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A Valenciennes siège une des multiples institutions européennes. Son nom ? L’Agence Européenne du Rail. Chaque année, elle publie un rapport intitulé « The Railway Safety Performance Report », ce qui, en bon français, signifie : « Rapport sur les résultats de la sécurité dans les chemins de fer ». Nous avons pu jeter un œil sur la dernière parution qui date de 2016.

Cette étude reprend tous les incidents et accidents survenus avec des trains – elle écarte les suicides. Un des chapitres du rapport porte le titre « Passenger Fatality Risk », autrement dit : « risques mortels pour les passagers ».

L’évaluation se fait sur deux critères évidents : le nombre d’accidents mortels par rapport au nombre de kilomètres de rails. Une cote est accordée à chaque pays. Ainsi, on apprend que la Lituanie, la Norvège, la Slovénie, l’Irlande du Sud et le Luxembourg obtiennent la mention zéro, ce qui signifie qu’aucun accident mortel n’a eu lieu dans ces pays, pendant la période examinée de 2006 à 2014.

Les résultats de la SNCB belge font froid dans le dos : 0,44. A première vue, ce chiffre ne signifie pas grand-chose. Il faut le comparer à ceux d’autres pays autour de la Belgique. Le Grand-Duché de Luxembourg est à 0, nous l’avons dit. L’Allemagne obtient un 0,06 ; la France, 0,1 ; les Pays-Bas, 0,03.

En clair, cela signifie que la probabilité de mourir en train est quatre fois plus grand en Belgique qu’en France ; sept fois plus élevé qu’en Allemagne et… 14,66 fois plus qu’aux Pays-Bas !

Autre remarque intéressante : alors que les syndicaux n’arrêtent pas de présenter les trains britanniques comme une horreur à éviter, puisqu’ils ont été privatisés, la Grande-Bretagne obtient le même taux de risque que l’Allemagne : 0,06. Il est plus sûr de circuler sur les trains anglais que sur les belges. On a plus de chance, si on peut dire, de mourir dans un accident de train, en Belgique que dans tous les pays d’Europe occidentale, à l’exception de l’Espagne (0,52). Même l’Italie obtient un meilleur score (0,09), ainsi que le Portugal (0,23).

Les syndicats de la SNCB répliquent : « Tout cela arrive en raison d’un manque de personnel et d’investissements ». Hélas ! L’argument ne tient pas. En comparaison avec tous ses voisins, la SNCB est la société de chemin de fer qui compte le plus d’employés, et les investissements d’argent public disparaissent dans un gouffre sans fond.

Comme souvent dans les entreprises publiques belges, la raison de mauvais résultats est à chercher dans le manque d’efficacité, la bureaucratie, une gestion désastreuse, politisée à outrance et incompétente.

En attendant, voilà encore un domaine, où la Belgique apparaît comme une méchante farce, grâce aux partis traditionnels dont les membres, placés au sein des instances dirigeantes de la SNCB, se contentent d’encaisser un salaire confortable, des jetons de présence injustifiés – ce qui se fait au détriment d’investissements bien ciblés.

Dans la sécurité des usagers et dans l’entretien du matériel et des l’infrastructure, par exemple. Tunnels, ponts, routes, trains : tous égaux face à la mauvaise gouvernance !

Dans son Manifeste, le Parti Populaire appelle à la refonte des entreprises publiques en services réellement au seul profit du citoyen. Il réclame aussi un audit des sommes colossales allouées aux entreprises publiques et, si nécessaire, à une révision drastique de celles-ci. Le temps presse !

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