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Le budget de la culture, en Fédération Wallonie-Bruxelles, pèse 605 millions d’euros pour l’année 2017. C’est dire que cela aiguise beaucoup d’appétits, surtout dans deux Régions où la culture ne survit que grâce à l’argent public. Oui, sachez-le : quand vous allez au théâtre, par exemple, vous payez deux fois votre place : la première, par l’achat de votre ticket, la seconde, par vos impôts – même si vous n’allez jamais au théâtre, vous y payez votre place !

Les deux dernières semaines ont été traversées par un ouragan de protestations, suite à l’attribution des subsides aux théâtres et institutions culturelles diverses, sous forme de « contrats programmes » valables pour les 5 années à venir.

Un « Conseil pour l’art dramatique » a désigné, en toute mauvaise foi, les théâtres et autres lieux d’art dramatique qui recevraient de l’argent public et ceux qui en seraient privés.

Ainsi, on apprend que le Dour Festival s’est vu octroyer une augmentation de 11.000 euros de subventions, alors qu’il réalise un bénéfice de 1.046.102 euros. Bizarre ? Pas tant que ça : le festival est aux mains de la famille Di Antonio, dont la figure de proue, Carlo, est ministre wallon.

Là où triomphe à plein la culture des copains, c’est au sein du « Conseil de l’Art dramatique ». Il est composé de 12 membres… dont 10 directeurs de théâtre, directement intéressé par les subsides à attribuer. Ils se sont attribués des augmentations de subsides pour leurs théâtres respectifs. Là où il y a de la gêne, y a pas de théâtre !

Des exemples ? Stéphane Ledune a obtenu 970.000 euros (une augmentation de 85.134 euros) pour son Théâtre des Martyrs, à Bruxelles. Jean-Michel Frère (Compagnie Victor B, à Namur) s’est augmenté de 73.000 euros pour arriver à une rente annuelle de 150.000 euros. Daniel Cordova (Manège à Mons) recevra 5.400.000 euros. Et l’Atelier Théâtre de Louvain-la-Neuve se verra attribuer 2 millions d’euros, en augmentation de 219.142 euros.

Pour assumer ces augmentations, qui représentent un total de 903.335 euros d’argent public, il a fallu supprimer les subsides malchanceux : le Théâtre de la Valette (Ittre), le Magic Land Théâtre (Bruxelles, le Théâtre Poème 2 (Bruxelles), entre autres, pourront fermer leurs portes. Le monde du spectacle est une grande famille unie, si vous voulez notre avis.

Faut-il subsidier la culture ?

Avec ses 7 millions annuels, le Théâtre National fait beaucoup de choses, sauf du théâtre de répertoire. Si vous cherchez de grands classiques (Racine, Corneille, Molière, Shakespeare…), passez votre chemin, ce n’est pas au « National » que vous les trouverez. Les commentaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles le reconnaissent : la majeure partie des subsides du National disparaissent dans les salaires. Et pas ceux des comédiens, car le National n’a plus de troupe en résidence.

La question qui fâche : faut-il subsidier la culture ? Plus de 600 millions par an… Cela fait cher le fauteuil dans les théâtres.

Tant que l’on n’aura pas débattu sur cette question, beaucoup d’argent du contribuable sera englouti, non pas dans la culture au sens strict, mais au profit de gens dont on se demande si la culture est vraiment la préoccupation première…

D.K.

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