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L’arrêt de principe rendu par la CJUE autorise les entreprises à interdire à leur personnel de porter des symboles religieux visibles sur le lieu de travail.

La décision était particulièrement attendue. L’an passé, les Cours de cassation belge et française avaient demandé à la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) de se prononcer sur deux cas différents, mais présentant des similitudes importantes, de femmes licenciées pour avoir refusé d’ôter leurs foulards islamiques au travail. Le premier cas concernait une certaine Samira A., salariée de G4S Secure Solutions. Cette réceptionniste avait décidé de ne plus enlever son « hijab » au travail, après avoir pourtant été embauchée à une époque où elle ne le portait pas encore.

Quant au cas français, il portait sur la volonté d’Asma B. de garder son voile lors de rencontres physiques avec des clients qui s’étaient auparavant déclarés gênés par ce vêtement prosélyte. Nœud juridique qui inquiétait les juridictions nationales : la directive du 27 novembre 2000 sur l’égalité de traitement en matière d’emploi et de travail, dont se prévalaient les jeunes femmes et leurs conseils. Mise en difficulté par l’affaire de la crèche Baby Loup, la Cour de cassation a jugé plus sûr de solliciter la CJUE. Contre toute attente, bien lui en a pris.

D’une portée historique, l’arrêt de principe rendu par la CJUE autorise les entreprises à interdire à leur personnel de porter des symboles religieux visibles sur le lieu de travail. La cour dénoue ce problème clairement, estimant que « […] l’interdiction de porter un foulard islamique, qui découle d’une règle interne d’une entreprise privée interdisant le port visible de signe politique, philosophique, ou religieux sur le lieu de travail, ne constitue pas une discrimination directe fondée sur la religion ou les convictions au sens de la directive ».

Bien évidemment, la décision ne concerne que les entreprises privées. Ces dernières sont autorisées à poursuivre une politique de neutralité. Pour les travailleurs du public, discrétion est laissée aux Etats membres.

Le Collectif contre l’islamophobie en fait une jaunisse. L’association a immédiatement publié un communiqué larmoyant. Exprimant sa profonde inquiétude, elle regrette que le droit se soumette aux « crispations de certaines franges des sociétés européennes ».

 

Quelles « franges » ? Les entreprises qui veulent que les lieux de travail ne ressemblent pas à des mosquées ou à des centres culturels musulmans où se retrouveraient des femmes couvertes de signes ostentatoires des pieds à la tête ? Les populations inquiètes de la progression d’un islam aussi scrupuleux que revendicatif dans les nations européennes ? En outre, ces femmes ont menti. Samira A. s’était rendue à son entretien d’embauche vêtue à l’occidentale ; et Asma B. aurait précisé être prête à se dévoiler lors des rendez-vous extérieurs…

S’il appartient désormais aux juges nationaux de se prononcer sur les litiges en question, il faut saluer la décision prise par la CJUE. Elle soumet l’entreprise privée aux décisions collectives de ses membres. À l’évidence, une autre option aurait ouvert la boîte de Pandore, entraînant les pratiquants de l’islam à demander toujours un peu plus. Cet arrêt de principe fera réfléchir les musulmans les plus zélés. Non, vous ne pouvez pas faire ce que vous voulez partout parce que nos sociétés seraient « ouvertes » et « tolérantes ». Les islamistes ne pourront plus s’abriter longtemps derrière des lois et des principes qu’ils méprisent au plus profond d’eux-mêmes, qu’ils bafouent en terre musulmane dès que l’occasion se présente. Un petit pas pour le droit mais un grand pas pour défendre notre civilisation !

Source: http://www.bvoltaire.fr/gabrielrobin/linterdiction-voile-islamique-entreprise-possible,318991

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