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Les études scientifiques sur les rescapés d’Hiroshima et de Nagasaki ont démontré que l’exposition durant un court moment à de très fortes doses de radiations peut être mortelle, augmenter le risque de cancer et, pour les femmes enceintes durant l’irradiation, augmenter le risque de retard mental et de microcéphalie pour leur enfant. Mais en en-dessous d’une certaine dose de radiations, les effets nocifs, s’ils existent, sont trop faibles pour être mesurables. De même, rien n’indique qu’une dose modérée répartie sur une longue durée ne produise des effets nocifs. Bien au contraire…

RLSS : une hypothèse dépassée

La Relation Linéaire Sans Seuil (RLSS) : une hypothèse dépassée...
La Relation Linéaire Sans Seuil (RLSS) : une hypothèse dépassée…

Pourtant, les normes en matière d’exposition à la radioactivité imposent d’utiliser l’hypothèse de Relation Linéaire Sans Seuil (RLSS) : selon cette hypothèse, une même dose de radiations produit un effet identique quel que soit le débit de cette dose et son fractionnement.

Avec cette hypothèse, si une personne en bonne santé qui saute d’une hauteur de 10 mètres sur un sol dur est pratiquement sûre de mourir, cette même personne est également pratiquement sûre de mourir si elle saute 100 fois d’une hauteur 100 fois moindre… soit de 10 cm ! Absurde, non ?

Cette hypothèse est née dans les années soixante, à une époque où l’on en savait très peu sur les mécanismes de génération des cancers : on pensait alors que toute radiation risquait d’abîmer un gène d’une cellule et de la rendre cancéreuse. Elle est aujourd’hui très contestée par un grand nombre de scientifiques. En effet, on a depuis découvert que les cancers ne résultent pas de la modification d’un seul gène et qu’il existe des mécanismes de réparation dès gènes : l’organisme peut ainsi réparer les dégâts causés par des doses modérées de radioactivité.

Un phénomène d’hormèse ?

Qui plus est, de nombreuses études scientifiques montrent que l’exposition prolongée à des doses modérées de radiations produit des effets positifs pour la santé et diminue les risques de cancer. C’est ce qu’on appelle un phénomène d’hormèse, constaté pour de nombreuses substances : toxiques à dose élevée, elles ont des effets bénéfiques à dose modérée. Par exemple :

Même des vitamines suivent les lois de l’hormèse : trop peut être plus mauvais que trop peu…
Même des vitamines suivent les lois de l’hormèse : trop peut être plus mauvais que trop peu…
  • Une certaine exposition au soleil est indispensable à l’organisme pour synthétiser la vitamine D ; mais une exposition excessive accélère le vieillissement de la peau et en augmente le risque de cancer.
  • Le sel peut être mauvais pour la santé au-delà de 5 à 10 grammes par jour. Mais le sodium qu’il contient est vital au bon fonctionnement des cellules : en-dessous d’un gramme et demi de sel par jour, les effets peuvent être catastrophiques.[1]
  • Incontestablement, l’alcool est un poison et l’alcoolisme tue. Mais de nombreuses études scientifiques indiquent qu’une faible consommation d’alcool, jusqu’à un ou deux verres par jour, serait bonne pour la santé.

Sous-exposé !

Sous-exposé - Et si les radiations étaient bonnes pour vous ?De même, concernant les radiations, nous serions sous-exposés, selon le dernier livre de Michel Gay[2] « Sous-exposé ! Et si les radiations étaient bonnes pour vous ? ». C’est une synthèse en français de l’excellent livre « Under-Exposed » de l’Américain Ed Hiserodt, qui lui-même vulgarise l’ouvrage de référence « Radiation Hormesis » du Professeur T.D. Luckey. Il reprend, d’une façon claire et convaincante, de nombreuses études scientifiques montrant les bienfaits qu’amènent à notre santé des doses modérées de radiations allant jusqu’à des dizaines de fois la radioactivité naturelle.

Effectivement, la vie s’est développée sur terre il y a près de 4 milliard d’années, alors que la radioactivité naturelle était considérablement plus élevée qu’aujourd’hui.[3] Les mécanismes de réparation des gènes qui s’y sont développés sont toujours présents : aux faibles niveaux de radioactivité actuels, ces mécanismes seraient aujourd’hui insuffisamment stimulés, ce qui nous rendrait plus vulnérables. Ainsi, notre santé pourrait être améliorée en augmentant modérément notre exposition aux rayonnements. Et nous serions ainsi mieux protégés de la radioactivité par ce phénomène d’hormèse.

Et le consensus scientifique ?

Malgré la grande quantité d’études scientifiques de qualité montrant un phénomène d’hormèse en matière de radiation, la communauté scientifique reste divisée, pour diverses raisons :

  • D’abord, il existe également des études scientifiques de qualité qui infirment l’hypothèse d’hormèse en matière de radiation, et certaines des études la montrant n’ont pu être répétées. Scientifiquement, la question n’est donc pas encore clairement tranchée.
  • Ensuite, les activistes antinucléaires sont fortement opposés à l’hormèse car elle contredit le mythe « toute radiation est mauvaise » qui est leur gagne-pain. Avec le soutien des médias, ils n’hésitent pas à lancer des campagnes de calomnie virulentes contre les scientifiques qui la défendent. Et cela fait trembler le monde scientifique.
  • Enfin, comme le disait le Dr Gerald Looney, « La profession médicale est totalement favorable au progrès, mais le changement est hors de question » (source). Certains scientifiques restent ainsi accrochés à l’hypothèse de RLSS, bien qu’il y ait de moins en moins de raison d’y croire !

Il faudra donc encore de nombreuses années avant que le consensus scientifique accepte de remettre en question l’hypothèse obsolète de RLSS et de considérer avec sérénité celle d’hormèse… Et peut-être de nombreuses décennies si nos politiciens et journaleux continuent à donner du crédit aux organisations antinucléaires, bien que celles-ci soient vénales, mensongères et nuisibles au bien-être de la Société…

J.S.

Entretemps, pour en savoir plus, lisez le livre « Sous-exposé ! Et si les radiations étaient bonnes pour vous ? » de Michel Gay (en vente sur Amazon), ainsi que l’article de Michel Lhomme Irradiez-moi !…et si on se faisait rembourser une petite cure nucléaire?

[1] Remarquons que la plupart des aliments contiennent naturellement un peu de sodium, et que du sel est rajouté dans pratiquement tous les aliments préparés. Il n’est donc pas nécessairement utile de rajouter du sel dans sa nourriture.

[2] Michel Gay est un ancien pilote de chasse français qui consacre sa retraite à étudier le nucléaire, l’éolien et les énergies en général avec la rigueur d’un scientifique. Il a écrit deux livres de vulgarisation scientifique sur ces sujets et publié de nombreux articles dans divers médias (dont Le Peuple).
Il a reçu en 2016 le prix Yves Chelet, qui récompense « l’auteur d’œuvres médiatiques objectives et pédagogiques pour la diffusion et la promotion des sciences et techniques nucléaires ».

[3] Selon l’étude The evolution of the Earth’s background radiation levels over geologic times, la radioactivité naturelle était, il y a 4 milliard d’années, 4 à 8 fois plus élevée qu’aujourd’hui.

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