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Prince Carnaval est de retour ! Par ce miracle, habituel aux fêtes, il se multiplie sans le moindre problème. Il est présent un peu partout, et il faut bien reconnaître qu’il se sent très à l’aise en Wallonie. A Bruxelles, il a pratiquement disparu. Pourquoi ? Les « autorités » de la Région et de la Fédération Wallonie-Bruxelles estiment que le carnaval n’est pas assez… multiculturel ! Ce qui démontre l’inculture des politiciens : si une manifestation est bien multiculturelle, c’est le carnaval !

Sa première manifestation remonte à quelque 15.000 ans. On a retrouvé des masques datant de cette ère néolithique. Nos lointains ancêtres se paraient de masques… Mais on ne sait pas très bien pourquoi.

Ce qui est certain, c’est qu’à Babylone, il existait de grandes fêtes, situées vers la fin de l’hiver et célébrant le prochain retour du printemps. La tradition passa en Grèce, avec les Dyonisies. Et à Rome, les Lupercales, à la même époque de l’année, permettaient tous les défoulements. Les puissants étaient soumis aux faibles, les esclaves dominaient leurs maîtres et leur faisaient découvrir ce qu’était leur piteuse existence !

Inutile d’ajouter que toutes les licences sexuelles étaient pratiquées : les matrones présentaient leurs amants à leurs époux ; les maris invitaient leurs concubines ; et les couples les plus divers se formaient dans une frénésie érotique qui provoquerait des crises épilepsie parmi nos actuels moralistes…

L’Eflise catholique ne put supprimer les Lupercales et les transformèrent en carnaval – un terme latin composé sur les mots « carnis » (chair) et « lever » (ôter). Le carnaval, c’est le temps où l’on supprime la chair, c’est-à-dire, la viande. Le Carême, qui suit le Mardi gras, prescrit d’éviter les plats de viande ou trop riches, comme les laitages.

En réalité, le carnaval commence le 6 janvier, à la fête des Rois, et s’achève 40 jours avant Pâques. De Binche à Stavelot, de Bastogne à Malmédy, d’Alost à La Roche et en de multiples autres endroits, on ne compte plus les festivités dédiées au rythme des saisons. En effet, selon les bonnes vieilles traditions paysannes, le Carnaval célèbre le passage de la saison morte (l’hiver) au retour de la vie – l’éclosion des premières fleurs, le retour des oiseaux migrateurs, etc.

Bien que les villes aient souvent perdu le cours naturel de la vie, le carnaval s’y est importé. Et pour cause : les cités wallonnes, comme Liège, Charleroi, Namur, Mons, Tournai et autres se sont bâties grâce au labeur des paysans ayant quitté leurs terres pour venir développer de nouvelles activités dans les villes !

Même à Bruxelles, les rues du carnaval accueillaient les confettis et retentissaient de beuveries joyeuses et inoffensives. Des « sociétés de carnaval » existaient et, comme à Rio de Janeiro, mais en moins somptueux, ces associations rivalisaient d’invention pour offrir le plus beau carnaval de l’année. Elles étaient encouragées par les pouvoirs publics ; le bourgmestre se faisait un devoir d’apporter l’écot communal aux « chochetés » (sociétés) carnavalesques.

Aucun politicien, aucun cultureux politiquement correct, en bref, aucun pisse-froid ne viendra à bout de la bonne humeur et de nos belles traditions. RésistonS ! 

Tout cela a disparu. A Molenbeek, l’ancien maïeur, Philippe Moureaux, refusa les subsides aux sociétés de carnaval et précipita leur disparition en leur réclamant des sommes considérables, prétendument dédiées au nettoyage des rues après le passage du cortège. La Région bruxelloise, elle aussi, ferma le robinet des subsides, sous prétexte que le carnaval n’appartenait pas aux traditions de certaines populations importées…

Mais ne grognons pas. Prince Carnaval ne nous le pardonnerait pas ! Et puis, il est de notre côté, ce bon souverain : il nous permet de rire de tout et de tout le monde. Ce mardi, nous avons la permission de tourner en bourriques les puissants, les accros au pouvoir, les drogués des honneurs, aussi factices qu’un kilo de confettis.

Le Mardi gras, c’est l’occasion de rappeler à ces pignoufs empesés qu’ils ressemblent vraiment aux masques grotesques qui leur sont présentés – à leur grande indignation. C’est ça qui est comique.

Aucun politicien, aucun culturaux politiquement correct, en bref, aucun pisse-froid ne viendra à bout de la bonne humeur et de nos belles traditions. RésistonS ! 

Vive Prince Carnaval !

D.K.

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