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Ce dimanche 2 juillet, Paul Magnette, Elio Di Rupo et les socialistes se sont couverts de ridicule. Après avoir annoncé un séisme : le décumul total, les socialistes ont voté à 52% pour un décumul financier seulement, avec interdiction de cumul pour les communes de plus de 50.000 habitants. Rien de neuf donc; il y a 10 ans que cette mesure est annoncée, proposée, tripotée et elle nous est maintenant resservie par Olivier Chastel, Elio Di Rupo, Benoît Lutgen… Il n’y a qu’Ecolo et le FDF Défi de Maingain qui veulent une solution pure et dure: le décumul complet.

Rien n’a changé depuis le début de l’affaire Publifin: les corrompus et les profiteurs sont toujours en place et le PS a renoncé au décumul intégral.

Bref, quand les socialistes accusaient (encore au congrès de dimanche) Lutgen d’avoir « retiré la prise » parce qu’il avait eu peur des mesures « révolutionnaires » que préparait le PS, il y a de quoi ricaner.

Mais un indicateur plus grave de la déglingue totale du PS, est l’attitude ce week-end de l’échevin d’Olne, le CDH Cédric Halin, par lequel le scandale Publifin avait démarré. Après cent jours à tenter de réformer l’intercommunale, il démissionne avec un sentiment de devoir inaccompli et de découragement politique. Grave !

Cécric Halin (CDH) quitte la politique: un homme honnête qui ne voit pas comment nettoyer les filiales de Publifin. Ca n’avance pas. Les socialistes continuent à sortir les bouteilles de vin à chaque réunion…

Il l’avait dit. Il craignait que sa vraie carrière à l’Inspection des finances ne soit freinée. Un poste prestigieux, comme le souligne Le Vif, qu’il a conquis au bout de trois examens. Il ira donc à la Cour des Comptes. En dégoupillant la bombe Publifin, fin 2016, Cédric Halin ne s’est pas fait que des amis. Il se dit dégoûté, découragé, « car rien n’a changé.  »

Il déclare au Vif que « ses révélations n’ont pas servi à rien. Les lignes ont bougé, on a mis fin à une utilisation inacceptable de l’argent public. Avant Publifin, je n’avais pas l’impression que la bonne gouvernance était la préoccupation numéro un des gens. Puis, la thématique s’est retrouvée au centre de l’attention. Mais il y a encore des tas de choses à changer. »

Pour lui, il est clair aujourd’hui que le PS liégeois freine des quatre fers et qu’il est en majorité et en connivence avec les libéraux à la province. Des choses évidentes de bonne gouvernance pour Cédric Halin, s’apparentent, pour eux, à des révolutions.

Le remboursement des émoluments touchés dans les comités de secteur devrait revenir à l’intercommunale. Les formations politiques continuent de protéger la fraternité des mandataires-profiteurs.  » Parce qu’untel est quand même notre ami « ,  » parce qu’il est membre du parti « ,  » parce que ça le mettrait en difficulté financière « … Peut-être mais, pendant trois ans, ça ne l’a pas gêné d’empocher le pognon. L’intérêt de quelques-uns continue de passer avant l’intérêt général.

Il faut reprendre le contrôle de Finanpart et de Nethys, mais cela n’avance pas. Il faut virer Bénédicte Bayer et Gil Simon, les « cadres » engagés par accointance politique, sans procédure de recrutement! « Je n’ai aucun souci à ce que les responsables de l’intercommunale soient MR ou PS » déclare Halin. Mais les dirigeants ont déclaré à Cédric Halin qui voulait un examen de recrutement: « Comment osez-vous, avec quoi venez-vous ! »

Les nouveaux administrateurs de Publifin ne peuvent même pas obtenir le départ de Stéphane Moreau. Ils ne sont pas administrateurs de la filiale « indépendante » Nethys.

Le Parti Populaire est composé d’hommes et de femmes qui sont nouveaux en politique. Le Parti Populaire affirme être en accord avec ce que déclare Cédric Halin : les intercommunales n’ont pas à entrer dans les secteurs concurrentiels. Ils n’ont rien à y faire. Une intercommunale sert à mutualiser un service public, comme la distribution de gaz et d’électricité. Mais « utiliser l’argent des communes, donc des gens, pour un journal, une éolienne à la côte ou en Afrique ? Quel est l’intérêt en matière de service public ? Zéro. Le dividende, mais ce n’est pas une fin en soi. Si, demain, les rêves mégalomanes de Stéphane Moreau se cassent la figure, ça retombera sur le citoyen. »

La commission du parlement wallon a bien travaillé, mais il n’y a plus de majorité au parlement pour voter les mesures indispensables. Quel boxon!

La commission d’enquête a bien travaillé, au-delà des partis politiques. Leur rapport intermédiaire est bon mais il n’y a plus de majorité au parlement wallon pour voter des mesures de sortie de crise chez Publifin. Et faire sortie les administrateurs socialistes indélicats va probablement coûter de 6 à 10 millions d’EUR. C’est une honte pour la Région et pour les « ténors » du socialisme, les Di Rupo, Onkelinx, Magnette et Demotte. Si les sondages se confirment, ils peuvent s’attendre à se retrouver à 16% des voix émises en octobre 2018 lors de l’échéance communale. Mais la victoire annoncée des communistes du PTB serait un désastre: fuite des investisseurs et porte grande ouverte à l’immigration non qualifiée et indésirée. C’est un déclin accéléré qui nous attend.

La particratie a repris le dessus, et avec ses grands représentants invités tous les soirs dans les média stipendiés, la langue de bois.

Comme le dit Cédric Halin, le monde politique, tel qu’il fonctionne actuellement, est désespérant. Le problème naît à partir du moment où la politique devient un métier. Les prochaines échéances électorales promettent une déroute du PS, et on peut l’espérer des autres partis traditionnels, tout autant composés de profiteurs qui se co-optent entre eux et pratiquent le népotisme, au MR, au PS, au CDH et chez Défi. 

Un bon coup de balai s’avère indispensable, pour qu’ils aient le loisir « de se reconstruire ».

C.T.

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