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Chastel et Magnette (photo de tête) se moquent du citoyen en nous faisant croire qu’ils sont maintenant enfin pour un « cadastre des mandats ». C’est de l’indécence. Mais dans son éditorial ce lundi 19 juin, le journaliste du Soir, Eric Deffet, pose une bonne question à propos des cumuls et de la fin de la bonne vieille politique des cumulards à la belge: il y a des effets pervers, clairement.

Jean-Luc Vanraes (Open VLD – majorité libérale d’Uccle), plus de 300.000 EUR par an, avec les impôts extorqués aux citoyens ou les bénéfices de la SRIW. Du balai!

Résumons-nous : les scandales se succèdent, le dernier étant que le président du CPAS d’Uccle, Jean-Luc Vanraes, un libéral flamand (open VLD), cumulait ce poste avec celui d’administrateur de la SRIB et allait donc chercher plus de 300.000 EUR par an, en dépit des règles, dans la poche des citoyens pour son brillant travail. C’est indécent, évidemment.

C’est plus indécent encore de voir les infâmes cumulards – la plupart socialistes, mais le MR et le CDH sont très bien aussi – qui empochent des sommes incroyables en s’occupant « des pauvres », au SAMUSOCIAL de Bruxelles. Les champions des cumulards à Bruxelles, c’est Yvan Mayeur, Pascale Peraita, Faouzia Hariche pour le PS, mais aussi Christophe Pourtois ou Jacques Oberwats pour le MR.

Il y a aussi tous ces membres de cabinets à Bruxelles, en Wallonie, au fédéral, comme le Chef du Cabinet CDH de Maxime Prévot, Philippe Buelen, qui allait chercher des centaines de milliers d’EUR dans des cumuls douteux où il était cause et partie.

Philippe Buelen (à gauche), chef de cabinet de Maxime Prevot (à droite) s’en mettait plein les poches en cumulant des mandats indécents, notamment dans la gestion du casino de Namur. Le pire, c’est qu’ils trouvent ça normal!

C’est Laurence Glautier, la cheffe de cabinet du président du MR, Olivier Chastel qui va chercher 60.000 EUR pour quelques mois en 2016 à la SFPI (Société Fédérale de Participation et d’Investissement – SFPI). Elle ristourne une partie à son parti, le MR.

Laurence Glautier, cheffe de cabinet de Chastel (MR), un cumul indécent à la SFPI. Chastel est un hypocrite de grand format!

Elle a évincé la socialiste Laurence Bovy (PS), autre créature des cabinets, socialistes cette fois, notamment chez Laurette Onkelinx, qui a touché 40.000 EUR – elle – pour quelques semaines en 2016… Nous vivons au royaume des abus, pas de doute là-dessus.

Et ce Maxime Prévot, bras droit de Benoît Lutgen, qui est Vice-Premier wallon et bourgmestre empêché de Namur, fait un bras d’honneur aux citoyens en disant qu’il respecte le prescrit de la loi sur le cumul (il est « empêché »), mais qu’il dirige quand même la manœuvre à Namur et emmerde les citoyens. Comme le public et la presse trouvent cette déclaration honteuse, Prévot boude et déclare qu’il quittera le gouvernement wallon en octobre 2018 « pour se consacrer à sa ville ». Quelle chance ont les Namurois ! C’est exactement ce que fait également l’autre faux cul de la politique wallonne, Paul Magnette (PS) à Charleroi.

La société immobilière que dirige le Dr Lejeune, bourgmestre PS de Merbes et patron de l’intercommunale des hôpitaux de Charleroi, fait de juteuses opérations immobilières dans sa propre commune. C’est normal?

Et puis il y a les dossiers bien plus graves, qui impliquent plus que le simple VOL de l’argent public, obtenu par l’impôt excessif sur les citoyens et les entreprises : il y a l’affaire PUBLIFIN – NETHYS à Liège, il y a l’intercommunale des hôpitaux de Charleroi (ISPCC) et les magouilles présumées du Dr Lejeune, aussi bourgmestre de Merbes, qui d’autre part dirige une immobilière (!) et fait des opérations immobilières dans sa propre commune. La presse ne s’est jamais intéressée à ce volet; faut dire que Lejeune est socialiste…

Il y a les questions qui se posent pour ORES, dirigé par un politicard socialiste, Grifnée, qui a déjà glissé beaucoup de choses sous le tapis, comme ces « comités de secteurs (« les miens travaillent » !) inutiles et pléthoriques où chacun va chercher sa « dringuelle » de quelques centaines d’EUR pour la boucler et faire comme le dit Grifnée.

Mais il faut remarquer que tous les faits les plus graves ne sont pas vraiment le fait du cumul des mandats. Comme l’écrit Deffet, « la lutte contre le cumul des mandats est un progrès pour la démocratie », mais il fait remarquer que  l’obstination mise à faire aboutir cette réforme conduit à des effets pervers qui risquent de nuire à l’espace politique auquel elle s’applique.

Le cumul des mandats n’est pas à l’origine des scandales qui provoquent le grand remue-ménage actuel, ce qui est un comble…

L’annonce du départ prématuré du ministre Maxime Prévot qui veut retourner au maïorat de Namur est un mauvais coup pour la Wallonie. Des dossiers essentiels (fiscalité, allocations…) vont rester en rade faute de consensus. Le choix du Namurois Prévot va en entraîner d’autres. C’est la débandade qui va laisser le parlement-croupion du Grognon à Namur, sans ténor pour diriger la manœuvre.

La Wallonie va cesser d’être la priorité des plus compétents. Cette région, déjà percluse de clientélisme et d’une surabondance d’élus inutiles dans des assemblées inutiles va s’en trouver terriblement fragilisée.

Après les élections communales d’octobre 2018, le décret régional obligera 75 % des élus à choisir formellement entre leur siège de député et leur mandat de bourgmestre. Mais le décumul intégral va devenir une obligation, en interne dans les partis et le mandat unique va devenir la règle. Chaque parti s’empresse (enfin!) de créer un « cadastre des mandats ». Bande d’hypocrites!

Cela va s’apparenter à une débandade. Comme l’écrit Deffet, « s’ils sont en capacité de devenir bourgmestre ou échevin, beaucoup feront ce choix de la proximité. Nul n’étant irremplaçable, il reste à espérer que leurs successeurs à Namur seront à la hauteur. »

M. Modrikamen et le Parti Populaire pensent que le nettoyage indispensable ne fait que commencer. Il faut poursuivre.

Pour le Parti Populaire, l’assainissement des mœurs politiques est à ce prix. Le Parlement wallon et le parlement bruxellois doivent être assainis. Pour le président du Parti Populaire, M. Modrikamen, les parlements seront moins « efficaces » pendant un certain temps, mais comme la législation produite à tours de bras est surabondante, inutile et même nuisible, la réforme ne doit pas s’arrêter là. Il faut revoir la « lasagne institutionnelle » en francophonie et nettoyer au karcher, puis recréer des structures légères et transparentes.

Il faut surtout nettoyer et supprimer tout financement public aux milliers d’organismes et autres asbl-écrans, créés par les partis politiques pour détourner l’argent public à leur profit. A Bruxelles-ville, il y a plus d’une centaine de structures dépendantes de l’argent public! Il faut restructurer les intercommunales, là aussi au karcher! Il faut aussi interdire la « ristourne » des élus vers les partis politiques, qui contribue à les maintenir au pouvoir, en parasites absolus de la démocratie, c’est l’objet de la plainte déposée à Charleroi par le Parti Populaire.

La tâche de reconstruction de notre démocratie est à peine entamée. Et les élections communales de 2018 auront des implications bien plus profondes que les postes de bourgmestre et d’échevins. L’onde de choc sera la bienvenue.

C.T.

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