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Promenez-vous dans certains quartiers de Saint-Josse, de Schaerbeek, de Liège, mais aussi au Limbourg et à Gand, vous y trouverez des vitrines de commerces divers, tapissées de photos d’Erdogan, le président turc. C’est la liberté de chacun d’afficher ses préférences en matière politique. Mais il y a un hic, car Erdogan n’est pas n’importe qui. Et la guerre qu’il vient de lancer contre les Kurdes a de quoi nous inquiéter…

Grand défenseur autoproclamé de la « religion de paix et d’amour », Erdogan a commencé par ordonner, par la voix de son ministre des affaires religieuses, d’ordonner à tous les imams d’entonner dans leurs mosquées la « sourate de la conquête ». C’est le « Gott mit uns » d’Erdogan : la sourate est un soutien à l’armée turque, chargée de liquider les Kurdes. Il a lancé ses escadrons de la mort dans la nuit du 18 au 19 janvier.

Dans sa haine aveugle à l’égard du peuple kurde, Erdogan espère bien le liquider dans un massacre intégral comme l’Etat turque en a la spécialité, depuis le génocide arménien, au début du 20ème siècle.

Le « crime » des Kurdes est d’avoir aidé la Syrie à se débarrasser de Daesh, l’Etat Islamique, qui a détruit le pays et une bonne partie du Moyen Orient, notamment en Irak. Cette action courageuse a inspiré aux Etats-Unis l’intention de créer une force de 30.000 gardes frontières kurdes. Les forces kurdes appelées « Forces de Protection du Peuple », alliées au Parti de l’Union démocratique sont rassemblées dans trois enclaves, dont celle d’Afrin, attaquée par les Turcs.

Le courage des Kurdes ne peut plaire à Erdogan. Ils ont contribué à l’anéantissement du »califat » de Daesh, avec lequel le satrape d’Ankara espérait s’allier pour assouvir son rêve : reconstituer l’empire ottoman, force de frappe d’un islam salafiste, conquérant et intolérant.

Dans son action perverse, Erdogan se sent soutenu par la mouvance autour de George Soros. La photo, en tête de cet article et extraite d’un journal turc, montre les deux compères, dissertant amicalement autour d’une table.

Dans son rêve de « société mondiale », sans frontières et sans nations, le milliardaire Soros a délibérément choisi l’islam comme gendarme de la bien-pensance. Pendant des siècles, ce fut le cas de la religion catholique qui maintint les peuples dans la « bonne ligne de pensée à ne pas transgresser ». Erdogan est un des bras armés de Soros. Et donc, un danger pour l’Europe !

Ce n’est pas par philanthropie que George Soros de veut le fer de lance de l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne.

Totalement soumis aux caprices (rémunérateurs…) de Soros, les politiciens européens, autour de Jean-Claude Juncker, ont oeuvré pour faire admettre la Turquie dans l’Union Européenne. Mais les peuples ont résisté – ce qui a eu pour conséquence la victoire des forces de résistance aux élections en Autriche, en Pologne, en Hongrie et en Tchéquie qui se souviennent des actes belliqueux de la Turquie contre leurs pays.

Une Cinquième colonne en belgique ?

La tactique d’Erdogan a dû se modifier. Il compte aujourd’hui sur des 5èmes colonnes (1), installées principalement en Allemagne et… en Belgique. Erdogan dispose de relais jusque dans le monde politique belge : Emir Kir, bourgmestre de Saint-Josse-ten-Noode, une des communes bruxelloises les plus « turquoises ». On sait qu’en compagnie d’autres élus (notamment au PS, au CDH, chez Ecolo et DéFI), Emir Kir est un négationniste du génocide arménien.

Comme la majorité des Turcs installés chez nous disposent de la double nationalité, quel camp choisiront-ils en cas de conflit avec Ankara : belge ou turc ?

Même si les turco-belges se montrent pacifiques, on ne peut que s’inquiéter devant la facilité avec laquelle Erdogan les mobilise par ses discours enflammés, nationalistes, au bord du racisme.

Une conclusion s’impose : soutenons les Kurdes, le seul peuple de cette partie du monde qui peut revendiquer un passé homogène, contrairement à tous les pays qui l’entourent, nés de négociations internationales, dans des frontières artificielles, dessinées aux dépens des Kurdes. On s’étonnera au passage que l’ordre d’Erdogan de brûler des livres n’ait pas inspiré à nos distingués éditorialistes des allusions aux « années les plus sombres de notre Histoire »…

On le voit : ce qui se passe au Moyen Orient risque de déteindre sur la Belgique.

F.M.

(1) L’expression cinquième colonne désigne les partisans cachés — au sein d’un État ou d’une organisation — d’un autre État ou d’une autre organisation hostile

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