qu’est l’état grec et rester dans la zone EURO. C’est l’intérêt de tout le monde.

L.R.

 

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