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Armand De Decker, le sémillant ex-président du Sénat, ex-bourgmestre d’Uccle (MR), collectionne (au sens premier du terme) les décorations. Il adore ça. Sa légion d’honneur est d’un chic sur ses superbes costumes! Nous ne savons pas s’il a le crachat de grand maître de l’ordre du Marsupilami, mais il le mérite…

Le bel Armand (MR) utilise aussi la remise de décorations, dans le cadre du Kazakhgate, pour faire avancer ses « dossiers »… La Légion d’honneur pour Chodiev? Non, c’est peut-être un peu trop…

Dans le même registre, Le Vif révèle une petite information qui en dit long sur la décrépitude de nos institutions. Les commentaires des politiques en question en disent long aussi sur le mépris pour ces distinctions qui – autrefois – récompensaient le mérite, le courage, l’abnégation. Ca, c’était avant les socialistes… et les libéraux!

Stéphane Moreau, le patron d’Ans (PS), patron de Nethys et en sous-main de toute la nébuleuse Publifin, a été récemment nommé par le Roi Philippe, Chevalier de l’Ordre de la Couronne. C’était en avril 2016, il y a un an. Or à l’époque ce sinistre magouilleur du PS était déjà visé par plusieurs procédures judiciaires. Paul Furlan, le ministre wallon de tutelle et Paul Magnette, président de la Wallonie ont pourtant validé sa candidature au nom du gouvernement wallon.

Cette récompense est attribuée sur la base de propositions du Service public de Wallonie (SPW), sous la tutelle du ministre des Pouvoirs locaux, à l’époque Paul Calimero Furlan, qui a démissionné depuis (PS).

Voilà l’institution royale salie par les magouilles de Stéphane Moreau (PS) et de ses camarades…

Aucun candidat ne peut être proposé s’il est impliqué dans des procédures judiciaires. L’article 11 de la loi du 1er mai 2006 relative à l’octroi de distinctions honorifiques dans les ordres nationaux est très claire : « Les personnes faisant l’objet d’une procédure judiciaire en matière pénale – information ou instruction – ou disciplinaire ne sont pas proposées pour une distinction dans les ordres nationaux avant l’issue de cette procédure. » Or, lorsque la candidature de Stéphane Moreau a été transmise le 21 mars 2016 à la chancellerie du Premier ministre par la directrice du département des ressources humaines du SPW, l’Ansois se trouvait dans le collimateur de la justice. La presse avait largement médiatisé la vague de perquisitions du 30 novembre 2011 qui avait ciblé le patron de l’intercommunale Tecteo (future Publifin).

L’acte de candidature a été validé par le SPW puis signé, « au nom du Gouvernement wallon », par Furlan et Magnette. Ensuite, Furlan a transmis à Charles Michel: « les états de proposition présentés par le Membre de Gouvernement compétent sont soumis au Premier ministre qui les contresigne et les transmet au cabinet du roi. »

Questionné par Le Vif sur l’inconfort dans lequel la situation plonge l’institution royale, Paul Furlan « n’en pense vraiment rien du tout … c’est l’employeur qui introduit la demande de distinction honorifique, dans ce cas-ci la commune, à l’administration régionale ».

Furlan (à droite sur la photo) et Magnette, au centre, n’en ont rien à f… des décorations, mais ça sert quand même à récompenser les hommes de valeur comme Stéphane Moreau

A la chancellerie du Premier ministre, on s’en lave les mains: Charles Michel n’aurait « absolument aucune marge de manœuvre » dans cette procédure. « Il doit signer lorsqu’une entité fédérée le demande. »

Citons toujours Le Vif: « Interrogé sur le caractère embarrassant de cette nomination a priori illégale pour Paul Furlan et le SPW d’une part (qui n’ont semble-t-il pas joué leur rôle de contrôleur), et pour l’institution royale d’autre part (qui semble cautionner un élu inculpé), Paul Magnette ne mâche pas ses mots :  »Mais je m’en contrefous ! C’est la vérité pure et simple, vous pouvez écrire ça ! Ce sont des décorations délivrées de manière complètement automatique, personne ne s’intéresse à ce genre de choses ». »

Stéphane Moreau, bourgmestre d’Ans à l’époque, déclare n’avoir rien demandé et ne pas être au courant!  Ce serait « à son insu » que la demande a été faite… et c’est le collège communal d’Ans qui a fait la demande. Ce garçon doit être somnambule! Ou alors menteur?

Furlan est bien obligé d’assumer l’erreur. Il « ne savait pas ». C’est vrai que ce garçon ne savait pas grand’chose sur les magouilles de Publifin dont il avait la tutelle! Magnette s’en contrefout (sic) avec sa morgue habituelle. Une insulte de plus aux personnes honorées pour de bons motifs par cette distinction honorifique et plus généralement aux héros qui ont donné leur vie pour le pays. La Walbanie de Magnette a un bel avenir. Fi des « décorations » et des oripeaux de la monarchique Belgique!

Quant à Charles Michel, il aurait été « obligé » de signer une demande illégale. On se moque de qui ?

C.T.

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