Print Friendly, PDF & Email

Si vous demandez à vos amis (et aux miens) combien de morts a faits Tchernobyl, ils vous répondront probablement des chiffres allant de dizaines de milliers à plusieurs millions. En réalité pourtant, le nombre est très nettement moins élevé. Pourquoi nos amis sont-ils donc si mal informés ?

La réalité[1], c’est que les radiations à Tchernobyl n’ont directement causé qu’une trentaine de morts par irradiation aiguë, parmi les membres du personnel d’urgence. De plus, quelques milliers d’enfants ont développé un cancer de la thyroïde, lequel se soigne très bien. Environ quinze de ces cancers furent cependant fatals. Au total, il y a donc eu moins d’une cinquantaine de décès clairement imputables aux radiations.

Montages photoshop présentés comme mutations à Tchernobyl par des antinucléaristes
Montages photoshop présentés comme mutations à Tchernobyl par des antinucléaristes

Les radiations de Tchernobyl ont-elles été la cause d’autres décès ? Rien ne permet de l’affirmer. Cependant, si l’on prend l’hypothèse toxicologique la plus précautionneuse[2], il pourrait y avoir, tout au plus, environ 4.000 décès supplémentaires par cancer parmi les 600.000 personnes qui ont été les plus exposées aux radiations[3]… et très nettement moins, voire même seulement quelques dizaines parmi les membres du personnel, dans des hypothèses plus réalistes. Par ailleurs, rien n’indique que les radiations aient pu causer des malformations ou d’autres problèmes, ni chez les enfants nés après l’accident, ni dans la nature.

En revanche, il est clairement établi que beaucoup de gens ont été traumatisés par les évacuations souvent excessives et par les peurs déraisonnables attisées, et même souvent créées de toutes pièces, par les activistes antinucléaires. Elles ont causé des troubles psychologiques graves, responsables de plusieurs centaines (voire des milliers) de décès, par alcoolisme, suicides et maladies diverses.

Ainsi à Tchernobyl, ce ne sont pas les radiations qui sont responsables du plus grand nombre de victimes, mais bien les problèmes liés aux déplacements des populations et à la désinformation par les écologistes antinucléaires.

Car dans la foulée de l’accident de Tchernobyl, beaucoup d’informations affolantes et farfelues ont été diffusées. Trop souvent, les médias se sont empressés de publier les chiffres énormes fournis par les organisations antinucléaires, seules dignes de foi puisqu’elles affirment « sauver le monde » ! Et puis, le catastrophisme se vend si bien…

Ces journalistes ont, souvent aussi, ignoré les rapports scientifiques sérieux que de nombreuses instances internationales ont publiés. Lorsqu’ils y ont fait allusion, c’était fréquemment pour les dénigrer : écrits par des professionnels compétents, ces rapports contredisent leurs mythes et leur sont donc « suspects ».

En conséquence, les mensonges catastrophistes des antinucléaristes se sont transformés en prophéties autoréalisatrices en augmentant fortement le nombre des victimes. A cause de cette désinformation, l’accident de Tchernobyl, qui au départ n’était qu’une catastrophe technique, est véritablement devenu une catastrophe humaine…

Michel Gay et Jacques de Selliers

Ceci est le deuxième d’une série d’articles sur le nucléaire, ses fondements scientifiques et la désinformation qui l’entoure. Déjà parus :

1. Origine du dogme antinucléaire
2. Tchernobyl : réalité et désinformation
3. Fukushima : réalité et désinformation
4. Et si les radiations étaient bonnes pour vous ?

[1] Pour en savoir plus, lisez en http://www.greenfacts.org/fr/tchernobyl le résumé du rapport du Forum Tchernobyl, réalisé par les experts de 8 institutions des Nations Unies, parmi lesquelles l’OMS (Organisation Mondiale pour la Santé), le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement) et l’UNSCEAR (Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants). Tous les autres grands rapports scientifiques internationaux aboutissent à des conclusions similaires.

[2] Il s’agit de l’hypothèse de Relation Linéaire Sans Seuil (RLSS) – ou d’une de ses variantes – selon laquelle une forte dose de radiation répartie entre un grand nombre d’individu produit le même nombre de cancers que la même dose répartie entre un petit nombre d’individu.

Avec cette hypothèse, si une personne en bonne santé qui saute d’une hauteur de 10 mètres sur un sol dur est pratiquement sûre de mourir, cette même personne est également pratiquement sûre de mourir si elle saute 100 fois d’une hauteur 100 fois moindre… soit de 10 cm ! Absurde, non ?

Cette hypothèse date d’une époque où l’on en savait très peu sur les mécanismes générant les cancers; elle est généralement considérée comme dépassée car on sait qu’aux faibles doses, l’organisme peut réparer les dégâts des radiations. De plus, il est vraisemblable que de faibles doses de radiations aient des effets bénéfiques pour la santé.
Cependant, les autorités exigent que cette hypothèse soit encore utilisée pour calculer l’impact maximum des radiations, par « principe de précaution ».

[3] C’est-à-dire moins de 1% de décès par cancer en plus. Sachant que de toute façon 30% environ des personnes meurent d’un cancer, une aussi petite variation est indécelable. Il n’est donc pas possible de confirmer ou d’infirmer ce chiffre.

Commentaires