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A quoi reconnait-on une créature de l’establishment qui prend peur ? Elle accuse ces contradicteurs de racisme et de fascisme. Un article dans La Libre du jour nous livre un joli cas d’école.

Mischaël Modrikamen, Président du Parti Populaire (PP), va devenir l’Executive Director de The Movement, une fédération des partis populistes de droite sous l’égide de Steve Bannon, l’ex-conseiller du Président Trump. L’affaire a été largement couverte par les médias internationaux et flamands. Avec un train de retard, La Libre se saisit du sujet, et se prend les pieds dans le tapis en demandant l’avis d’un obscur « politologue », Michel Hermans.

Michel Hermans

Selon ce Michel Hermans, Mischaël Modrikamen aurait commis une erreur en intégrant cette nouvelle force politique. Jusque-là, rien d’anormal : le PP n’a jamais cherché l’approbation des élites subventionnées. Bon prince, Michel Hermans refuse même de nous qualifier d’extrême-droite (on lui envoie des pralines ?)

Alors, pourquoi répondre ? Parce qu’en moins d’une phrase notre politologue assène deux mensonges, sans être corrigé par le journaliste : « Il [Steve Bannon] avait un discours carrément fasciste, rejetant notamment les Noirs. » Ainsi, on apprend, sans que la moindre preuve ne soit apportée, que Steve Bannon serait raciste et fasciste (rien que ça !) Plus marrant, notre expert de haut vol va jusqu’à prédire un avenir radieux au parti du délinquant Aldo Mungo.

1. Steve Bannon est-il fasciste ?

Cette rumeur fut répandue outre-Atlantique par les suspects habituels du New York Times, de The Atlantic, The New Republic, en bref la presse américaine de gauche qui y voyait un moyen d’atteindre Donald Trump.

Tout part d’un discours que Steve Bannon a donné en 2014, à l’occasion d’une conférence sur la pauvreté, organisée par le Vatican. Steve Bannon, en intellectuel curieux et éclectique, a cité Julius Evola, un penseur italien proto-fasciste. Steve Bannon a loué le traditionalisme de Julius Evola, après avoir regretté que celui-ci ait « finalement métastasé en fascisme italien ».

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Julius Evola

Sur base de ce seul extrait, la gauche morale conclu que Steve Bannon adhère intégralement à la pensée de Julius Evola. Pourtant, plus loin dans ce même discours, Steve Bannon qualifie le régime de Vladimir Poutine (inspiré par un disciple de Julius Evola, Aleksandr Dugin) de « kleptocratie » expansionniste et impérialiste.

Toujours dans ce même discours, il s’en prend à l’Argentine péroniste « où vous avez ce genre de capitalisme de copinage qui bénéficie aux gens avec des pouvoirs militaires dans le gouvernement ». Autant pour le prétendu fascisme de Steve Bannon.

Si Steve Bannon n’est pas fasciste, que peut-il bien être ? Comme le montre ce discours au Vatican, Steve Bannon est un catholique conservateur (il est d’ailleurs proche de l’Institut pour la Dignité Humaine à Rome) qui s’est donné pour mission de « sauver » l’Occident judéo-chrétien. On le voit mal faire siennes les idées de Julius Evola, qui était (comme beaucoup de fascistes de la première heure) fanatiquement et aveuglément anti-chrétien.

On a aussi reproché à Steve Bannon d’avoir déclaré que Mussolini le fascinait lors d’une interview (en anglais) pour le journal Spectator. A nouveau, c’est un sophisme typique de la gauche morale : on peut être fasciné par une personnalité, sans adhérer à ses idées. Et pour avoir moi-même vu plusieurs documentaires sur Mussolini, je confesse que je trouve le personnage fascinant, quand bien même ses idées me révulsent. D’ailleurs, dans cette même interview, Steve Bannon – qui est de droite – déclare que le fascisme est « gauchiste ».

Pour voir l’entièreté du discours du Vatican, et vous faire votre avis, c’est ici (en anglais).

2) Steve Bannon est-il raciste ?

Encore une rumeur infondée venue d’outre-Atlantique. Michel Hermans ne se fatigue pas pour avancer la moindre preuve corroborant ses dires.

Jeff Kwatinetz, entrepreneur hollywoodien et supporter du candidat socialiste Bernie Sanders, connait bien Steve Bannon, avec qui il a travaillé. Qu’en dit-il ? Jeff Kwatinetz n’aime pas les idées de Steve Bannon (c’est son droit), mais : « En tant que libéral, je ne juge pas les gens sur leur politique, je les juge sur leur caractère, et d’après ce que je savais et ce que je sais maintenant, Steve a beaucoup de caractère. Il n’est ni raciste ni antisémite. Ces propos sont absurdes. » Voire le reste de l’entretien ici (en anglais).

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Deanna Bass

Deanna Bass, la chargée de presse du candidat républicain malheureux Dr. Ben Carson, connait bien Steve Bannon, puisqu’elle gravite dans les mêmes cercles conservateurs. Que pense-t-elle, elle qui est noire, des accusations de racisme lancées contre Steve Bannon par la presse de gauche ? « Je n’ai pas de patience pour cela – cela me rend absolument folle. Je veux voir des preuves. Je veux qu’ils me disent exactement ce qu’ils veulent dire lorsqu’ils lancent ces accusations à M. Bannon et à d’autres. » (Source : Breitbart News)

Nous aussi, nous aimerions avoir des preuves, et nous aimerions savoir ce que Michel Hermans veut dire exactement quand il laisse entendre que Steve Bannon serait raciste et fasciste. Idem, pour Nicolas Vadot, le dessinateur du Vif, qui a accusé Steve Bannon d’antisémitisme sans la moindre preuve, en dépit du fait que les plus proches collaborateurs de l’ex-conseiller du Président Trump ont pratiquement tous été juifs…

3) Aldo Mungo est-il l’avenir de la « droite dure » en Wallonie et à Bruxelles ?

C’est le plus marrant dans cette interview surréaliste. Qui est Aldo Mungo ? Un individu louche, condamné pour escroquerie, qui gère une société qui promeut la venue de travailleurs roumains et polonais bon-marchés, malgré son interdiction de gérance. Un délinquant qui utilise plusieurs faux profils sur Facebook pour harceler nos membres et répandre des mensonges à notre sujet. Pour en savoir plus sur le pedigree du personnage, vous pouvez lire cet excellent article de Gilbert Dupont pour la DH (abonnés seulement).

Le Président Aldo-Michel Mungo
Aldo-Michel Mungo

Les électeurs de droite peuvent voter pour un escroc vulnérable au chantage, susceptible à tout moment de finir derrière les barreaux et qui profite du relatif anonymat des réseaux sociaux pour se comporter en délinquant. C’est la Droite, le micro-parti d’Aldo Mungo.

Ou ils peuvent voter pour un parti de citoyens responsables qui se battent à visage découvert pour leurs idéaux. C’est le Parti Populaire, de Mischaël Modrikamen, qui bénéficie du soutien d’autres partis européens anti-establishment.

Faites votre choix.

 

 

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