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Bien joué! Le site Caterpillar récupéré par la Région wallonne pour l’Euro symbolique, sans que cela n’apparaisse comme une « nationalisation » à la sauce socialiste, c’est un bon point à l’équipe PS-CDH qui a négocié avec la multinationale américaine, en leur promettant mille ennuis si elle ne se montrait pas compréhensive.

Caterpillar a compris son intérêt et lâche les 100 ha du plateau de Gosselies, qui valent au bas mot 150 millions d’EUR. L’activité industrielle a été « propre », contrairement par exemple à des sites sidérurgiques, et CAT laisse aussi les bâtiments équipés à la Région. Pas besoin de dépollution. Comme le disait Paul Magnette à la RTBF, une dépollution si elle devait s’avérer nécessaire, ne coûterait pas plus de 15 millions d’EUR et CAT donne 5 millions supplémentaires lors du départ du site.

98 ha superbement situés au carrefour de deux autoroutes européennes et à côté de l’aéroport de Brussels South: un site qui vaut son pesant d’or…

Pour Charleroi, c’est un atout dans la perspective de la difficile reconversion à mener. Le drame social est bien là: 3.000 familles ont perdu leurs revenus et seule une petite partie retrouvera probablement un emploi sur le site.

Formellement, c’est la Sogepa, l’outil des participations de la Région, qui va passer les actes de propriétés avec Caterpillar mais c’est l’opérateur local des zonings industriels de Charleroi, Igretec, qui gérera les candidatures.

Le ministre wallon de l’Economie, Jean-Claude Marcourt est à la manoeuvre et le maintien des bâtiments à différents stades d’équipement, est la meilleure manière d’attirer les investisseurs potentiels. Mais quels investisseurs?

C’est là tout le problème…

L’usine British Leyland de Seneffe a produit la légendaire Mini pour le monde entier jusqu’à sa fermeture en 1981…

Dans les années 1960 et suivantes, la Belgique était devenue le premier pays pour l’assemblage de véhicules par tête d’habitants. Les usines automobiles étaient nombreuses, en Flandre surtout mais aussi en Wallonie avec BLMC à Seneffe, et aussi – eh oui – Caterpillar à Gosselies.

La FEB avait été très efficace dans la promotion de la Belgique aux USA notamment, avec les missions menées par Raymond Pulinckx et accompagnées par le roi Albert II, à l’époque encore prince. Les entreprises étrangères ont massivement investi en Belgique. Le coût de la main d’oeuvre était raisonnable et nos travailleurs qualifiés.

Et puis le miracle industriel s’est émoussé: les gouvernements qui se sont succédés ont tué l’emploi à force de « charger la barque » d’une fiscalité abusive, surtout sur le travail. La régionalisation ridicule a rendu la Belgique et singulièrement la région ingouvernables. Les emplois industriels ont disparu à toute vitesse après 2000; la bêtise de la gestion européenne « globaliste » aidant. Aujourd’hui, l’Europe est en train de devenir un désert industriel où l’entreprise sort 2.700 EUR pour en donner 1.000 net à l’ouvrier.

Il faut ré-industrialiser l’Europe d’urgence avec des jobs comme ceux de Sonaca ou de Mecanelec à Charleroi. La politique européenne a été un désastre.

La Belgique n’est plus terre d’investissement, sauf dans un domaine: la logistique. On peut craindre que ce soit le seul secteur porteur pour le plateau de Gosselies: du stockage pour des produits fabriqués et conditionnés ailleurs. Espérons qu’il y aura des investissements plus porteurs d’avenir. Avec la proximité des centres de recherche universitaires de la zone de l’aéroport, on peut quand même espérer mieux… Il est moins cinq pour la Wallonie!

Pour compenser la politique lamentable qui a été menée pendant des décennies, le gouvernement wallon cherche à réinventer aujourd’hui une économie compétitive, en accordant l’avantage économique de « zone franche »: 80% d’aide à l’investissement, 25% de réduction sur le précompte professionnel sur les nouveaux emplois, etc… On crée à coups de subsides un environnement apparemment sain, mais qui ne l’est évidemment pas. 

Pas d’illusions, c’est nous tous, les contribuables, qui payons ces cadeaux aux entreprises… Des cadeaux devenus indispensables à cause de la fiscalité épouvantable, imposée par les mêmes politiques… Ce ne sont pas les politiques qui créent de l’emploi: jamais. Ce sont les entrepreneurs. Pour Charleroi et son avenir, on croise les doigts.

L.R.

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